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Concours Plumes d’O

Résultats du Concours communal d’écriture Plumes d’O

Dès le début du confinement, la municipalité d’Oberhausbergen a souhaité accompagner ce changement radical dans les habitudes de vie par une activité culturelle et récréative complètement adaptée au #jerestechezmoi. 

Un concours communal d’écriture nommé «Plumes d’O», sur le thème du «changement», a été organisé par un jury composé de membres du Conseil municipal et de personnalités issues du milieu politique ou littéraire et artistique local :

Membres du jury

Président du jury :

Daniel Chambet-Ithier. Adjoint au maire en charge de la culture.

Membres du jury : 

Personnalités :

Robert Grossmann. Auteur, Homme politique ; président de la Communauté Urbaine de Strasbourg de 2001 à 2008.

Jean Lorrain. Auteur, comédien et chanteur.

Denis Germain. Auteur, comédien humoriste.

Municipalité :

Cécile Delattre. Maire d’Oberhausbergen.

Chantal Brayer. Elue au conseil municipal, le 15 mars 2020.

Denis Schann. Conseiller municipal en charge de l’enfance.

Ouverte à tous, dans deux catégories « Adultes » et « Jeunes » âgés de moins de 18 ans, l’objectif de cette rencontre littéraire virtuelle était de transformer par l’écriture le temps de confinement en un temps de créativité, de partage des expériences et de ressentis.

Les participants ont décrit, avec sensibilité et émotion, leurs craintes, leurs difficultés, leurs interrogations dans cette période de grands changements.

Au fil des semaines, le concours a connu un grand succès et compte à sa date de clôture, le 30 avril à minuit, 90 œuvres produites par 53 participants; 44 dans la catégorie « Adultes » et 9, âgés de 7, 8, 10, 15 et 17 ans. Des poèmes, des nouvelles ou même de simples réflexions, les œuvres sont lisibles ci-dessous.

Dès le 2 mai, le jury a rempli sa mission d’évaluation selon 4 critères : le Respect du thème, l’originalité de l’idée, l’originalité de la forme et la Qualité de l’écriture

Voici le palmarès : 

Adultes : Nom des primésTitre
1erWerlé HuguesVaccin
2èmeMireille StrauhChangement
3èmeBernard EbelUn clou
3ème ex aequoPaul Koenig Lève la tête
Enfants : Nom des primésTitre
1erElise MOHR-ALTENBURGER 7 ansCoronavirus, tu es là
2èmeColombe Renaud 17 ansIntrospection et palinodie 
3èmeOcéane KIENTZ – Jean ROTH-MAURER 15 ansCher journal

Ecrits en lice

> Catégorie jeunes -de 18 ans

Le changement

Pour moi, le changement ce n’est pas quelque chose comme changer de vêtement ou de gel douche, certes c’est un changement mais ce n’est  en générale pas un changement très important. Non. Pour moi un changement important est un changement qui affecte grandement une vie et chaque changement change quelque chose d’une routine habituelle, de son quotidien, j’ai connu ces changements, je vais un peu vous parler de mon expérience personnelle puis j’émettrai des hypothèses sur d’autres changements possibles. Il y a aussi des changements sur le long terme comme la puberté par exemple qui se fait progressivement, mais je n’en parlerai pas. Premièrement, quand on rentre à l’école, je ne dis pas avoir des souvenirs très clairs mais il me reste des fragments de ceux-ci alors je ferai avec, c’est déjà un grand changement, on a des interactions avec d’autres personnes que nos parents, on découvre ce que sont les amis, on commence à apprendre des choses différentes de celles qu’on apprend à la maison, on prend aussi de nouvelles habitudes souvent, cela m’a permis de changer ma façon de vivre et ma dépendance à mes parents. Il y a aussi le changement d’école, je parle de changement de primaire à collège, collège à lycée, j’ai déménagé mais j’étais trop petite pour m’en souvenir, donc je ne sais pas ce que c’est que de changer d’école de cette manière, mais personnellement, lorsque j’ai changé d’école entre le primaire et le collège, au début j’étais stressée, mais c’était excitant, ce qui a été le plus dur, c’est que je suis allée dans un collège privé qui n’était pas connu dans mon village donc personne que je connaissais n’y allait, j’étais seule, ce qui mettait un stresse en plus, j’avais peur d’être seule. J’étais très triste parce que je devais quitter toutes mes amies, après coup, je me rends compte qu’il valait mieux ça, vu la manière dont elles m’ont traité par la suite. Actuellement, j’ai le ressentis du changement collège lycée, je suis en 3ème, je vais donc en 2nd l’année prochaine et finalement, après réflexion c’est exactement le même tableau que le passage de primaire à collège, je vais dans un bon lycée où peu d’élèves sont accepté, et donc seul deux de mes camarades avec qui je n’ai pas beaucoup d’affinités ont aussi été acceptés, je vais donc de nouveau me retrouver seule, sauf que là, la source du stresse n’est pas la même, avant, j’avais peur de me retrouver seule, je l’ai déjà vécu et je sais que ça n’arrivera pas, maintenant, j’ai vu une fois l’établissement, j’ai peur de m’y perdre parce que c’est très grand, certains me diront que non, mais c’est simplement parce que je suis actuellement dans un petit collège (13 classes contrairement à d’autre où il y en a 2 ou 3 fois plus), mais je sais que ça se passera bien et j’ai tout de même hâte d’y aller. Et puis le changement d’école change le quotidien, par exemple, je me lève une heure plus tôt qu’en primaire ou bien, en primaire j’allais à l’école à pied, maintenant j’ai le bus scolaire, et bientôt ce sera les transports en commun. Cela m’a fait changer sur le fait que je me retrouve obligée de m’approcher des autres et cela m’a beaucoup aidé. Il y a le confinement aussi, même si ça ne restera pas comme ça, primo, tant qu’on est confiné, un quotidien s’installe deusio, après le confinement, il y aura de nouveau des changements, des nouvelles lois, des nouvelles peurs, des gestes seront adoptés… Pendant le confinement, je me lève plus tard et je me couche plus tard, je passe ma journée devant mon ordinateur pour les cours, c’est un peu dur, je ne fais plus beaucoup de sport, j’ai un peu plus de temps pour moi, mais nous n’avons plus beaucoup d’interactions sociales et mes amis me manquent, l’extérieur me manque (j’habite en appartement, je n’ai pas de terrain pour sortir, juste un balcon), ma famille me manque. Et après le confinement, je suppose que le masque deviendra obligatoire, le coronavirus ne passera pas comme ça, il créera un traumatisme qui poussera certaines personnes à faire plus attention, mais aussi, malgré le déconfinement, je n’irai pas voir ma famille (mes grands-parents, cousins…) parce que si j’ai le coronavirus (et avec une mère qui travaille à l’hôpital, ça peut être le cas) sans le savoir, je m’en voudrais énormément de leur transmettre, et même si on sort de confinement, ce n’est pas pour autant que je verrai mes amis au collège, car ça risque d’être difficile vu les règles mises en place, cela m’a permis de comprendre que la sauté est importante et que les autres, dont nos proches comptent bien plus que l’on ne l’imagine. Comme changement, Il peut aussi y avoir l’arrivée d’un frère ou d’une soeur, c’est pareil qu’au début, mes souvenirs ne sont pas exacts mais je ferai avec, quand ma soeur est arrivée, j’avais presque trois ans, je ne voulais pas vraiment d’elle, ça a été dur, pour commencer, quand nous avons dû aller chercher ma mère et ma soeur à l’hôpital, je me souviens avoir fait une crise pour qu’elle ne prenne pas le cosy, je ne voulais pas de ma soeur, je me disais « Le bébé c’est bien, mais il reste à l’hôpital ». Je n’avais pas à la supporter au début, elle dormait tout le temps, et ce dans la chambre de mes parents, mais horreur quand elle est arrivée dans ma chambre ! Ça a changé ma vie du point de vue où dans les premières années j’ai dû apprendre à vivre avec elle et à partager, on se disputait beaucoup, mais au fur et à la mesure, j’ai appris à l’aimer, finalement, une soeur ce n’est pas si mal, le fait qu’elle arrive m’a appris à accepter les autres, à partager, donner son aide et simplement à apprécier autrui. Voilà mon expérience personnelle, maintenant, je vais vous parler de certaines hypothèses basées sur des connaissances, mais je n’ai jamais vécu ce que je vais raconter, donc, je ne me mettrais pas dans la peau d’un autre, je vais simplement exprimer ce que je pense. Pour des parents, lorsqu’un enfant arrive c’est aussi un très grand changement, les nuits sont plus courtes, et bien oui, un enfant ne s’occupera pas de savoir l’heure qu’il est. Les parents endossent aussi une très grande responsabilité, un enfant c’est difficile de s’en occuper, ce n’est pas comme un poisson rouge, si on oublie de le nourrir est qu’il meure c’est la prison. Ils ont besoin de plus d’interaction, de plus d’attention, de place et de soutien. Et puis les parents doivent parfois se priver de certaines choses, car un enfant c’est gratuit de le faire, mais pas de s’en occuper, il faut acheter ses vêtements, sa nourriture… Je ne sais pas ce que ça fait d’avoir un enfant mais d’après certaines choses que j’ai entendues, lues et vues à la télévision, un enfant emplit de bonheur. Le déménagement, personnellement, ce mot me fait froid dans le dos, je suis bien chez moi dans mon petit nid douillet. Et oui, déménager peut être un grand changement, par exemple moi qui ait connu le même appartement pendant quinze ans il sera dur de m’en séparer, pour commencer, je sais que mes parents envisagent le déménagement dans les prochaines années, et si c’est la cas, ne plus jamais revenir dans mon « chez moi » ce sera douloureux et puis ma chambre, je l’ai toujours partagé avec ma soeur, je sais parfaitement que si on déménage on aura chacune notre chambre, et franchement, j’ai pas envie de me séparer de ma soeur. Et je ne veux pas non plus avoir à changer d’école, parce que ne connaitre personne est ma hantise, je ne veux pas me retrouver seule ; Le quotidien changera lors d’un déménagement, ce n’est pas une supposition, c’est une sûreté, les heures de levées ne seront pas forcément les mêmes, les meubles et les pièces non plus. La mort d’un proche peut être un gros changement également, car il peut être difficile de faire son deuil, ce qui peut changer une vie, tout du moins quelques temps. Si cette ce proche était dans le quotidien d’une personne, ça peut modifier son mode de vie, par exemple, au niveau de la solitude, et puis suite à ça, une mode de penser peut entièrement changer, il peut passer du positif au négatif par exemple. Trouver du travail, ou encore quelqu’un que l’on aime peut changer une vie mais ce genre de chose est difficile à expliquer, simplement car c’est très différent d’une personne à l’autre. Il y a encore plein de changement que je n’ai pas abordé, mais je sais qu’il en existe plein d’autres, tellement, qu’une simple expression écrite serait trop courte pour les dire. 

G. S.-G.

Cher journal, 

Me voilà confiné depuis maintenant plusieurs semaines. Ces mesures exceptionnelles nous ont à tous transformé notre quotidien. Les jours défilent, un ennui oppressant s’empare de moi. Les occupations se font veines… Il me vient alors à me demander à quelles évolutions le monde sera confronté. Nous contenterons-nous de reprendre une vie comme avant? Cette vie si confortable que nous avions tant l’habitude de mener ? 

À la télévision, on nous a récemment fait part d’une baisse de dioxyde de carbone dans différent pays grâce au confinement. Le moment de changer nos habitudes est peut-être enfin arrivé. Cette période est un moyen de se reprendre en main. Il est peut-être temps de se rendre compte que le fait d’arrêter d’occuper la place d’autres êtres vivants a un impact bénéfique sur l’écosystème et que nous sommes donc capables de changer la donne dans cette course contre la montre. Mais on ne le comprend pas. On ferme tous les yeux sur ce qui nous nuira un jour. 

Petit, j’étais de ceux qui trouvaient cela normal. Je ne comprenais pas le mal que nous répandions autour de nous, que la terre, les océans, les animaux souffraient et souffrent encore. Ce n’est que maintenant, enfermé chez moi, que je prends enfin conscience du danger qui nous guette. J’aimerais bien qu’un jour, nous réussissions à passer au-dessus de tout cela… 

J’en ai assez de me lever chaque matin, depuis quelques temps maintenant, en me disant que je ne pourrais pas voir la nature s’éveiller après l’hiver. Je crains de voir disparaître le soleil. J’aimerais tant retrouver la forêt et ses arbres verdoyants. J’aimerais tant pouvoir à nouveau sentir le parfum frais et pur des fleurs des champs, ou encore lire et relire à souhait mes ouvrages si inspirants, au pied du saule pleureur. J’aimerais tant simplement réécouter le chant des oiseaux, ces êtres magnifiques. On ne s’en préoccupe pas assez, tu ne trouves pas ? C’est une raison de plus pour limiter un maximum le réchauffement climatique. Chaque espèce a son importance sur Terre, et aucune n’a à être supérieure aux autres. 

Les premiers concernés, les membres du gouvernement, sont sûrement les plus aptes à enfin faire bouger les choses. Mais la population n’y est pas pour rien non plus. Elle doit elle aussi adopter un mode de consommation plus raisonnable. Arrêter d’acheter plus que ce dont nous avons besoin pour, au final jeter la moitié dans les océans, soulignerait preuve de civisme auprès de chacun. J’ai lu sur Internet que l’on compte à l’heure qu’il est onze milliards de déchets «perdus» par jour dans les mers. Va-t-on continuer ainsi encore longtemps ? Nous sommes de plus en connaissance de cause. Rien ne nous empêche de nous mettre à enfin chercher des solutions à cet outrage à la planète ! 

Mes parents, ma famille, mes amis me disent que je me pose trop de question. Que je suis idéaliste sur beaucoup de points. Que j’optimise alors que c’est inutile. Je ne suis pas d’accord avec eux. Une simple lueur d’espoir a le don de pouvoir faire basculer n’importe quoi. Nous vivons dans une société pleine de pouvoir. Notamment celui de nous entraider afin d’atteindre un objectif, quel qu’il soit. Peut-être faudrait-il enfin le mettre au profit de notre maison, l’unique. On ne pourra pas la remplacer comme un simple jouet usé, avec l’argent. 

Mais moi, je pense que je ne suis ni optimiste, ni pessimiste. J’ai seulement l’espoir que le monde se relèvera de cette crise plus soudé que jamais, que la population comprendra que si nous avons pu surmonter une pandémie, nous sommes capables de résoudre des urgences tout aussi importantes ! 

Le destin, je n’y crois pas. La vie n’est qu’une succession de choix qui sont sensés nous faire avancer. Nos choix décident de notre destin. Chaque situation se débloque après la réussite ou perte d’une étape antérieure. À nous d’apprendre de nos erreurs et d’enfin réussir à avancer ensemble. 

Le crépuscule s’empare de notre Alsace. Le temps est venu pour moi de rendre la plume. Peut-être à bientôt… 

O. K. et J. R.-M.

Silence déshumanisé

Tout s’arrête pour quelques secondes,
Le temps de recréer un monde.
Plus de bruit, ma tête résonne;
Tout d’un coup le silence l’assome.
Les animaux se réveillent et,
D’un accord tactique, ils remplissent,
D’une harmonie libératrice,
Le silence déshumanisé.
Du soir au matin sans repos,
Egayée par les chants d’oiseaux,
La tête me tourne parce que la Terre,
Elle, subit tous nos chants d’enfer.

E. F.

Rien qu’un nom pour…

Rien qu’une date et pour un nom,
Emprisonnés dans nos maisons
Nous pouvons enfin découvrir
Les joies du silence sans rien dire.
Pour une cause d’origine peu sûre
Ils font s’arrêter les voitures
Et enfin nous redécouvrons
Qu’un monde existe sans pollution.
Rien qu’un virus pandémique
Et quelques mensonges véridiques,
Pour découvrir une autre vie
Au sein d’un kilomètre rempli.

E. F.

Enfant abimée

Partie en fumée depuis tant d’années,
Ses espoirs brisés par les regrets,
Elle ferme les yeux pour ne plus nous voir,
Cherchant un moyen sans vraiment y croire.
La guerre la rend folle, ce n’est pas la peine
Pour s’entretuer de semer la haine.
Son frère amour, lui, est bien plus puissant !
Embrasser quelqu’un peut blesser autant !
Dans les tréfonds de son être patient,
Elle a mis au monde un virus troublant.
Un geste d’amour sera maintenant
Homicide envers l’amant impatient.
Circulant depuis par voies rapides :
Mondialisation et décisions vides,
Il s’est répandu en tueur sournois,
A vidé les rues de ses milles voix.
Elle a réussi, son but est atteint ;
Rappeler en un mot à ses êtres humains
Que le calme est maître et qu’un confinement
Peut la sauver elle, Terre de nos enfants.

E. F.

Poème

Je regarde par la fenêtre
je regarde le monde du dehors
qui me paraît suspendu à un fil et
qui pourrait se rompre à n’importe quel moment

Je regarde le ciel
Je vois l’oiseau qui vole vers le soleil
Comme si les affres du temps ne le touchaient pas


Je regarde le soleil qui brille, majestueux
si haut et si loin.
Ce soleil lumineux qui éclaire
nos maisons nos appartements

Je me perds dans mes pensées
Je repense à tous ces rires avec ceux que j’aime
le temps passé en classe, les sourires des passants dans les rues
maintenant vides et sans vie

Je pense à ces moments, maintenant
où l’épreuve du confinement nous a tous éloignés
parce que la vie est parfois si ironique
car il faut avoir connu la tristesse pour savourer le bonheur
le bruit afin d’apprécier le silence
et l’absence pour profiter de la présence.

L.W., 15 ans

La vie d’Anna

Un jour je suis tombée amoureuse d’un garçon.
Est-ce vrai ou une illusion ?
C’est le sentiment qui est important, pas le
Changement.
Changement… facile à dire mais si tu le
Vit dans ta vie tu vois que ce n’est pas pour les petits.
C’est comme un trou qui t’emmène dans la
Folie.

A. M., 8 ans

Voilà Anna

C’est là que je suis née. On est arrivés !
Je suis partie pour te dire à toi
Que mon enfance s’est passée là.
Je suis partie loin de ma famille pour te dire à toi
Pourquoi ma vie c’est passée là.
Et bien, voilà, tout a commencé quand j’ai entendu
Parler de cet endroit inhabité.
Je suis allée, j’ai vu ni guerre, ni violence ni maladie
Et c’est là que j’ai choisi de naitre.
Tu as compris ?
Oui, je n’étais pas née mais j’ai compris que cet endroit était parfait.

A. M., 8 ans

Tu es là…

E. M., 7 ans

Introspection et palinodie

Préface

J’ai 17 ans, je passe mon bac de français -un peu particulier- dans quelques mois. Étant donné que je n’aurais pas d’épreuve écrite, il me paraissait intéressant de me lancer dans un projet d’écriture « pour le plaisir ». Certes, pas de dissertation, mais on reste dans l’écriture alors ça me plait tout autant. .Je suis en plein dans la poésie actuellement en cours de français alors pour changer j’ai choisi de m’essayer dans l’écriture d’une nouvelle, écriture d’invention. Cela fait bien longtemps que je n’ai pas fait de rédaction de ce genre, pour me jeter en quelque sorte un défi, j’ai décidé d’ajouter une certaine touche que j’aime appeler « bac de français » parce que c’est la seule année où je pourrais l’appeler ainsi. Donc je vais tenter d’insérer différents mots que je n’ai absolument pas l’habitude d’employer ainsi que différentes références que j’ai pu étudier cette année.
A ma tante assistante sociale, écrivaine, voyageuse et un peu philosophe,
Et à mon professeur de français toujours optimiste…

Ou la question du changement Il était une fois … non, ce n’est pas assez original, et puis on n’est pas dans un conte fantastique ! Je voudrais que mon incipit soit inédit, innovateur, truculent, drolatique ou plus simplement spécial, à l’image de celui de Camus dans L’étranger qui m’a juste fascinée. Soit, notre héroïne -qui est une fille car, pourquoi pas ? – s’appellera Apolline parce que cela sonne presque comme le pseudonyme de l’illustre Guillaume Albert Vladimir Alexandre Apollinaire de Kostrowisky. Elle est née le 18 janvier 2009, 320 ans jour pour jour après l’admirable Montesquieu, dans la petite ville de Merteuil, en référence à la marquise dans Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos… Mais tout cela était insignifiant dans la vie de la jeune fille qui passais du bon temps avec ses amis, sa famille dans son existence heureuse d’enfant ou de préadolescente de 11 ans. Jusqu’au jour où apparu dans sa tête cette toute petite idée, cette élucubration, ce désir de réponse, cette notion mystère, cette quasi-obsession… « Qu’est-ce que le changement ? » Cette question était apparue dans son esprit tel un oiseau se posant dans son nid pour couver ou un enfant se glissant dans le lit de ses parents, et prenant littéralement toute la place. Il fallait y remédier au plus vite ! La jeune fille n’attendit pas très longtemps avant de trouver une première personne à questionner. Elle choisit son père, un scientifique de renom. Du moins c’est ce dont il était convaincu depuis qu’il était passé dans le journal régional pour une découverte, il faut le dire, peu passionnante. Mais sa fille l’admirait. Après avoir posé sa question abruptement à son père, elle comprit rapidement qu’il n’aurait pas la réponse qu’elle attendait. Il se lançait dans une explication complexe du changement d’état chimique. Cette réponse aurait pu satisfaire Apolline, mais sans réellement savoir pourquoi, ce n’était pas le cas et elle décida d’aller voir quelqu’un d’autre. Elle sortit dans la rue puis elle se souvint de son voisin retraité d’en face, que tout le monde surnommait Voltaire car il se prénommait Zadig et qu’il se disait un peu philosophe et écrivain à ses heures perdues. Il aurait surement une définition plus poétique du changement qui pourrait satisfaire notre héroïne. Il l’accueillit volontiers. Elle grignotait ses quelques biscuits pendant qu’il partait dans des explications quasiment cabalistiques, qui semblaient ne jamais finir. Elle sortit de son petit appartement quelques heures plus tard épuisée et plus embrouillée que jamais avec cette question qui trottait toujours dans sa tête. Elle se dit que de toutes façons les philosophe ne servaient qu’à « flouter » ce que l’on croit être net. Ne pas savoir que l’on ne sait pas devient ignorer, et savoir que l’on ignore devient alors apprendre le savoir. N’est-ce pas ? Apolline ne savait pas si cela était vrai ou insensé mais elle savait une chose : elle ignorait toujours ce qu’était le changement. La réponse qu’on lui avait donnée ne lui convenait pas. Elle ne se laissa pas abattre pour autant, sa détermination était sans faille, ou presque. Elle décida d’appeler sa cousine, Amantine Aurore, drôle de prénom je vous l’accorde. Cela s’explique par l’admiration qu’avaient ses parents pour celle dont le pseudonyme est George Sand. Sa cousine prenait souvent le rôle de confidente car seule fille de la famille avec Apolline. Cette dernière étudiait le stylisme depuis deux ans dans un lycée professionnel. Elle lui expliqua : « Le changement, c’est comme la mode, ce n’est que le renouvellement de chaque chose. Ce qui plaisait avant redeviendra stylé dans quelques années ! ». Apolline n’était pas tout à fait d’accord, jamais elle n’aimerait les survêtements roses en velours que portait sa mère sur les photos des années 2000. Que ce soit à la mode ou non. Et elle ne changerait pas d’avis ! Et si on cherchait à définir ce qu’est le changement à partir de ce qui ne change pas … ? La petite fille, pas si petite, eu une idée. Son meilleur ami ! Elle le connaissait depuis toujours, et leur relation, on peut dire qu’elle n’avait pas changée en bientôt 8 ans d’amitié ! Il était blond, assez maigre et passionné par la lecture notamment la poésie, son auteur préféré étant Baudelaire. Drôle de coïncidence quand on sait que le jeune garçon s’appelait Charles. Les deux enfants se disaient tout. Apolline portait beaucoup d’admiration pour son acolyte de toujours. On eut dit qu’il y avait même peut-être parfois un brin d’amour entre eux. Elle lui fit part de son problème d’une façon bien à elle. Elle subtilisa quelques vieux vêtements des ses parents retrouvés au grenier pour se déguiser. Puis elle se présenta devant son ami et lui demanda : « pourquoi suis-je encore moi-même si j’ai changé d’apparence ? ». Il lui expliqua que l’apparence ne jouait pas sur la personnalité et qu’on ne jugeait pas quelqu’un à ce qu’il montre. Il avait les mots. Puis il continua en étayant son argument. Le changement fait partie de la vie, changer c’est grandir, évoluer. Il y a certains paramètres de changement que l’on choisit et d’autres non. On peut décider de changer avec quelqu’un par exemple, ou de découvrir de nouvelles personnes qui vont nous faire changer autrement. Et puis parfois on change malgré nous, par un déménagement par exemple ou un évènement important. Soudain il se rappela quelque chose. Une citation qu’il avait vu sous la photo d’une instagrameuse. Il s’agissait de Jacques Salomé qui disait que « La porte du changement ne peut s’ouvrir que de l’intérieur, chacun en détient la clé. ». Apolline éclata de rire puis elle s’exclama : « Depuis quand tu t’intéresses aux citations d’écrivains français toi ?!! ». Alors il lui répondit : « Il faut croire que j’ai changé… » et les deux amis se désopilèrent ensemble. Quelques jours plus tard, les parents de la jeune fille décidèrent soudainement de regarder la télévision. Apolline ne savait pas pourquoi, mais elle savait que ce n’était pas forcément bon signe. Ses parents ne regardaient les écrans que le week-ends et on était jeudi. Ils lui expliquèrent qu’il s’agissait d’un discours du président de la République. Après quelques bagatelles (comme le dit de manière comique le général Irrigua dans Un fil à la patte de Feydeau, mais je doute que cela se dise pour un discours officiel), disons après quelques futilités, le chef d’État annonça une nouvelle importante. Cette dernière représentait un chambardement, un renversement de situation, un changement considérable dans l’avenir de l’adolescente de 11 ans et plus généralement du pays, de l’économie etc. Il annonçait le confinement ! Apolline avait recueilli beaucoup de définitions du changement toutes intéressantes à leur manière. Mais elle se rendit compte d’une chose, sa réalité actuelle, son changement à elle, ce n’était pas forcément le même que celui de son père, ni que celui de son voisin philosophe, de sa cousine ou même que celui de son meilleur ami Charles ! Pour elle, le confinement devint soudainement une réponse. Elle s’écria alors : « Le changement c’est maintenant ! »

C. R., 17 ans

Est-ce que ça va changer ?

Le 12 mars, une journée comme les autres. 
C’est un jeudi, je suis à l’école avec mes copines et mes copains.

En rentrant à la maison à midi, mon père m’annonce
Le changement… je compris tout de suite la raison :

Le Coronavirus, appelé sous le nom de Covid -19. 
Je vais donc vous parler du Changement… 

C’est donc bien avant le jour officiel du confinement
Que pour moi, tout a commencé à changer… 

Le premier jour j’ai eu le droit de jouer à la console !
Un rêve ! Mais ça m’a grillé le cerveau, bon, juste le droit…

Heureusement, avec le gauche j’ai pu continuer à faire mes devoirs,  
Mais là, bien sûr ! Toujours avec l’ordinateur !

Alors avec mon frère on a commencé à apprendre
À jongler, à faire de la magie, à cuisiner… 

Tout allait s’arranger. Mais j’ai vu à la télé, de nouveaux marchés d’animaux sauvages, 
Je suis déçu ! J’espère vraiment qu’un jour ça va changer !

Merci aux personnels des établissements de soins, aux maraîchers et aux transporteurs.
Bon courage à vous tous !

G. F., 10 ans


> Catégorie adulte +de 18 ans

Plume I

Pour combattre le coronavirus, ce méchant
On doit souvent se laver les mains
Avec du savon et gel hydro-alcoolique, c’est la solution
Mais aussi prendre des bains
Il faut sortir avec une attestation
Et téléphoner à ses proches beaucoup plus qu’avant
On doit éviter les foules et embrassades
Dans son coude, il faut éternuer 
Les gens qui sont allés en voyage dans un autre pays 
Doivent se faire rapatrier 
Auprès des ambassades
Pour rejoindre la patrie
Il est très important de respecter 
Les consignes et le confinement
Car sauver des vies, on le peut vraiment et assurément !

E. S.

Plume II

Loïc est un jeune homme très intelligent qui a une grande culture générale. Il est moniteur dans un centre équestre. Une quarantaine de chevaux bruns, blancs et noirs sont abrités dans des box, à l’écurie. Près de ces box, il y a une basse-cour avec des poules, des coqs et des dindons.

Le centre équestre est situé à côté d’un petit bois où il y a des champignons, des framboisiers, des jonquilles blanches et l’herbe verte qui sont dressés sur le tapis de feuillages des fougères. Dans le bureau de Loïc, il y a des médailles et des trophées que ce jeune homme a obtenus lors des championnats de France. C’est par un beau jour de Printemps, au mois de mai, qu’une jeune femme prénommée Vicky, vient au club hippique pour démarrer son emploi de palefrenière. Loïc décide de lui faire visiter ce nouvel endroit. Quelques heures plus tard, il invite la séduisante jeune femme aux cheveux châtains à boire un cocktail de fruits dans le salon de thé qui est à 3 kilomètres de cet espace où règne une bonne ambiance. Les deux trentenaires font connaissance et le charme opère immédiatement. Ils s’aperçoivent qu’ils ont beaucoup de points communs tels que la passion des chevaux, de la danse, de la culture anglaise et italienne. Vicky prépare les chevaux en les lavant avec un jet d’eau ainsi qu’en leur mettant une selle et des rênes. Elle nettoie leurs sabots, qui en faisant du bruit, effleurent les pavés alignés sur le sol. Elle alimente les chevaux avec de l’herbe séchée et des céréales. A l’âge de 20 ans, elle a fait une chute de cheval lorsqu’elle s’entrainait pour un championnat de France mais refusant de croire à la fatalité, après quelques mois de rééducation, elle est remontée sur des chevaux avec encore plus de force, de courage et de détermination qu’auparavant. Sébastien, le maréchal ferrant cloue des fers sur les sabots des chevaux pour ainsi les préserver. Loïc anime des séances d’enseignement et d’entrainement où les chevaux sont au trot et au galop, avec des cavaliers qui ont un niveau débutant, intermédiaire et confirmé. Il conseille aux débutants de ne pas passer en arrière du cheval car celui-ci peut donner des coups de sabots. Il anime aussi des ateliers avec des cavaliers qui souhaitent devenir artiste dans le domaine du cirque. Le moniteur Loïc organise un spectacle pour la kermesse qui se déroule au mois de juin. Les cavaliers font plusieurs numéros d’équilibriste, d’acrobate, de trapéziste, de magie, de danse et de jonglage. Tous les soirs à 19 heures, avant de rentrer chez lui, il fait une promenade dans la foret avec son cheval favori qui est embelli d’une crinière frisée noire. Vicky et Loïc poursuivent leurs vies paisibles en étant libres de leurs choix et en formant une belle équipe.    

E. S.

Flambeau

Ô monde endormi,
m’entends-tu ?
Tes lumières se sont éteintes,
ici, l’obscurité nous écrase.
Les rues sont désemplies
et les commerces fermés.
Derrière les masques, les
sourires disparaissent.
Prisonniers de ce mal qui
nous tourmente, subsiste
toujours le souvenir du passé.
Celui des plaisirs simples
de la vie, des longues balades
et des restaurants entre amis.
A ces temps heureux, nous
retournerons. Sois-en convaincu !

O. M.

 Les Utopies 

Les utopies dessinent une altérité curieusement familière, allant et venant comme un mauvais ami qui nous quitte sans prévenir. Elles représentent l’éventualité et la contingence par excellence : un ailleurs duquel on croise le regard seul chez soi et dont on rougit quand il nous tend la main. Et si soudain, si la réalité funeste se substituait au fantasme du meilleur, nous serions comme des enfants enfermés dans un magasin de jouets ; s’enivrant des couleurs et des formes de nos plus grands désirs de liberté. Arrêtez-vous un instant et pensez au possible : l’univers devient alors une grande maison au milieu de la forêt et l’utopie, une vieille cheminée où l’on vient se réchauffer mais qu’on ne tarde pas à éteindre quand il est l’heure de dormir. Mais non ! Enlevons l’eau de la mer, que la vie disparaisse ! Que les rêves s’amenuisent ! Que la légèreté de l’être laisse place à l’irrésistible amertume de la sècheresse et de la solitude ! Et donc un soir, quand le feu sera éteint, les souvenirs se noieront dans le passé ; et la tristesse amère d’un soir de pluie remplacera l’enchantement de l’existence. 

L. U.

Confinement, au jour le jour

Texte à télécharger : IIIIIIIV V

C.-M. B.

LE CHANGEMENT

Confinée… je ne sais que dire… le poids de l’attente, le poids de l’absence, le poids de l’ignorance.
C’est le temps d’observer le monde se faire et se défaire…
C’est le temps d’une marche en deux temps.
Il y a le temps de soi, il y a le temps des autres.
Le confinement, un temps pour soi, un retour sur soi que nous pouvons vivre avec délice, quand avant régnait la dépossession du temps.
Le confinement, ça te rend ton corps, ton cerveau. C’est valorisant. A part quelques difficultés de communication via les ondes, tu ne perds pas le contact, au contraire. Ce n’est pas le temps qui te possède, c’est toi qui le possèdes. Tu n’as plus à t’adapter aux rythmes des autres, au rythme des transports, des horaires de travail…

Vient le temps de la maison,
Vient le temps de la cuisine,
Vient le temps du jardinage,
Vient le temps de la méditation

C’est le temps de l’ultime bonheur du lâcher prise, de l’ultime bonheur d’être soi, enfin seul avec soimême.
Alors, c’est le temps de la parole d’aujourd’hui, d’une respiration plus légère et plus ludique… C’est aussi le temps de la mémoire, du temps passé, du temps qui passe, du temps présent et du temps futur. Et c’est alors plutôt du temps agréable ; on peut donc bien confiner ou confiner bien sur un rythme de croisière, bien que ce soit un voyage au long cours qui vaut peut-être le détour. Voyage imposé par un coronavirus inconnu, plus ou moins agréable, si on en oublie la cause. Et aussi, si on n’en ne pense pas trop à la suite, qui est tellement aussi énigmatique que ce que nous vivons. C’est un nouvel univers qui se déploie autour de nous. Nous nous y adaptons tant bien que mal au jour le jour selon que l’on prenne le chemin de l’ici et maintenant ou celui de demain, celui de l’après.
Mais à côté de ce temps pour soi si particulier, il y aussi le temps des autres.
Ce temps de confinement mondial nous fait écrire, réécrire une douloureuse passionnante page d’histoire politique, sociale et économique. C’est une histoire dans laquelle les faits des conditions sanitaires, des conditions de travail, des grands combats d’acquisition ou non de masques, des tests, des relations entre le pouvoir et les citoyens tracent un chemin de larmes, d’émotions, de morts, de luttes et d’inventivité.
Une émotion toujours présente nous gagne quand nous chantons tous les soirs et applaudissons les combattants du coronavirus : des éboueurs, caissières jusqu’aux aides-soignantes et tous les personnels des hospitaux.
Nous sommes conditionnés par les doubles pages d’annonces mortuaires dans les journaux, par les nouvelles à la radio, à la télévision et sur les réseaux sociaux…Elles déroulent implacablement un mal protéiforme, une lutte incessante aussi bien sur le terrain qu’à tous les niveaux de notre vie sociale, politique et économique.
Les gens ne se définissent plus comme livreurs, infirmières…Ils se définissent comme des personnes se mettant à la hauteur d’un poste auquel ils sont dévoués ! S’impose au sein de la société toute entière cette idée que nous vivons tous dans le même bateau, dans la même galère.
La fatigue, parfois le désespoir pointent et s’imposent !
Et ce témoignage recueilli dans le journal « Le Monde » du mardi 29 Avril 2020 « En Alsace, le temps de l’après » :
« Quand le ministre de la santé affirme qu’il n’y a pas de tri entre malades dans les hospitaux, je réponds : c’est faux » S’insurge Pierrick Buchon directeur général de l’association « pour MARIEPIRE »* à Riespach;
Alors prends garde à toi par ces temps de virus. Et le temps de soi et le temps des autres battent la même mesure et en même temps sur l’air de l’amour de la vie, l’amour de soi, l’amour des autres.
Adieu les poignées de mains, au – revoir les bises et les embrassades tout comme les accolades…
Prenez soin de vous et de notre monde est à présent notre credo. Confinée, je ne sais que dire…
Le poids de l’attente parfois me submerge et la porte de l’ignorance reste toujours ouverte.
La peur règne, un virus ! nous n’osons y croire. C’est sacrément dingue ce que nous vivons !
Comment penser face au défi d’un monde qui nous échappe ? Comment avancer au-devant d’un destin que nous ne connaissons pas, pour découvrir l’inconnu ?

Apprenons à espérer, à vivre le présent tout en imaginant un futur que nous construirons ensemble.

* Maison d’accueil spécialisée (accueil de handicaps lourds)

F. W.

 Avenir rieur 

Pense à moi 
Ami amant et compagnon 
Rien jamais ne sera plus pareil 
Et tu le sais 
Nos soleils vont s’éteindre 
Pour allumer d’autres étoiles 
Fabuleuses et mystérieuses 
Qui viendront effacer nos tristesses 
N’oublie pas ce que fut le passé 
Pose ta main sur ce qui nous donnera la joie 
Demain ou plus tard 
Quand l’enfant de cela naîtra 

M. F.

Le changement

J. S.

Le voisin

Elle occupe un trois pièces au deuxième étage d’un immeuble signé du bâtisseur. La porte cochère ouvre sur un porche pavé. Trois marches proposent une entrée voûtée abritant les boîtes à messages.

L’escalier en guise d’élévateur mène au palier offrant des carreaux de faïences aux dégradés de bleu comme des azuléjos. Au son des pas sur les marches de bois foncé elle reconnaît son voisinage montant ou descendant les étages. Après le travail elle se jette quelques instants dans le fauteuil Le Corbusier et se passe la main dans les cheveux avant de reprendre une seconde journée.

Elle suit, à l’écoute, les déplacements de l’occupant marchant sur sa tête. La résonnance des pas sur le parquet du salon, la porte grinçant du cellier, la chasse d’eau des commodités, l’ouverture craquante de la porte fenêtre découvrant le minuscule balcon, l’odeur d’encens qui lui parvient toujours à la même heure comme un rituel, le carillon du micron ondes, le ronronnement du lave-vaisselle puis après le dernier journal la rotation du lave-linge vibrant les casseroles qu’il supporte. Le voisin aime accompagner de sa voix grave les concerts en public de Pavarotti à New York ou Bocelli à Portofino résonnant en boucles sur le lecteur.

Mais ce soir, il y a du changement. Plongée dans son LC3, elle tend l’oreille sans percevoir un seul écho. Elle se déplace, prête une attention à chaque craquement mais pas un son, pas un cri, pas un murmure ne vient de là-haut. Plus avant dans la soirée c’est le même silence pareil à une omerta. Elle circule dans chaque pièce, ferme fenêtres et portes, se tient immobile, se surprend à rester bouche bée comme dans un sous-marin en chasse tel un limier. Elle se couche enfin à minuit passé et reste attentif encore un moment. Les yeux décident enfin de s’éclipser. Un oeil s’ouvre, elle se met assise, elle reconnaît le grincement des marches de l’escalier commun, l’ouverture de la porte de l’appartement du voisin. Elle se lève et commence à suivre les déplacements retardés. Il a changé ses habitudes. Soulagée, elle reprend la nuit, rassurée. Demain elle ne manquera pas de le questionner.

– Papa, tu es sorti hier soir ?

J.-P. G.

Vaccin

Le Confinement…

Je suis depuis longtemps déjà confiné,
Trop loin de ma tendre chère bien-aimée.
Et pourtant chaque instant mon coeur est léger
Car sans le moindre doute il se sent aimé.
Bébé reste chez toi…
N’attrape surtout pas,
Ce vilain Corona
Qui nous met à bas…
Au contraire, plus le virus tue de gens,
Plus strict devient ce terrible confinement,
Plus mon amour pour son coeur d’enfant
Devient de nuit en nuit sans fin plus grand…
Bébé reste chez toi…
N’attrape surtout pas,
Ce vilain Corona
Qui nous met à bas…
Ce soir, pour toi et mon éternel Amour,
Je vais méditer pour partager toujours,
Avec des millions d’amis nuits et jours,
Pour que le monde guérisse par Amour…
Bébé reste chez toi…
N’attrape surtout pas,
Ce vilain Corona
Qui nous met à bas…
Oui car mon coeur lui n’est pas confiné
Il voyage de part le monde entier
Partout où le conduit sa bien-aimée
Avec un seul mot d’ordre… Liberté !
Bébé reste chez toi…
N’attrape surtout pas,
Ce vilain Corona
Qui nous met à bas…

H. W.

Aujourd’hui 

A la croisée du passé et du futur 

Comme chaque matin 

Jour de printemps 

Les petites fleurs du jardin 

Souriantes et gracieuses 

Rêvent de la fin de l’hiver 

La lumière douce filtre à travers les persiennes entrouvertes 

Espoir 

Feux du jour 

Souffle de velours 

Seuil de nouveaux mystères 

Et je songe 

Visions sombres 

Ecoute 

Récits prophétiques 

Descente aux enfers 

Apocalypse 

Rencontre à fleur de terre 

Pollution atmosphériques 

Les oiseaux se sont tus 

Silence 

Les abeilles décimées tentent un dernier looping 

L’eau du robinet polluée, impropre à la consommation. 

Souvenirs de livres et films de science fiction 

1984 – Meilleur des mondes Georges Orwell 

Soleil vert Richard Fleischer 

Sécheresse de JC Ballard 

Orange mécanique 

Ubik 

Matrix 

Décrivent avec effroi 

Ce que nous vivons aujourd’hui 

Nul n’aurait pu l’imaginer 

Confinés 

Restez chez vous 

Injonctions 

Impuissants 

Un minuscule virus issu de WUHAN 

Lieu inconnu jusque là 

Remet les pendules à l’heure 

Nous sommes en guerre a dit le Président 

L’ennemi est invisible 

Mais pour mener ce combat 

Pas d’armes 

Absence de gants, de masques, de protection 

Si ce n’est les gestes barrières 

Pas de gel hydroalcoolique 

Discours logorrhéiques 

Moi colérique 

Tout va très bien 

Madame la Marquise 

Pourtant il faut 

Il faut que l’on vous dise 

On déplore un tout petit rien 

Un incident 

Une bêtise 

Le virus d’une chauve – souris grise 

Pouvez – vous imaginer 

Vous, éminence grise, 

Une pauvre petite chauve souris 

Qui n’allait pas à l’église 

S’évadant de ses ailes translucides 

Des armoires 

D’un laboratoire 

Afin de gagner notre vieux continent ? 

Qui pourrait nous sauver ? 

Quel superman druidesque? 

Quel remède miracle ? 

Quel potion magique ? 

Si la chauve-souris grise 

N’allait pas à l’église 

On assiste chaque jour à des querelles de clochers 

Batman saurait – il arbitrer ? 

Mince 

Chauve – souris lui aussi 

Préservons les pangolins 

Victimes collatérales de ces margoulins. 

Des maux, des bleus 

Fracassés nous sommes 

Meurtris 

En apprenant la disparition de ce ménestrel 

Qui avait su faire de son prénom un nom 

Aline, ma fille, je crie, 

Tu as des symptômes, je crois 

Tu me l’as avoué 

Ton doux visage, je l’ai dessiné 

Et pas seulement sur le sable 

Je lui dirai les mots bleus 

Ceux qui rendent les gens heureux 

Je l’appellerai sans la nommer 

Je suis peut – être démodée 

Le vent d’hiver souffle en avril 

J’aime les silences immobiles 

D’une rencontre 

D’une rencontre 

Rencontre avec moi – même 

Perpétuellement 

Confinement 

« Le moment que nous vivons est un ébranlement intime et collectif « 

A dit le Président…pas certaine de comprendre 

Mirage d’un déconfinement 

Ecoute 

Hypothèses 

Utopies 

Suppositions 

Supputations 

Mirages 

Oasis 

11 mai 

Ecoles ? Enfants 

Vecteurs ou non 

Terribles statistiques 

Implacables 

On parle de records de morts 

Douleurs 

Chaque jour 

Suit son cours 

Révolte pour les choix à arbitrer 

Dans un parcours de fin de vie 

Rivotril 

De ce mois d’avril 

Révolte pour cette gestion calamiteuse 

Révolte pour tous ces discours dénués de sens 

Révolte pour ces privations de liberté 

Applaudissements héros du quotidien trop souvent oubliés 

A l’honneur chaque soir 

Paradoxes 

Questions 

Retournements 

Est-ce que l’économie est plus importantes que des vies ? 

Pandémie, dis – moi, mon amie 

Pourquoi chercher à faire du profit ? 

Le battement d’ailes 

De la chauve souris 

Claque sinistrement 

Lady Gaga sourit 

Et chante 

One World together at home 

A mon coeur qui avait rêvé 

J’invite les oiseaux de feu 

A embraser la nuit 

Pour renaître 

Resplendissants à l’aurore 

Retour aux rivages du jour 

Insurgés d’Amour et de compassion 

Universalité 

Un vent frais souffle sur l’Corona 

C’est ainsi que l’Amour triomphera 

Au pays des merveilles, Alice a trouvé la clé. 

Ce chemin part du coeur et revient au Coeur 

A.-M. J.

Confinement

Voyant de toutes parts fuser les créations
J’eus ce matin l’idée, la vive tentation
D’écrire quelques mots, de fixer ce moment
Étranger à nos vies, sur le confinement.
Un virus accablant sans aucune racine
Sans que l’on s’y attende, est arrivé de Chine.
Il tombe sur certains rendant inévitables
Des soins hospitaliers profonds et admirables
Dispensés sans compter avec un dévouement
Sans faille et journalier mais pour beaucoup de gens
Le virus a sonné la fin de l’existence
Et ils ont dû partir sans aucune présence.
Autour d’eux le néant, l’horizon se dénude,
Ils vont quitter ce monde en grande solitude.
D’autres ragaillardis par des soins sanitaires
Voient bientôt arrivée la fin de leur calvaire,
Sortent de l’hôpital acclamés et réjouis
Faibles et chancelants mais comme au paradis !
Nos hommes politiques sont dans un grand tourment
Car il ne fait pas bon être au gouvernement
Moqués et critiqués, ils sont dans la bourrasque
Suite à la pénurie et au manque de masques
Matériel médical, gel hydro-alcoolique
Tout est sujet bientôt à vive polémique.
Comment gérer la crise, limiter les dommages
Pour ne pas entraîner le pays au naufrage ?
Comment ne pas laisser les gens dans la détresse,
Imaginer l’après avec plus de justesse ?
Je pense aux travailleurs et à l’économie,
Trouveront-ils l’ardeur, le courage, l’énergie ?
Mais fort heureusement ce moment fut propice
Pour laisser s’épanouir le rire et la malice.
On put voir circuler entre amis et famille
Tout un réseau badin, facéties ou vėtilles
Qui ont su égayer par leur côté joyeux
Dans leur univers clos, les jeunes et les vieux.
Puissent tous ces tourments nous rendre plus humains,
Ce fléau ne peut pas rester sans lendemain,
Aspirons à un monde imprégné d’équité,
De justice, d’amour et de civilité
Où travail et mérite seront rémunérés
A leur juste valeur et mieux récompensés.
Que cette crise enfin nous donne l’étincelle
Pour garder à l’esprit combien la vie est belle !
Restez bien confinés et prenez soin de vous,
Bientôt viendra à nous un avenir plus doux.

O. P.

UN CLOU

Un clou enfoncé dans une planche
Ne savait plus à quoi il servait
Pas encore tout à fait rouillé
Il passait des nuits blanches
A essayer de se rappeler
Pourquoi on lui avait donné
Des coups sur la tête
La clef accrochée
Bien que cela l’embête
Aurait pu le renseigner
Et la serrure qui était grippée
Avait bien de la peine
De ne plus grincer
Depuis quelques semaines
Pour laisser entrer quelqu’un
Les légumes avaient déserté
Les herbes folles poussaient
Les fleurs par habitude
Avaient continué à fleurir
Malgré quelques soupirs
Et avec la certitude
De ne pas se faire cueillir
Dans leur coin quelques fraises
Commençaient à rougir
Le liseron prenait ses aises
Et le puits sous le charme
Ne versait plus la moindre larme
Des marguerites s’étaient égarées
Au milieu de quelques pensées
Seul le saule pleurait encore
Le vieux jardinier est mort

B. E.

Le goût de la fraise

Enfin les premières asperges arrivent sur le marché. Quand je dis les premières , ce sont les premières qu’on peut acheter à un prix raisonnable.

Elles allaient de 14 à 8 euros le kilo.

A 14 c’étaient des pointes, à 8 elles avaient une drôle de forme, un peu tordues, plus ou moins longues, plus ou moins grosses.

Mais après tout c’était des asperges et une fois cuite elle auraient toutes la même forme.

Les premières asperges de l’année.

Je me voyais déjà les éplucher sur toute la longueur, faire chauffer l’eau salée dans la cocote, les plonger dans l’eau bouillante et laisser tourner la

soupape pendant 5 mn.

Pendant ce temps je préparerai ma mayonnaise allégée maison.

Enfin quand je dis allégée, il y a quand même pas mal d’huile.

Il faudra aussi mettre de coté un peu de jus de cuisson pour préparer une béchamel au jus d’asperge.

Moi je suis exclusivement mayonnaise, mais certains préfèrent la béchamel.

« Repose ça tout de suite »

me dit le marchand de légumes d’un air hargneux.

Reposes quoi, je n’avais rien d’autre en main qu’un billet de dix euros qui était à moi et que je n’avais pas l’intention de reposer, sauf pour payer

mes asperges., un bon kilo qu’il venait de me servir et de peser.

« Un bon kilo » avais je précisé.

Ici on est au marché de Strasbourg, place Broglie, pas au marché de Bischheim où j’avais mes habitudes et où on pouvait se servir soi même.

« Repose ça tout de suite »

« ça » c’était une fraise qui était entre les doigts d’une propreté douteuse d’un homme qui avait connu des jours meilleurs.

« ça » c’était une belle fraise, couleur fraise qui embaumait la fraise à 3 mètres.

Une fraise à 4 euros le kilo que je trouvais trop chère pour moi.

L’homme qui ne parlait pas notre langue ou qui ne parlait pas du tout ou qui avait oublié qu’on pouvait parler, ne voulait ni voler, ni reposer la

fraise.

Il voulait acheter la fraise.

C’est vrai qu’en général on n’achète pas une fraise. On en prend 1 kilo, 500 grammes, 125 quand ce sont des gariguettes, mais jamais une fraise.

Admettons que même si elle embaume à 3 mètres, elle ne soit pas bonne, on n’a pas de seconde chance.

Le marchand de légume se radoucit quand il comprend qu’il n’a pas affaire à un mendiant, ni à un voleur mais à un client, même si c’est le client d’une

seul fraise.

Malgré tous les interdits, il l’autorise à lui donner la fraise, la pèse et lui demande 17 centimes.

Il repartit avec sa fraise entre les doigts.

Moi de mon coté je repartis avec mon bon kilo d’asperges, les premières de l’année.

Mais dans ma bouche bizarrement, il y avait un goût de fraise…

B. E.

Je m’ennuie

Voilà j’ai tout rangé
Il ne reste plus rien à faire
J’ai réglé mes affaires
Mes factures sont payées
Je m’ennuie, je m’ennuie
Plus besoin de se lever
Pour aller travailler
J’ai tout abandonné
J’ai tout laissé tomber
Je m’ennuie, je m’ennuie
Je compte les minutes
Je compte les heures
Je vois le temps qui passe
Plus personne ne passe
Je m’ennuie, je m’ennuie
Il y a déjà du soleil
Je suis en retard
Que fait mon réveil
Au fond de mon placard
Je vis, je vis
Vite un petit café
J’ai oublié d’en acheter
Peux tu en ramener en passant
Ramènes aussi quelques croissants
Je vis, je vis
J’avais déjà commencé
Sur ce qu’on devait travailler
Mais je devais finir ce poème
Qui commençait par je t’aime
Je vis, je vis
J’aurai pu tout terminer
Si je n’avais pas allumé la télé
Je suis resté accroché
A un horrible navet
Je vis, je vis
Heureusement mon lit était déjà défait
Je suis tombé dans les bras de Morphée
J’ai rêvé, j’ai rêvé
Que j’étais, parfait

B. E.

Du changement !!!!

‘’Il va y avoir du changement’’ nous dit-on. ‘’Le jour d’après ne ressemblera pas au jour d’avant’’ C’est évident c’est visible, palpable ! Et de toute façon le temps d’une quarantaine, on a déjà presque changé d’ère… L’ancien monde s’est fracassé contre un infiniment petit ,infiniment puissant… virus!

Notre quotidien a été balayé par cette vague scélérate !

Commençons par les masques : tout le monde en fabrique et il va falloir les porter presque partout, hors de chez soi, dans les transports , au travail… Les yeux sourient ou fulminent au dessus des masques , on ne voit plus que des moitiés supérieures de visages, il faut deviner le reste sous ces petits rectangles anonymes qui camouflent les expressions ! Les yeux et les fronts seuls ont la parole : joie, colère, bienveillance, indifférence ou mépris ! Les voix assourdies peinent à traverser sans dommages ces petites cloisons personnelles attachées devant toutes les bouches, tous les nez.

Et puis pour sortir, il faut se munir d’une attestation, écrite, expliquer qui on est, ce qu’on va faire et où… pas si simple ! Plus de longues promenades, plus de lèche vitrines, les magasins sont fermés.

Plus de café onctueux ou de bière mousseuse sur une terrasse à l’ombre ! Plus de brocantes où le plaisir de chercher est presque plus grand que celui de trouver cet objet insolite dont on ne fera peut-être rien, plus de fêtes ,plus de spectacles ! On ne voit plus les amis, on ne leur parle qu’au téléphone… Non, non… tout ça c’est pour plus tard, après peut-être si tout va bien… très certainement ! Mais pour le moment ,on ne cesse d’entendre : ‘’Restez chez vous !’’

Ne surtout pas céder… à la révolte à la tristesse, à la lassitude, non, il faut S’ADAPTER à tout prix, sous peine de…Ouf ! Vite on sort faire un tour , oh pas loin ! Juste dans la rue en bas, un kilomètre…même pas !

Rue presque vide, atmosphère irréelle, décor d’un théâtre sans acteurs… le vent balaye les pétales des arbres défleuris. Quelques pas , il faut bien bouger un peu… Tous les confinés vous le diront, on s’ invente mille astuces pour simplement tenir, ne pas craquer, on rit pour ne pas pleurer ou crier !

On finit par rentrer à la maison et on s’empresse barrer une case de plus sur le calendrier, encore une journée de passée !

Du changement, il y en a eu et il y en aura encore !!!

E. H.

Ma petite balle jaune au temps du confinement 

En ce temps de confinement, 
Il est loin le beau temps, 
Avec la pratique de ma passion d’avant. 
Aujourd’hui, j’ai décidé en me levant, 
Que ma petite balle jaune si étonnante, 
Prendrait la lumière du printemps. 
Bien entendu, pas comme avant, 
Avec tous ces changements. 
Très différemment, 
Mais avec l’énergie du moment. 
Alors, je vous envoie une petite balle jaune virtuelle, 
D’oxygène et d’espérance en rayons de soleil. 
Avec ma raquette j’entame de nouvelles gammes, 
Coups droits et revers au programme, 
Pour envoyer des mercis à la chaîne, 
A nos héros de la semaine. 
En face de nous l’adversaire, 
A une force d’enfer. 
Il est invisible et si mobile, 
Le match est très difficile. 
Mais on commence à connaitre ses faiblesses 
Et nos équipes sont pleines de richesses. 
On a marqué quelques points, peut être bientôt un set. 
Surtout gardons les gestes barrières en réflexe, 
Ne laissons pas ce virus reprendre l’avantage comme hier. 
Après des efforts et encore des efforts, 
Espérons que notre stratégie l’emporte, 
Avec l’espoir que bientôt sur le tableau officiel, 
Nous puissions lire avec allégresse : 

COVID-19 : PERDANT 
MONDE : GAGNANT. 

C’était ma petite balle jaune en souffle de liberté, 
D’espoir, de confiance, et de légèreté. 

S. V.-B. 

Se pencher du Balcon-finé

Depuis,
Le temps est à l’envers
A l’inverse
Il a changé de place
Depuis,
Sous l’averse
En alerte
C’est comme s’il
Se regarde
Se prendre et,
en un seul clic
En FACE.

F. H.

Se pencher du Balcon-finé – F.H.

Parole de chaise Sensitive

Le monde s’adapte à moi
Pour une fois
Il s’assoie,
accueille
Les débordantes
Les fines
Toutes
Sans jugement
Il donne à chacune
Sa place
Confortablement

F. H.

Parole de chaise Sensitive – F.H.

Du changement

Le confinement est propice à fouiller, à chercher on ne sait trop quoi. On trie des boîtes et des papiers. Une enveloppe kraft grand format se met en mains. On l’ouvre et la retourne, le contenu s’étale. Une photo de classe à peine jaunie, aux bords dentelés, livre un coup de vieux. Le changement est saisissant. Un instant, on reste figé. Elle est en noir et blanc à la technique sans reproche, bien développée, bien fixée. Toute la classe apparaît, bien sûr on voit mieux le premier rang mais jusqu’au fond du format on est capable de distinguer les têtes oubliées. On regarde sans rien faire de plus. Les secondes s’écoulent puis, on se met en recherche. Les yeux balayent la scène glacée depuis l’enfance. Pas de mixité, les filles sont à côté. On se reconnaît, déjà rassurant. La blouse grise, la raie impeccable bien marquée les oreilles un peu écartées, le sérieux d’un adulte pour la pose. La posture au travail, cahier ouvert, crayon en main, le regard à l’objectif. Elle est des années soixante, d’une école de la république d’un village, d’une cité, des beaux quartiers, elles se ressemblent toutes. Des écoliers de familles venues de l’hexagone, des pays pourvoyeur de main d’oeuvre au-delà des Alpes, des Pyrénées, des bords de la

Vistule. Les noms ne reviennent pas tous c’est si loin dans la mémoire. Tiens, lui et sa famille, partis en Australie, l’autre dans le midi, et celui-ci ne rêvait que de tenues de marine, de carré et de pompon sur les océans et leurs ports à embrouilles. On était dans la même classe mais à quelques-uns on était de vrais copains devenus quoi, on en sait trop rien. La photo éclaire les talents et les suivants aussi. On oppose sa propre vie, on imagine celle des autres peut être mieux ou moins facile. La mémoire défaille on la retourne mais pas de nom, dommage. On la met en nez comme un parfum pour priser quelques odeurs de craie ou de crayon taillé. On n’est pas inscrit sur les réseaux alors on se concentre sur les visages, quelques noms reviennent de ces gosses pas toujours sages. Les mômes fixés sur le papier scrutent le maître comme on disait, on le devine face aux élèves, les chaperonnant encore depuis les étoiles. Le changement se reçoit comme une gifle, il coupe le souffle, fait briller les yeux. On se pressera à profiter du temps avant un confinement non désiré.

On la montrera à ses enfants afin qu’ils s’assurent que nous étions comme eux mais bien avant.

Fin.

J.-P. G.

Diabolo

Le chat blanc aux pattes pointées de noir tournait près du lit, ses miaulements à peine audibles la réveillaient comme une douce mélodie. Le soleil outrepassait les mailles du rideau de lin tiré devant la fenêtre. Elle ouvrit les yeux aussitôt brouillés par le jaune éclatant, elle les plissa. Le chat sauta sur le lit, dressa ses poils devant son visage s’offrant au jour. Elle l’écarta avec douceur, se mit assise, appuya la tête sur l’oreiller qu’elle avait relevé. Elle concentra ses pensées tentant de discipliner ses souvenirs. Elle caressait le poil blanc qui dans une brusque cabriole sortit ses griffes et grava deux traits sur le carpe de la main. Instantanément le sang perla. Elle lécha les stries rouges puis les tamponna avec son tee short froissé de la nuit. Il déguerpit comme un aveu, elle entendit ses pas précipités sur les planches de l’escalier. C’est la première fois depuis qu’ensemble ils partageaient ce lieu et ses parages qu’il se comportait de la sorte. Elle tentait de comprendre et d’emblée l’excusa, avançant que peut-être avait-il quelques humeurs matinales cela lui arrivait aussi, au réveil, d’avoir l’âme chiffonnée et l’esprit nébuleux. Avait-elle eu un geste maladroit ou fallait-il qu’elle endosse sa charge comme une alerte, une prédiction ? Avait-il perçu ce qu’elle avait en elle ? Elle pensa à raison que les animaux possédaient cet instinct primaire à ressentir le trouble des êtres en rupture. Elle se conforta à cette idée. Conséquemment, le début du jour devenait moins beau.

Aujourd’hui comme les autres jours, elle avait peu de choses à accomplir. Elle restitua à nouveau, au détail près, les épisodes de son départ, de sa fuite voilà quelques semaines. Elle avait quitté l’américain et sa ville de verticalités, sans explication quasi inutile, les faits le confondaient. Il lui inoculait une crainte qui la parcourait le jour et la nuit. Son anxiété avait franchi un degré de plus, un degré de trop. Elle laissa le chicagoan à la porte de l’ascenseur, à ses bagnoles de parade, à ses addictions, à ses frénétiques conquêtes, à ses invraisemblables mensonges. Elle subissait depuis trop longtemps. Elle l’avait suffisamment asséné de questions sans réponse, la vérité ne viendrait plus maintenant. Son regard électrique la mettait en effroi, ses lèvres vomissaient des mots rageurs en postillonnant comme une brute enivrée. Inexorablement, elle s’enfermait dans un isolement captif.

Elle contribuait et confortait son état de soumission en ne tentant rien, en n’osant rien, cela la rendait complice de sa propre situation. De cela, il se trouvait ainsi encouragé à la traiter comme un titre de propriété. Pour elle il n’était plus un homme, il était devenu une personne qu’elle ne pouvait plus nommer, un individu, voilà le juste mot. Elle était résolue à l’effacer de son univers comme un ultime discrédit. Depuis de longs mois leur vie commune se délitait. La réussite l’avait grisé, la vie facile sans retenue, dévastatrice, et ses mauvaises moeurs l’avaient perverti. Il se prenait pour le point guard des Chicago Bulls dont il ne manquait pas un match, assidûment accompagné de ses courtisanes et autres fricoteurs. Les billets verts l’aidaient à se faire idolâtrer. Ce manipulateur avait besoin de marionnettes à ses ordres, lui seul menant le jeu des ficelles. Elle avait finalement décidé de partir, de fuir avant qu’il mette des gestes sur ses invectives. L’unique réponse aux humiliations, fut de réussir son évasion.

Sa volonté de fermer le livre dont ils avaient pourtant ensemble écrit plusieurs chapitres mais cet individu toxique avait souillé trop de pages. Mettre de la distance, se soustraire, laisser le temps accommoder l’espoir d’un autre destin. De cette vie rien à cet instant ne lui manquait. Le manque c’est attendre quelque chose. Elle n’attendait rien, c’était sa force. Plus qu’aucun autre endroit ce terroir qu’il l’avait vu naître, au coeur de la forêt où le sable est mêlé aux aiguilles des pins maritimes, à la bruyère odorante, aux eaux si douces et salvatrices, lui offrait un discret closeau sans lisière.

Sa quête d’harmonie elle la revendiquait en ces lieux avec une farouche obstination. Le changement espérait était en route. Elle se leva, passa la main sous l’eau froide, le sang perlait encore, elle enfila un boardshort, appliqua le gant de toilette sur les plaies et descendit l’escalier. Elle alluma la cafetière et se mit à appeler le matou immaculé. Elle chantait son nom d’une voie sans reproche, syllabique Dia…bo…lo. Elle retenait son souffle, écartait ses lèvres, ralentissait sa respiration pour capter le moindre bruit, le plus timide feulement. Ce félin apparaissait sans tambour ni trompette et disparaissait incognito. Il allait et venait comme bon lui semblait, un amical clandestin. Diabolo lui sembla une juste distinction comme un délicieux mélange de sirop et de limonade. Il était assurément ici depuis plus longtemps qu’elle. Elle, ne faisait que passer, enfin le temps en sera juge. Il arpentait l’espace sans maître, affranchit comme l’air.

Elle choisit la dosette au café le plus fort, le filtra deux fois à la suite dans son mug émaillé. Elle le tenait serré entre ses mains, ouvrit la porte de la maison, posa ses pieds nus sur la terrasse de bois foncé. Elle s’installa sur le fauteuil de châtaignier aiguayé de coussins bigarrés de couleurs vives. Un morceau de pastis landais lui rappelait son enfance, elle le mariait à l’arabica du petit déjeuner.

Le soir elle abandonnait ses espadrilles près de la planche de surf, sous la varangue. Au lever, sans réfléchir, elle y glissait les pieds comme dans des claquettes de plage. La semelle de corde avait durci sous la rosée et les averses. La toile de coton s’était détendue à force de les traîner. Elles arboraient des tâches que le temps avait rendu inexplicables mais dénonçaient un crépuscule inévitable. Elle s’indifférait de leur état, ses pieds y étaient à leur aise, la commodité prévalait. Les appeler chaussures lui semblait néanmoins flatteur même si elles étaient signées d’un estimable bottier.

Avec raison, elle quittait son abri, son asile, pour se hasarder jusqu’au rivage où à la source d’eau douce. Elle s’approcha du longboard maintenu dressé contre les lattes de pin de la façade, entre la porte et la large fenêtre de la pièce à vivre. Il assurait un décor californien, une offrande à l’océan. Elle s’y risquerait un jour prochain, les spots ne manquaient pas mais en prenant garde aux courants des baïnes ou alors plus paisiblement profiter plus au nord du mascaret sur la Dordogne, cette idée lui plut.

L’état vintage de la planche esquissait des souvenirs. Des signes lacunaires ébauchaient néanmoins une distinction, une signature, quelques lettres presque effacées, Jacky ROTT. Elle se promit une recherche sur la toile.

Elle jeta un regard sur le bout de lande qui accompagnait la petite route presque déshéritée de tout trafic. L’espace servait de barrage à un crédible embrasement dévastateur. Les fleurs de bruyère coloraient le vert uniforme.

L’animal y avait ses habitudes de traque, les bécasses et les terriers de lapins ne manquaient pas. À nouveau, elle poussa sa voix pour l’attirer – Diabolo, Diabolo, comme un prêche.

De la terrasse, elle percevait, le fracas des rouleaux qui s’écrasaient sur le sable beige roux de la plage à cent mètres à peine. La marée serait bientôt haute. Il fallait traverser la petite route bosselée mangée par l’herbe rase. Elle filait devant la maison de bois mais interdisait à deux autos de se croiser sans que l’une ne décida de céder le passage puis, prendre le sentier de sable, infiltrer le bois, monter la dune et glisser vers l’écume.

Elle s’y rendait chaque jour comme une éclaircie tranquille rompant son confinement choisi.

Elle avait plaisir à marcher dans le sable, le sentir pénétrer et alourdir ses mules. Elle arrêtait ses pas pour les débarrasser du minéral et poursuivre son chemin jusqu’à toucher l’eau marine.

La matinée sentait bon la résine de pin. L’orage et sa pluie pourraient bien s’inviter avant le milieu du jour. La maison à l’écart des autres ne voyait passer que quelques cyclistes, joggeurs, de rares voitures, des cavaliers. Seul le postier circulait dans un horaire de garde barrière et parfois s’arrêtait pour livrer du papier le plus souvent sans intérêt.

Le bourg et son petit port était à moins d’un kilomètre, avec ses terrasses de bars animés, ses boutiques de beau temps, ses surfeurs venus du monde, ses familles et leurs mômes encombrés d’accessoires de plage.

Le grille-pain éjecta la tranche d’épeautre, elle se leva. Elle retourna au couvert de la varangue. Ses yeux balayaient le paysage, espérant apercevoir une boule de poils mais non, rien, ni de près ni de loin. Un coup de vent souffla sur les branches et balaya la poussière qui se mit à tourbillonner sur l’asphalte imparfait. Sa chevelure se souleva. Elle posa la main sur le mug protégeant le breuvage. Le vent prolongea son souffle. Elle se résigna à chercher Diabolo, la faim le ramènera. Après tout, il était là lorsqu’elle est arrivée dans ce refuge au toit de tuiles romanes. Il avait ici ses quartiers et savait se débrouiller. Chacun s’accommoda de l’autre, elle et lui y trouvèrent leur compte, une caresse, un miaulement, sans rien d’autre à réclamer, à exiger. Le ciel se chargeait de nuages sombres masqués par la cime des pins. Elle prit l’antique pot de grés pour tirer l’eau pure de la résurgence cachée par les joncs et l’osmonde royale à mi-chemin de la mer. Pieds nus, elle s’enhardit avec précaution. Elle s’accroupit, posa son visage sur la surface immobile du liquide cristallin, sa réplique fut troublée par la chute de feuilles de chêne vert.

La fond-bonne tenue secrète par ses adeptes livrait sa fraicheur, apaisait les gosiers secs et les corps chauds de l’été depuis des années sans savoir les compter. Elle piétina la bruyère en prenant appui sur les talons s’appliquant à éviter la piqûre des longues aiguilles sèches. La situation lui créait un inconfort qui focalisait à nouveau ses pensées sur sa place ici. Elle s’était défaite avec courage et volonté d’une condition qu’elle ne pouvait plus supporter. Elle avait choisi de rompre ses chaînes, de ne plus se soumettre. Vivre, exister, son crédo était là. Elle n’avait pas mérité d’être sous le joug de ce salaud. Ces lieux sauraient-ils la ressourcer, l’accompagner dans son appétit de changement ?

Elle se sentait comme une réfugiée solitaire et ne pensait pas pour l’heure à partager son isolement. Le vent insistait encore, il était là, redouté lorsqu’il se présentait du nord-ouest. L’orage crachait ses feux entre les arbres. Les premières grosses gouttes tièdes claquaient sur ses cheveux longs et ses épaules.

De la lande, elle se retrancha sur la petite chaussée, déjà l’eau ruisselait sur elle. Elle mit les pieds dans une flaque pour les soulager des brindilles accumulées et du sable collé à la peau. L’étroite route offrait à cette attention une multitude de creux, de vasques, où l’eau douce venue du ciel noir prenait ses aises. Un frisson la saisit, elle sentit son menton affermi et son nez coulait. Ses cheveux plaqués ruisselaient, c’est à ce moment précis qu’elle vit Diabolo se remettre en scène, traverser l’allée forestière avec un train de sénateur sans que l’averse drue ne le contrarie. Au contraire, il menait un air élégant et détaché, la queue en étendard. Sous l’eau, ce mistigri jouait les minets.

Elle voulait être comme lui, retrouver sa souveraineté. Elle ne bougeait pas, l’eau remplissait les bassines bitumées.

L’eau montait maintenant jusqu’aux chevilles, cela semblait l’apaiser, la purifier d’un passé encore présent. Elle se surprit à glisser la langue sur ses lèvres et apprécier le frais liquide. Cette fois elle sentait comme un délice à laisser soncorps, son esprit à l’action de l’eau bienfaitrice.

Non, ce soir elle ne lirait pas un de ces polars qui mène l’angoisse jusqu’au petit matin. Son échappée à cet instant, elle la comprit définitive. Elle ne porterait aucun déshonneur préjudiciable. Au contraire elle se découvrit grandie. Sa respiration saccadée bombait le tee short mouillé plaqué sur sa peau. Ses petits seins perçaient le coton saturé d’eau. L’eau faisait son oeuvre, elle cautérisait ses peines, ses souffrances. Son regard vide portait loin au-delà de l’horizon masqué par le gris bleu. Déjà le soleil renaissait. La voiture jaune du postier s’arrêta près d’elle. Il lui lança – Ça y est, c’est le confinement !

Un virus la laisserait seule plus longtemps sans qu’aucun être ne vienne. Rassurée que l’individu serait lui aussi isolé au-delà des mers. Elle était prête pour un adieu au passé. Elle pensait aux jours d’après, à Diabolo revenant prendre caresses, elle se remettrait au dessin dès demain au lever, se promettant d’ajouter une touche de couleur éternelle.

Une douce émotion rida discrètement son visage.

Elle sourit, silencieuse, satisfaite.

Fin.

J.-P. G.

Sauvez les champs de coquelicots

Sauvez les champs de coquelicots
Ils sont si beaux
Comme des gouttes de sang
Tombées des blessures dans le flanc
D’une bête traquée
Qui fuit pour se sauver
Le monde chasse et fuit
Et laisse des traces
Que rien n’efface
Sauvez les champs de coquelicots
Ils sont si beaux
Larmes de sang, larmes de pitié
Pour notre cruauté
Ils poussent comme la misère
Sur notre pauvre terre
Chaque point rouge
Est un homme qu’on assassine
Chaque point rouge
Est un peuple qu’on extermine
Sauvez les champs de coquelicots
Ils sont si beaux
Chaque fleur est un cadeau
Un message d’espoir
qui vient le soir
Chaque fleur est un cadeau
porteur d’amour
Chaque coquelicot
Est un cri d’amour

B. E.

Hymne à la vie

Écoute les rêves d’enfants
C’est eux qui ont raison
Ils n’ont pas peur du vent
Et se moquent des saisons
Regarde deux corps s’aimer
Ils ne se posent pas de questions
Regarde deux coeur s’aimer
Ils n’ont pas de raisons
Essaye de tout oublier
Arrête de penser
Laisse toi aller
Rien ne peut t’obliger
Profite de chaque instant
Parce qu’il est important
Prends le temps
Jusqu’au printemps
Préserve en toi
Ce qui est bon
Et répond moi
A cette questions
Peut on aujourd’hui
Écrire un hymne à la vie

B. E.

Écoute le vent

Écoute le vent qui raconte
Des histoires de vie
Il verse des larmes de pluie
Venues du bout du monde
Écoute le vent en colère
Contre la folie des hommes
Et fait tomber les pommes
Répétant nous sommes tous frères
Écoute la douceur du vent
Sur deux corps nus
Comme une caresse d’enfant
Au creux d’une main tendue
Écoute le vent d’automne
Qui fait tomber les noix
A l’orée du bois
Écoute le vent au large du cap Horn
Qui te dira combien de marins
Ont disparu corps et âme
Une dernière pensée pour leur femme
Avant de mourir enfin
Écoute le vent qui te dira
Tout ce que tu voudras
Écoute la vie

B. E.

 Le Monde de Madame T. 

C’est l’histoire d’une grande Dame, pour qui j’ai beaucoup d’admiration et de respect. Je me fais son porte-parole parce qu’elle est au crépuscule de sa vie et elle est terriblement fatiguée. Les raisons qui l’ont poussée à écrire ses mémoires n’ont rien à voir avec la quête d’une quelconque reconnaissance, ni la recherche d’une hypothétique notoriété. Elle me disait que sa vie n’avait rien d’extraordinaire, mais elle avait simplement ressenti le besoin de partager son expérience et de transmettre quelque chose, un message, une réflexion à sa descendance. Et pourtant, je vous l’assure, son histoire ne vous laissera pas indifférents, tant elle est pleine de rebondissements. Je vais l’appeler Madame T car elle m’a fait promettre de rester discret sur son vrai nom. 

Quand j’ai accepté cette mission, parce que c’en est une, j’ai décidé en toute logique, de commencer par le début. Mais, je me suis heurté à une difficulté majeure. Madame T ne connait pas sa date de naissance, elle n’en a aucune idée. C’est un mystère complet. D’éminents membres de la famille ont essayé de déterminer, ou du moins, estimer le moment où elle naquît, mais tous ne sont pas tombés d’accord sur une quelconque période. Certains, comme le grand-oncle Ussher ou les cousins Kepler et Newton, se sont fiés à des calculs basés sur des événements bibliques. D’autres, comme l’oncle Halley ou le comte de Buffon ont adopté une vision plus scientifique. Mais ils s’y sont tous cassés les dents ! 

Et puis, il y a eu la découverte de Papy et Mamie Curie, la radioactivité, une révolution scientifique. Elle a permis, entre autres, de mettre au point une méthode de calcul qui a déterminé l’âge de Madame T, et ce n’est pas une plaisanterie. 

Voyez-vous, il n’y a rien de plus naturel que la radioactivité. Si nous sommes tous faits d’atomes, plus de 99% d’entre eux sont stables. Ils ne se transforment pas. L’infime partie restante est, par conséquent, instable. On les appelle des atomes radioactifs. En cherchant à se stabiliser, ils se désintègrent spontanément et c’est la mesure de l’énergie émise par cette désintégration qui permet d’estimer exactement l’âge d’un corps. 

En ce qui me concerne, je ne divulguerai pas l’âge de Madame T. Je dirai seulement qu’elle a bien vécu, et qu’elle vit toujours. 

Cependant, elle se souvient d’une chose. Au début de sa vie, pendant son enfance, et même durant une partie de son adolescence, Madame T était une enfant hyperactive, elle débordait d’énergie. Son tempérament volcanique empêchait toute forme de relation, de cohabitation. Pendant plusieurs années, elle alternait le chaud caniculaire et le froid polaire. Il lui fallut beaucoup de temps pour arriver à maîtriser toute cette puissance et établir un certain équilibre. Mais elle sentait qu’elle bouillonnait intérieurement et qu’un rien pourrait tout faire exploser. 

Et puis un beau jour, lasse de cette situation, Madame T décida d’embellir son environnement. Il faut dire que sa cyclothymie a fait le vide autour d’elle. Alors, elle fit pousser des arbres, des plantes, de l’herbe, bref, elle voulait rendre son entourage un peu plus vivable et accueillant. Effectivement, l’air était devenu respirable. La végétation était luxuriante et il faisait une chaleur douce et enveloppante. Tout cela facilitait alors les interactions et, c’est vrai, elle a créé un Monde où il faisait bon vivre. 

Les jours, les mois et les années passèrent paisiblement. Malheureusement, elle ne pouvait contenir longtemps toute cette énergie, et de temps en temps, elle la libérait. Pour son propre équilibre, il lui était difficile de garder toute cette effervescence intérieurement. Elle m’expliquait que c’était cyclique et que son entourage subissait ses changements d’humeur et s’en accommodait malgré tout. Certaines espèces disparaissaient, d’autres parvenaient à s’adapter et d’autres, nouvelles, apparaissaient. Elle avait même constaté qu’il y avait une certaine évolution dans la faune et la flore qui l’entouraient. Mais par-dessus tout, ce qui lui rendait particulièrement fière, c’est de constater qu’elle avait réussi à créer une harmonie autour d’elle. Chacun avait son 

espace de vie, y avait sa place et jouait un rôle bien précis. Il y avait une sorte de chaîne de solidarité entre les plus petits et les plus grands. 

Madame T a pris soin de mettre suffisamment de ressources à la disposition de ces êtres qu’elle hébergeait pour qu’ils puissent subvenir à leurs besoins. Elle a passé sa vie à accumuler des richesses pour qu’ils puissent vivre d’une manière confortable et décente. 

La seule chose qu’elle craignait, c’est que le ciel lui tombe sur la tête. Et c’est, malheureusement, ce qui arriva un jour. Elle me disait que c’était comme une énorme boule de feu, venue tout droit du ciel et qui l’a frappée en plein coeur. Ce jour-là, elle crut mourir. Du jour au lendemain, toutes les merveilles qu’elle avait mis tant d’années à construire avaient disparues. 

Toutes ? pas vraiment. Certaines espèces ont survécu, se sont adaptées au fil des années, des siècles, et sont encore là, bien présents, aujourd’hui. Madame T aurait pu en être fière à nouveau puisque son oeuvre, qu’elle croyait perdu à jamais, a subsisté, et évolué même. 

Mais ce n’est malheureusement pas le cas. Madame T sombre petit à petit dans une dépression, et cela dure depuis quelques années. Elle est très déçue par le comportement d’une espèce en particulier. 

Elle me disait : « vous vous rendez compte ? je leur ai préparé le terrain. Je leur ai créé des conditions de vie incroyable. Un jardin immense où ils pouvaient trouver de l’eau, de la nourriture, de l’énergie, une terre riche et fertile, de l’air pur, etc. ». 

Mais qu’ont-ils fait de mal pour que vous vous mettiez dans un tel état ? 

Elle me répondit : je vais vous raconter leur histoire, mais avant d’aller dans le vif du sujet, il faut d’abord que je vous dise de qui il s’agit. Mais je crois que vous l’avez deviné, il s’agit de l’Homme. Je dirais plutôt, de la lignée humaine car elle était composée de nombreuses espèces. Il y avait, entre autres, les Australopithèques dont nous connaissons une digne représentante, la tante Lucy, et je ne citerai que celle-là pour faire court, jusqu’à l’apparition du genre Homo (erectus, habilis, neandertalis, etc.), regroupant des espèces bipèdes avec une boîte crânienne volumineuse. À croire qu’elle avait déjà la grosse tête. Elles ne vivaient pas toutes à la même époque mais certaines ont tout de même coexisté. Au fil des années, elles ont disparu, les unes après les autres, sauf une, l’Homo sapiens. Celui-ci va s’implanter sur tous les continents. Cet « Homme moderne » s’est formidablement bien adapté à tous les environnements et pratiquement à toutes les conditions de vie. Il a su diversifier ces outils et montrer une intelligence hors du commun. C’est la seule espèce à éprouver la nécessité de s’exprimer par l’art. Au-delà de sa capacité de survie, elle a acquis et développé une dimension culturelle, cultuelle, spirituelle extraordinaire. Le plus vieil Homo sapiens connu a vécu il y a environ 315 000 ans, c’était un africain, et ses descendants ont colonisé l’ensemble de la planète en supplantant les autres espèces. Vous en faites partie. 

Tout cela est très passionnant, mais pour l’instant, rien ne m’explique la dépression de Madame T. 

Elle m’expliqua que pendant sa longue vie, elle assista à la diversification des êtres vivants dans le merveilleux jardin qu’elle a créé. Il y eut des périodes où cette biodiversité était extraordinairement développée, et d’autres où elle était quasiment inexistante. C’est probablement en lien avec ses crises qui ont causé des modifications drastiques des milieux de vie. Malgré tout, avec la dérive génétique et la sélection naturelle, cette biodiversité a connu une évolution extraordinaire et des innovations sont apparues, qui se sont maintenues, ou pas, au sein des populations. 

Madame T a bien conscience qu’avec la durée de nos vies humaines, il nous est difficile d’appréhender ces modifications évolutives qui s’étalent sur de longues périodes. Cependant, il est une évolution qui est observable à notre échelle, car il faudrait être sourd et aveugle pour 

l’ignorer. C’est la réduction sévère de la biodiversité qui se matérialise par l’extinction de nombreuses espèces sous l’effet de nos propres activités. 

Madame T poursuivit : Depuis que « l’homme moderne », c’est-à-dire vous, avec votre arrogance et votre air supérieur, a occupé mes terres, vous n’avez pas cessé de les saccager. Je vous avais invités chez moi, et voilà que vous vous êtes autoproclamés propriétaires des terres sur lesquelles vous avez mis les pieds. 

Tenez, par exemple, vous vous êtes donnés le droit d’abattre des hectares de forêt primaire pour y faire de la monoculture, une ineptie. Pourquoi ? parce que la déforestation est un crime. Vous êtes en train de rompre mon équilibre écologique. Vous supprimez les habitats de milliers d’espèces au détriment de vos propres besoins. Vous brisez le cycle de beaucoup de ressources naturelles essentielles à la vie y compris la vôtre. Vous le savez comme moi, vous vivez en ce moment la sixième crise biologique de toute l’histoire, mais contrairement aux précédentes, je ne suis pas à son origine. Oui, j’ai traversé cinq grandes crises dans mon existence et je suis encore là. 

En quelque sorte, vous êtes en train de creuser votre propre tombe, et c’est ce qui me déprime. La créature la plus évoluée de cette Terre est en train de mettre son intelligence au service de la cupidité, du pouvoir, de l’égoïsme, aux dépens du reste du monde vivant. De quel droit ? 

Je vous le dis, mon mal être n’est pas ce que vous croyez. Il ne s’agit pas de la fin du Monde, mais de la fin d’un Monde, et je vous plains. Voilà, je déprime parce que je suis le témoin impuissant d’un suicide collectif. 

Vous vivez, aujourd’hui, des temps difficiles qui doivent vous amener à réfléchir, à repenser votre approche de la vie, à revenir à son essence même. Ne voyez-vous pas que vous n’êtes pas les seuls dans ce Monde ? ne constatez-vous pas que le Monde que vous avez construit est contre-nature ? n’est-il pas temps de changer ? 

À méditer… 

C. A.

Demain nous appartient et plus belle la vie !

De rêves enfouis, telle une Baudelaire en herbe, j’ai vu germer 
L’envie irrésistible d’écrire depuis mes jeunes années 
Un besoin irrépressible d’immortaliser 
Un exutoire ne m’ayant jamais plus quitté.
Comme mes écrits m’avaient alors fait frissonner 
Et comme à ce jour ils continuent à m’interpeller
Noircir des pages, graver des ressentis et des idées 
Le clair et l’obscur sans détour pouvoir relater
Forces et faiblesses, chagrins et félicités.
De magnifiques aboutissements en tragiques hésitations
Sans prouesse, sans retenue et sans sophistication
Pouvoir exposer mes blessures, mes acquis et mes sensibilités.
Tous ces sentiments éprouvés, ces si fidèles perceptions
Tous ces sentiments éprouvés, ces si fidèles perceptions
Méritent mille fois leur précieuse transposition
Infimes secrets personnels à aucun moment galvaudés
Qui l’aurait cru, qui l’aurait seulement pensé 
Que tout cela pourrait un jour, ici et maintenant être livré… 

De déplacements limités en confusion diligentée 
De liberté restreinte en absences et manques imposés 
De l’esprit de famille reconsidéré, d’autorisations de sortie invoquées
Notre charmant village docilement ensommeillé
Ses rues désertiques et ses nombreux commerces fermés
Qui aurait pu imaginer vivre une telle réalité 
Se résoudre au rythme du temps et des jours comptés.

L’année 2020 a d’ores et déjà revêtue
Son statut exceptionnel, inédit, particulièrement incongru
Par les chiffres de notre pandémie être tétanisé et effrayé
Comment repenser notre quotidien, notre équilibre fragilisé 
Des élans de solidarité planétaires jusqu’à la plus intime promiscuité
Tous soumis et patients, à la fois privés et ébranlés 
Cultivant avec confiance silence, plaisirs simples et immédiateté  
La profusion d’une nature toujours immaculée 
Et ses relations humaines bienveillantes et serrées.

A l’aune d’un avenir empli d’espoir et de sérénité
Après maints sacrifices, je veux me relever
Plus heureuse, plus pugnace et bien plus déterminée 
Pour contempler à nouveau les richesses et les beautés
De notre monde si sérieusement secoué 
Du point du jour jusqu’à la nuit tombée
Me retrouver, nous retrouver unis et aimés
De l’aube claire jusqu’à la fin des jours,
Pouvoir m’écrier
Demain nous appartient et plus belle la vie !!!

D. L.

Lève la tête et fait face… 

Lorsque je regarde par ma fenêtre je vois un monde lisse 
Comme une mer d’huile sur laquelle mon bateau glisse 
Puis en y regardant mieux on soupçonne un léger remous 
Comme si sous cette façade nous voyions que cela bout. 
Nous y avons enfoui tous nos pitoyables petits secrets 
Notre jardin que nous taisons n’est pas beau et ne plait 
Nous y avons enterré bien des méfaits et des manques 
Mieux même que les espèces que nous avons en banque 
Pourquoi tous ces malades et ces gens qui souffrent ? 
Pourquoi ces morts qui disparaissent dans un gouffre ? 
Nous ne nous y étions pas du tout préparés, oh erreur 
Prenons-nous en à nous-mêmes et à nos beaux parleurs 
Si après toute cette misère et ces proches qui meurent 
Nous ne savons toujours pas comment faire et avons peur 
Alors nous sommes à jamais perdus dans ce bas monde 
Et nous ne pourrons plus qu’avoir de nous-même honte 
Faites toujours ce que vous aimeriez que l’on vous fasse 
Au prochain, au voisin mais aussi à l’autre qui juste passe 
A tous les problèmes mesquins auxquels nous faisons face 
Nous montrerons comment traverser cette mauvaise passe. 
Lève la tête et fait face… 

P. K.

 Rues vides

Je crois que je suis en train de me réveiller. Mon Dieu, mais quelle heure est-il ? 

5h30 du matin. 

Je me retourne sous ma couette en gardant les yeux bien fermés. Je suis dans un état entre le sommeil et l’éveil. C’est le moment où à mon âge on se dit : je suis encore en vie, même si j’ai mal partout, je suis toujours là. Encore une journée de gagnée. 

Mais quel jour sommes-nous ? Dimanche peut-être car on n’entend aucun bruit. Mais non, après réflexion nous sommes vendredi car hier soir je suis allé jouer à la belote avec 3 amis. Mais comment se fait-il que l’on n’entende rien ? En général à cette heure-là un tas de gens vont au travail et on entend des voitures mais aussi des camions. Mais non, on n’entend rien. C’est étrange. Ah mais oui nous sommes en plein confinement. Ce virus aura eu raison de toute activité. Il n’y a guère que les gens travaillant dans les hôpitaux et autres commerces de première nécessité qui se déplacent. Et donc à cette heure-là il est normal que je n’entende rien. 

Je décide de me lever. Je vais prendre un rapide petit déjeuner et ensuite aller marcher dans les rues vides. Je veux connaître cette sensation de seul survivant que l’on pourrait avoir à ce moment-là. 

Effectivement c’est étrange. Je suis seul dans les rues de ma petite ville. Je ne vois et n’entends rien ni personne. Il n’y a que quelques rares animaux domestiques qui se manifestent à mon passage. Les quelques rares chiens, chats, poules et oies auxquels en général on ne porte guère attention trouvent eux aussi, étrange ce seul et unique humain qui se promène dans les rues. Les oiseaux comme les hirondelles, merles ou rougegorges ont eux un comportement qui ne change en rien. Ils ne se mêlent pas de ces étranges animaux que sont les humains, tant qu’ils se contentent de s’occuper d’eux-mêmes. 

Je me promène depuis plus d’une heure et je suis de plus en plus grisé par cet état. Et puis brusquement voilà la première voiture. Arrivée à ma hauteur elle ralenti et la personne au volant me salue d’un mouvement de tête. Tiens donc, ceci n’arrivait plus depuis bien longtemps. Les humains seraient-ils en train d’évoluer ? Redeviendraient-ils polis ? Feraient-ils enfin attention aux autres ? 

A voir. Attendons la fin du confinement. C’est à ce moment-là que l’on verra la réaction de la population. Oublierait-on rapidement de garder des gestes adaptés à la nouvelle situation ? Je me sens un peu négatif par rapport à l’évolution de cette histoire. 

Mais allez, aujourd’hui encore, la vie continue. 

P. K.

Oui, c’est arrivé ! 

Alors que le printemps pointait à l’horizon, 
Ce qui est arrivé à la France et au monde, 
Est digne d’un film de science-fiction. 
Rien que d’en parler donne des frissons. 
Nous étions entrés en guerre contre un ennemi invisible, 
À la force de contamination terrible. 
Les mains, ces instruments de magie et de passion, 
Étaient devenues des armes de contagion. 
Tant de changements étaient intervenus dans nos vies. 
Des bouleversements en séries, 
Des successions de hautes décisions impératives, 
Remparts indispensables pour sauver des vies. 
Nos guerriers courageux de première ligne, 
Étaient devenus nos héros, applaudis dans toutes les villes, 
Jusqu’à leur dédier une chanson d’amour à ces « infirmiers de la terre ». 
Ils se donnaient corps et âme dans leur mission, 
Souvent démunis de toute protection. 
Ils combattaient au péril de leur vie, 
Et de celle de leur famille. 
D’autres soldats essentiels, valeureux, 
Méritaient aussi beaucoup d’admiration. 
Souvent jaillissaient des élans de solidarité, 
A en être chaque jour impressionné. 
De nombreuses entreprises étaient fermées, 
La priorité était avant tout la santé. 
Les salariés actifs étaient encore plus flexibles et inventifs. 
Les sociétés devenaient plus adaptables et digitales. 
Les journées de confinement s’écoulaient à un rythme ralenti. 
Nous prenions le temps de vivre, 
Et en famille restreinte de se redécouvrir. 
Partager des espaces limités n’était pas sans difficultés, 
Ceux qui avaient un jardin étaient des privilégiés. 
Chacun profitait des plaisirs qui lui restaient 
Et se trouvait de nouveaux centres d’intérêt. 
L’oisiveté devenait fertile et créative. 
Nous savourions aussi le bonheur de ne rien faire, 
Juste de pleinement se retrouver. 
Une bulle d’oxygène sans être au grand air. 
Nous étions à un moment si légers 
Et à un autre si angoissés. 
Le manque de contact avec les êtres aimés, 
Les beaux évènements non fêtés, 
Le déficit en relations sociales, 
Les passions mises entre parenthèses, 
Étaient sources de frustration et de tristesse. 
La solitude touchait de plein fouet, 
Bon nombre de personnes seules, 
Surtout quand le poids de l’âge venait s’ajouter. 
Mais grâce aux nouvelles technologies nous gardions le contact. 
Pourtant, cette connexion ne remplaçait pas le bonheur d’être côte à côte, 
De pouvoir embrasser ceux qu’on aime, ou juste de leur tenir la main. 
Les rires étaient là quand même, 
On en avait tant besoin et les enfants encore plus. 
Ils résonnaient en nous comme une onde d’optimisme 
Et leur chaleur était rassurante. 
Les mesures barrières étaient de rigueur, 
Mais n’évitaient pas les inquiétudes et la peur. 
Des familles entières étaient touchées par la mort, 
Et plongées dans la souffrance et la douleur. 
Dans les villes, les rues étaient désertées, 
La société hibernait comme paralysée. 
Pourtant, la nature tout au tour revivait. 
Les arbres bourgeonnaient et fleurissaient, 
Tulipes, jonquilles enchantaient les jardinets. 
Le soleil brillait dans le ciel et nous réchauffait le coeur. 
Des images symboliques d’espérance étaient nos rayons de lumière. 
Ma plume d’O, avec un fabuleux souffle de vent, 
A fait avancer le temps avec confiance, 
Tellement hâte de retrouver un nouveau beau temps. 
Nous avons maintenant gagné la guerre sanitaire contre le Covid-19. 
Économiquement tout avance pour réussir à sauver la France 
Et ceci malgré bien des turbulences. 
Pour nous tous, rien ne sera plus jamais comme avant. 
Après tant de changements alors que naissaient les bourgeons de printemps, 
Faisons fleurir maintenant, tous ensemble, un nouveau monde solidaire et vivant. 
Que la nouvelle contagion soit celle de l’amour et qu’elle soit pour toujours gagnante. 

S.V.-B. 

CONFINEMENT

Effectivement le CONFINEMENT est une expérience «nouvelle», laquelle peut être bien ou mal vécu. Le confinement , c’est ma façon de vivre en «solitaire» et de pouvoir découvrir les aspects et

Principalement  de considérer les valeurs de la vie différemment.

Dans un premier temps, du fait du « CONFINEMENT », j’ai la possibilité de me recentrer sur moi-même et d’apprécier les véritables valeurs de la vie ; notamment familales et de pouvoir vraiment

Profiter de mon jardin environnant.

Dans un premier temps, j’ai pu découvrir les aspects positifs de « la chose ».

J’adopte des temps plus calmes, plus réfléchis.  J’accorde également plus d’attention dans la réalisation de mes travaux. Je ressens tout particulièrement moins de stress et je suis donc plus

Attentive.

De toute façon, il faut faire face à cette problématique, surtout j’essaye d’enrayer  « ce fléau » nommé « COVID 19 » par tous les moyens , notamment par un parfait lavage des mains et j’adopte

Bien entendu une hygiène rigoureuse. J’effectue des créations,, mon mari fait du TELE TRAVAIL.

Faudra-t-il utiliser des masques de protection pour sortir de cette crise sanitaire ?

JE CROIS QUE OUI.

Malencontreusement, il y a aussi les aspects négatifs de la « chose » nommée confinement obligatoire.  J’ai un manque de contact avec autrui. Au début de cette crise sanitaire, j’ai ressenti

Un repli sur moi-même ; une sorte de déprime et un manque de sommeil.

Par ailleurs, c’est  notre économie, qui est à l’arrêt entraînant du chômage partiel. 

De toute façon, toute contagion a été sauvée par la distanciation.

Personnellement,  cette crise sanitaire incomparable, laquelle se met bien à l’avant est dûe à la

Base au réchauffement climatique ; c’est également « mère NATURE », qui se rebelle contre l’huma-nité toute entière. Cette situation est inédite pour les élèves, qui doivent s’adapter à de nouvelles

Consignes .

Ceci me fait également penser à l’écrivain Marcel PROUST du XIXème siècle par son écrit « la Madeleine de PROUST », qui est complètement l’antithèse de « la Peste » de l’écrivain Jean-Paul

SARTRE. Pourtant n’est-il pas vrai, que le soin, que nous apportons aux autres c’est véritablement la clé de notre condition humaine. De cette façon, j’ai appris et je me sui dit ; qu’il faut relativiser et

Essayer de voir « ce monde cruel » autrement. Quelle antithèse ce confinement dû à ce virus nommé

« CORONA », lequel circule à patits pas entraînant une maladie respiratoire considérable , avec ce

PRINTEMPS 2020 tellement resplendissant et ensoleillé. Nous constatons que notre chère NATURE

Reprend ses droits.  Ce COVID – ce maître dominateur de notre planète a engendré du confinement

Plus ou moins bien respecté. Malencontreusement, l’Italie et l’Espagne sont les pays les plus touchés.

Heureusement, que la Suède l’est beaucoup moins . Ce «CORONA » virus est bien plus virulent, que la grippe H1N1, laquelle j’avais contractée. Personnellement, je ne vis pas ce confinement comme une torture, mais plutôt comme « une libération » mal vécue. Pourtant, les populations défavorisées

Sont plus vulnérables, face à l’épidémie du CORONA virus.

Je ressens le confinement, comme étant une période incroyable et l’incertitude est improbable.

En conclusion, je peux l’affirmer, que le confinement et sa relative privation de liberté ont des impacts indéniables . Pourtant, ce problème universel est vécu par de nombreux d’entres nous de façon axiogène. Ce phénomène de confinement est ressenti par ma personne, comme un poids douloureux sur ma poitrine, lequel doit être surmonté au quotidien. Il faut donc sortir au plus

Vite de ce confinement, sinon je vais me transformer en taupe.

Pour conclure cet écrit, retenons juste cette citation de MONTAIGNE : « être à la hauteur des circonstances, c’est être à la hauteur de sa vie ». Restons réalistes et acceptons, que l’isolement est vécu comme une contrainte majeure. Le confinement est un événement, mais j’apprends à être réaliste, face à ce nouveau »dragon », qu’est le « COVID 19 ». Cette contrainte se traduit par une « fatique » nouvelle ouvet à la « paresse ».  Enfin, respectons tout simplement cette signifiante citation de BLAISE PASCAL : « l’homme seul retrouve DIEU » ; savoir donc rester seul dans une chambre ; savoir tout simplement transformer cette contrainte en JOIE.

M.-J. B.

Col bleu et cravate rougeâtre

05.00 :
Il est cinq heures, le quinquagénaire que je suis s’éveille. Je me suis levé aux aurores en espérant ne pas être vu. Mon épouse dormait à poings fermés en serrant l’oreiller de sa main droite ternie par le poids du temps qui passe. Notre berger australien s’étira avant de me serrer la pince. Son oeillade était malicieuse, presque joviale. La salle à manger était toute à moi. Machinalement, je me suis servi un thé vert avant de me préparer une omelette au fromage. Au loin, le centre pénitentiaire. En face, la joliesse crue –presque acerbe, d’un ruisseau aux gouttes de rosée sur l’herbe. J’ai commencé à manger en allumant le poste de radio sur le 105.5 FM. Les journalistes n’avaient d’yeux que pour lui. Il obsédait les professionnels et ceux qui, par la force des choses et la nature des évènements, voulaient devenir quelqu’un. J’ai commencé à laisser tourner la voiture en enfilant mes souliers marron achetés d’occasion chez un particulier des Vosges du Nord. Le moteur roucoule. C’est bon.

05.40 :
Je n’ai croisé personne. Pas une voiture sur un axe traditionnellement bouchonné dès l’aube. Je ne vais pas râler. Mes nouveaux collègues s’en chargeront déjà. Je ne suis plus très loin du parking. Un coup à droite, une épingle à gauche et une ligne droite longue comme le palmarès de l’Olympique de Marseille. Un chauffeur de poids-lourds immatriculé à l’Est s’est arrêté sur une aire de repos pour somnoler. Je suis allé à sa rencontre en lui déposant l’un des paniers garnis que j’ai préparé la veille en lui glissant une carte de visite. Je ne parle pas polonais. Il me remerciera plus tard. Quand tout ça sera fini, j’imagine qu’il me retrouvera. À nous deux, on passera la soirée de la saint-Didier à boire des Picon en dissertant sur le charme abscons des pays d’ex-URSS. Sa femme, Svetlana, Agnieszka ou Tatiana nous apportera à manger avant de sceller notre amitié nouvelle devant un feu d’artifice tiré sur les hauteurs de Gdansk. Enfin, je m’évade, je m’éparpille, et on est censé m’attendre. Plus que quelques mètres. En route !

06.00 :
J’ai garé ma Peugeot 208 à côté d’une Ford Fiesta grise. J’ai salué les collègues, de loin, en enfilant ma charlotte et des gants gracieusement donnés par la paroisse du coin. Les consignes sont claires. Production, production, production, pour limiter- au maximum- les pertes. La situation est particulière parce qu’inédite. Et, je ne sais si la boîte tiendra le coup. L’entreprise à déjà dû subir la perte du marché russe depuis l’embargo instauré par l’Union Européenne et une certaine défiance de quelques-uns de grands actionnaires. Enfin, on s’en sortira. “Impossible n’est pas français“ comme dirait l’autre. Comme dirait l’autre.

07.30 :
J’ai pris ma pause en dernier. On ne peut plus qu’être un à la fois pour sortir. Consignes d’en haut. Je dois m’y plier et prendre sur moi. Les banquets me manquent. Les remboursements des notes de frais, aussi. J’ai appelé l’une de mes collaboratrices afin qu’elle me tienne aux nouvelles. Il paraît que tout va bien. La France va mal, une épidémie est en train de mettre l’économie à feu et à sang, mais tout va bien. Les jeunettes, je vous jure !

09.00 :
Le patron est venu me voir pour me donner un croissant. Il essaye de tenir bon, mais je vois que tout ça le turlupine. Sa cravate d’ordinaire jaune avait laissé place à une noire portée de travers. Je l’ai écouté parler sans dire grand-chose. Mon domaine n’est pas celui d’un psychologue. Je laisse ça aux charlatans. Je suis retourné aux affaires en prenant soin de me laver les mains, une bonne quarantaine de secondes, avec du gel hydro alcoolique installé à côté de ma ligne de production. Les machines tournaient à plein régime. Il n’y en avait que pour elles. Leurs courbes, leurs odeurs, leurs bruits. Elles m’envoûtaient. Calmement, je me suis enivré de tout ça en reprenant le contrôle de mon objectif du jour. Les hôpitaux ont besoin de masques, de blouses, de tout. Je vais essayer d’y apporter ma petite contribution. Je ne promets rien, mais je vais essayer. “Quand on veut constamment, fermement, on réussit toujours“, comme dirait l’autre. Comme dirait l’autre.

10.15 :
Un fil s’est rompu et la machine est tombée en panne. Heureusement, le mécanicien est venu la réparer. Je ne connais trop son nom. Il a le faciès d’un Laurent, d’un Guillaume et porte la barbe façon Landru qui aurait rencontré de l’outillage. Je l’ai remercié chaleureusement en lui promettant de m’intéresser à la lettre qu’il m’a confiée. Une belle lettre que j’ai déposée sur une table attenante et que je regarderais pendant la visioconférence de cette après-midi. Je n’aime pas les réunions par l’intermède d’une webcam. Je préfère la lecture. Et ce courrier me réserve bien des surprises. Des bonnes, j’espère. J’ose le croire en tout cas.

11.45 :
Victoire est venue à ma rencontre en m’apportant un café chaud. Bien chaud. Trop chaud. En même temps, c’est le principe d’un café. Elle m’a interpellé sur ma façon de faire. À ses yeux, je me fatigue trop vite en reluquant les moindres recoins des coutures. Deux, trois coups d’oeil et ça suffit. D’autres sont là pour faire le travail, m’a-t-elle glissé. Elle pue le tabac froid et ses dents sont jaunies par les cigarettes de contrebande qu’elle doit sans doute acheter du côté de la frontière allemande. Elle m’est sympathique cette femme. Elle me fait penser à ma mère. En plus vivante, pour le coup.

12.55 :
J’ai presque fini. Je suis rentré dans les clous de la production. Ouf ! C’en était moins une. Ça fait trois semaines que je travaille ici, et j’ai l’impression de me sentir revivre. Revivre. Simplement revivre. Le stress des appels passés à la va-vite entre deux taxis a été supplanté par l’angoisse de ne pas réussir à atteindre les projets journaliers fournis par la direction. On est toujours stressé. C’est la vie qui veut ça. Et, sans doute, les conditions sanitaires encore plus. Sans doute. Peut-être. Sûrement.

13.15 :
J’ai déposé mes affaires dans un casier qui, quoi qu’il advienne, sera désinfecté de fond en comble par une petite main employée par une société privée. J’ai boutonné ma chemise jusqu’au dernier bouton avant de réenfiler ma cravate rouge. Je suis prêt. Mon complet bleu marine est le même que j’ai porté le jour de mon arrivée au Parlement. Comme un symbole. Comme un foutu symbole. C’est les habitants de la circonscription qui m’ont élu. Je peux bien travailler pour eux, non ? Un député, il paraît que c’est fait pour ça. Ça, c’est pour la théorie. Pour la pratique…

J.-C. K.

Chroniques du nouveau monde

“La situation a changé. Aujourd’hui, nous sommes en guerre“

Le ton était martial, presque belliqueux. Je veux partir à la conquête d’un idéal après avoir signifié, à ceux qui me sont chers, que je partirai bientôt. Bien tôt. Ma malle était sur le pas de la porte, prête à être soulevée en direction d’une destination que je ferai mienne. Ma femme m’a embrassé avant de m’enlacer. Tendrement. Passionnément. Avec ardeur. Elle avait la tristesse des grands jours. Sans doute a-t-elle peur que je ne revienne jamais du front. Sans doute. Peut-être. Sûrement. Ses yeux bleus ciel tranchaient avec son maquillage quasi-inexistant. Elle était belle. Sans artifices. Sans chichis. Sans éléments annexes. Elle était belle parce que femme. Simplement femme.

Nos deux filles dormaient encore. Le cadeau de la plus grande était disséminé près de la bibliothèque de style Louis XVI. Je ne veux pas les impliquer dans un processus que je ne comprends pas moi-même. Je vais bientôt partir au casse-pipe sans protections, sans masques, sans gants. Je pars au combat en étant nu. Nu comme un ver de terre. Nu comme un gamin qui sauterait dans le Lac Léman après un pari perdu avec celle qu’il tente, vainement, de conquérir. J’ai, soigneusement, déposé mon itinéraire dans la poche arrière droite de mon pantalon gris. Je vais devoir remplir mon attestation de déplacement dérogatoire, fraîchement récupérée sur le site internet du Ministère de l’Intérieur, avec un stylo à bille. Ça y est. Je crois que tout est prêt. J’ai réinstallé mon caducée sur le tableau de bord pour être prêt lorsque j’en aurais besoin. J’ai mis ma ceinture de sécurité avant de lancer le 105.5 FM. Le moteur commence à brailler. Je crois que c’est bon. Jamais, je n’ai vu aussi peu de monde sur la route. Calmement, j’ai profité de la joliesse de la départementale reliant Bitche, la mosellane, à Haguenau, la bas-rhinoise. Je suis passé devant le supermarché en constatant, benêt, que la maison de soins n’était plus très loin. Incessamment, je retrouverai mes collègues et les patients que je devrais soigner. Avant, je dois me perdre dans les allées de la grande surface. Ma petite dernière à anniversaire aujourd’hui. Et, un gâteau n’est jamais aussi bon que lorsqu’il est frais. Enfin, c’est une question de goûts. Je retrouverai mes malades, après. À la guerre comme à la guerre. De position ou de tranchées, seule compte la victoire. La belle, la grande, l’éternelle, victoire.

J.-C. K.

Ça n’arrive qu’aux autres

Je crois que les oiseaux m’ont réveillé vers sept heures du matin. Les restes d’une pizza industrielle cuite au feu de bois trônant au milieu d’une salle à manger en guise de rosée matinale. Le plus naïvement du monde, je me suis dirigé vers la cuisine en évitant soigneusement les jouets en bois jonchant un parquet fraichement ciré. Un mot avait été déposé à côté du journal du jour : “Prends soin de toi. On se reverra bientôt. Tu me manques déjà. Ta chérie qui t’aime fort, fort, fort“.

L’amitié n’est qu’un leurre. La bienséance des relations sentimentales, une hérésie. Je suis un célibataire qui s’assume. Je n’ai pas de chérie. Où suis-je ? Qui suis-je ?

J’ai continué mon chemin en découvrant les pièces de l’appartement. J’étais chez une inconnue qui, poitrine opulente et chevelure bleue, se laissait vivre comme bon lui semblait. 

Vivre. Vivre. Simplement vivre. Ça suintait la médiocrité et l’ignorance de partout. Les portes en PVC étaient rayées, et des masques blancs trainaient un peu partout dans une salle de bain refaite à neuf. Le confinement aura changé beaucoup de choses. Enfin, je dois trouver un moyen de sortir ici. Je chercherai les explications plus tard.

J’ai ouvert la fenêtre avant de l’enjamber. J’ai vu ma vie défiler –mes réussites, mes échecs- lorsque j’ai compris que je n’avais qu’à sauter depuis une botte de paille attenante. Je ne comprends plus rien. Camille Chautemps s’est installé près de moi en me demandant de lui remodeler sa fine moustache taillée à l’américaine. J’ai volé un vélo à Raymond Poulidor et me suis lancé dans l’ascension du col de Saverne. La foule m’acclamait. Des badauds scandaient mon nom en me jetant des fleurs. J’étais l’empereur d’une région qui ne veut plus connaître l’Empire. Rapidement, Jacques Chancel m’a posé quelques questions. Avant que Léon Zitrone ne fasse de même. Michel Drucker était là, pas trop loin, pas trop près. Je suis allé à Strasbourg en empruntant les voies sur berges. Marseille n’était maintenant plus trop loin. D’ici la tombée de la nuit, je contemplerai le football champagne depuis la Cannebière. De là, j’en profiterai pour découvrir les studios de la Victorine avant d’embrasser Brigitte Bardot avec une tendresse et une ardeur non dissimulée.

J’ai ouvert les yeux, victime d’un mauvais rêve ou d’un salutaire cauchemar. En sursaut, j’ai réussi à apercevoir le bras de l’infirmière. Puis sa jambe. Puis rien. Plus rien. Je divague, je m’éparpille façon puzzle. Je ne comprends plus grand-chose. J’ai des hallucinations, des rêveries bizarres depuis qu’on m’a diagnostiqué positif. Le confinement me rend fou. À moins que ce soit les médicaments. Peut-être les deux. J’ai rendez-vous cette après-midi avec le docteur. Une fois tout ça terminé, je sortirai bientôt. Bien tôt.

J.-C. K.

Albert et Sophie.

Albert et Sophie habitaient une petite maison en lisière d’un village alsacien. De sa cour on apercevait par beau temps clair le mont Saint-Odile, haut-lieu spirituel de la région et son cloitre. Les habitants de la région, en tout cas les plus croyants, allaient dans ce lieu pour des retraites de prières. Mais il y avait également un restaurant très fréquenté par les gens venus assister à la messe le dimanche et qui restaient sur place pour le déjeuner. Mais Albert et Sophie n’allaient plus depuis longtemps ni à la messe ni au restaurant. Sophie est très malade et complètement infirme. Elle était depuis des années atteinte de Chorée suite à des (RAA) Rhumatismes Articulaires Aigus qu’elle avait probablement contractée durant son enfance et qui n’avaient pas été diagnostiqués à temps. La maladie avait progressé jusqu’à la rendre tributaire du fauteuil roulant. L’évolution avait été rapide et Albert devait aider Sophie dans tous les compartiments de la vie que ce soit pour aller aux toilettes, la laver et lui donner à manger. Elle souffrait de mouvements involontaires des bras et des jambes qui sont des symptômes de la chorée. Elle se mettait également à grimacer et avait tendance à pleurer pour un oui ou un rien. Par-contre elle était très claire dans la tête et vivait très mal sa maladie. Ils avaient maintenant tous les deux, dépassés la soixantaine et commençaient tous les deux à être très fatigués.

Albert s’occupait de son jardin lorsque Sophie était devant la télé, confortablement installée dans un fauteuil datant de ses parents et qu’elle aimait particulièrement. Il y cultivait des tomates, salades vertes, poivrons, courgettes et autres haricots. Il avait également un petit verger de 6 ares à l’extérieur du village sur lequel il entretenait précieusement deux quetschiers, un mirabellier, un pommier et un très beau cerisier. Il fauchait régulièrement l’herbe qui y poussait et la donnait à un voisin qui élevait des lapins. Une fois l’an celui-ci leur offrait un beau lapin qu’Albert cuisinait avec amour. Entre son verger et le chemin il poussait un majestueux noyer qui quasi chaque année produisait beaucoup de fruits. Albert et Sophie n’en mangeaient que très peu mais il les ouvrait et les donnait aux oiseaux en hiver. Il arrivait parfois que Albert rentre du verger avec un léger bégaiement qui transparaissait. Sophie savait alors qu’il avait rencontré un copain et que tous les deux étaient allé boire un demi de sylvaner aux 3 faisans. Ce bar et petit restaurant était situé près de l’église du village. Dans le temps lorsque Sophie était encore autonome Albert y allait le samedi en fin d’après midi pour taper une belote avec trois copains. Ceci m’amène à une réflexion que nous avons toujours eu mes amis et moi. Si, dans un village tu cherches un restaurant, diriges-toi toujours vers le clocher de l’église. Avec certitude, tu trouveras un restaurant ou au minimum un bar.

Ils n’avaient eu qu’un seul enfant et ce fils qui avait maintenant 30 ans vivait avec sa femme et ses deux enfants en Guadeloupe où il occupait un poste important dans l’administration. Son épouse quant à elle, était professeur de mathématiques. Leurs deux enfants grandissaient. L’ainé, un garçon avait 6 ans et sa petite soeur 4 ans. Une année sur deux ils venaient en vacances en France et passaient un moment avec leurs parents. Mais l’année suivante c’était la Nouvelle-Calédonie, d’où leur belle-fille était originaire. Ils allaient alors dans sa famille à elle.

Le dimanche ils avaient parfois la visite de voisins ou encore d’amis et parfois de la famille. Albert et Sophie les recevaient toujours avec plaisir car ils aimaient bavarder et cela permettait à Sophie de se changer les idées. Il y avait toujours quelques petits gâteaux ou encore des tartes de saison qui accompagnaient le café ou encore le petit verre de vin blanc d’Alsace qui provenait d’un village voisin. Le vignoble poussait dès la sortie du village et le sylvaner, le

riesling et le pinot blanc étaient excellents et fort appréciés par la population locale. Le sylvaner de cette partie de l’Alsace était particulièrement réputé et beaucoup de familles le préconisaient pour tout ce qui était choucroute, poissons ou coquillages. Il était également bu en apéritif mais pour accompagner les desserts ou le café de l’après-midi on servait du riesling ou alors du gewürtztraminer.

Depuis quelques temps Sophie allait de plus en plus mal. Sa maladie avait progressée et la faisait souffrir. Le médecin de famille avait décidé, il y a déjà quelques mois que Sophie serait hospitalisée, pour un moment dans une maison de retraite s’occupant de personnes entièrement dépendantes. Ces maisons spécialisées étaient les bienvenues pour les familles qui parfois avaient besoin de souffler. C’était le cas de Albert et Sophie était depuis une semaine dans cet établissement situé à une dizaine de kilomètres de leur village. Albert y allait alors tous les deux jours mais seulement durant une heure en accord avec le médecin de famille qui tenait à ce qu’il se repose et qu’il ne passe pas ces journées avec Sophie à la nourrir et à l’emmener aux toilettes.

Les médecins ont prévenu Albert que Sophie risquait de développer une possible cardite et qu’une valvule cardiaque pouvait être atteinte. Cela pouvait à terme nécessiter une intervention chirurgicale. Albert eu beaucoup de mal à surmonter cette annonce et il se demanda alors, que faire ?

Ils avaient parlé à de nombreuses reprises d’une prise en charge dans un établissement spécialisé comme un EHPAD (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes) mais ils n’avaient jamais franchi le cap de la discussion. Il y avait bien une maison de retraite dans une petite ville à une dizaine de kilomètres mais les places étaient rares et il fallait la plupart du temps un coup de pouce par un des administrateurs politiques de l’établissement. Et puis comment envisager une séparation après plus de quarante ans de vie commune ? Aucun des deux ne pouvait se l’imaginer pour le moment.

Sophie rentra de l’hôpital la semaine suivante. Albert était tout content car il avait à nouveau sa femme auprès de lui et au moins il ne marmonnerait plus seul dans son coin. D’un autre côté il ne pouvait plus non plus faire ce qu’il voulait. Il était à nouveau coincé à la maison. Il ne lui en fallut pas plus pour commencer à déprimer et à se plaindre mais il restait zen devant Sophie en essayant de ne rien lui montrer. Un jour il se surpris à penser à une affreuse chose et il s’en voulu de suite. Et si Sophie mourrait maintenant ? Elle serait soulagée de sa terrible maladie et lui de ce qu’elle entrainait. Mais il s’en est voulu car ce genre de pensée, terriblement égoïste ne lui était jamais venue. Il aimait Sophie depuis toujours et il l’aimait toujours encore. Il n’y avait aucune bonne raison pour qu’elle disparaisse.

Puis après des mois Sophie, après avoir pris son petit déjeuner se mit à vomir et n’arrivait plus à répondre aux questions qu’Albert lui posait afin de savoir si elle avait mal quelque part ou si elle se sentait simplement mal. Il appela le médecin qui arriva une demi-heure plus tard car il était en consultation dans un village voisin. Le diagnostic fut vite posé. Sophie avait fait un accident vasculaire cérébral, un AVC comme on avait l’habitude de dire. Très vite le médecin de famille appela le SAMU et Sophie fut transférée dans l’hôpital voisin où les médecins la connaissaient. Et le diagnostic fut très rapidement confirmé : AVC. Albert compris alors que le malheur le frappait à nouveau. Mais qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour qu’il me punisse de telle manière ? C’est une question qu’on se pose lorsqu’on est malheureux ou malchanceux même si on ne croit pas en Dieu. A ce moment-là on se met à prier alors qu’on trouvait cela ridicule ou au moins inutile le reste du temps. Tout d’abord Albert ne voulut pas appeler Jean son fils mais devant la gravité de la situation il le fit tout de même et celui-ci vint en urgence voir sa maman. Il resta deux jours avec son père et alla voir les médecins qui lui dirent que sa maman était hors de danger mais que maintenant elle allait devoir passer des examens

complémentaires afin de voir quelles étaient les lésions causées par l’AVC et quelle pouvait être la suite du traitement. Jean reparti de suite et Albert se trouva à nouveau seul. Mon Dieu cela devenait encore plus déprimant que lorsque Sophie était à la maison mais que faire ? Et pour la première fois Albert pensa à la mort, à sa mort à lui. Et si je me supprimais ? Est-ce que je ne serai pas délivré ? Mon Dieu mais qu’est-ce que je pense là, se dit-il ? Je n’ai pas le droit et de toute manière Sophie aura encore besoin de moi. Je m’en veux de cette horrible pensée mais le mal était là. Le ver était entré dans le fruit, comme on dit. La pensée de la mort d’un des deux ou des deux ne le quittait plus.

Maintenant la vie était triste dans la petite maison du bout du village. De moins en moins de visites sonnaient à la porte et jamais aucune voiture, mise à part celle du médecin ne s’arrêtait. Albert continuait à s’occuper de son jardin mais il l’avait considérablement réduit. Il trouvait tous les samedis une excuse auprès de ses copains afin de ne pas venir jouer aux cartes. Pourtant il s’occupait toujours aussi bien de Sophie, des courses, de la cuisine et du linge. Sophie lui a proposé de prendre une femme de ménage ou une aide à la toilette de Sophie mais il avait obstinément refusé. Il disait que temps qu’il pouvait il s’occuperait de sa femme, par contre le ménage commençait à lui peser.

Un jour Albert, en rentrant des courses et après avoir garé sa petite voiture trébucha contre une pierre dans la cour et il fit une chute assez mauvaise car en se relevant il sentit une violente douleur à la cheville. Durant deux jours il se soigna avec des anti-douleurs mais celle-ci ne passa pas. Vint alors la visite hebdomadaire du médecin auprès de Sophie et il vit que Albert boitait bas. Après l’avoir examiné il lui dit que s’il ne faisait pas de radio cela ne s’arrangerait pas. Il lui fit une ordonnance mais Albert mit encore 3 jours avant de se rendre au cabinet de radiologie de la petite ville voisine. Le diagnostic était sans appel, grave entorse de la cheville qui nécessitait une immobilisation par plâtre ou au minimum une chevillère et une importante réduction d’activités.

Albert du alors se résigner à accepter de l’aide. Une infirmière vint tous les jours deux fois pour le lever et le coucher de Sophie ainsi que pour les soins et la toilette. De plus Albert avait accepté une aide-ménagère deux fois par semaine pour faire les courses et le ménage. Elle s’occupait également du linge au moins pour l’étendre et le plier et repasser une fois sec. Du coup cela plu à Albert et il demanda, à ce que cela continue même une fois sa cheville guérie. Etant donné l’état de santé de Sophie cela ne posa aucun problème et l’aide-ménagère fut même augmentée à 3 fois par semaine.

Marguerite, l’aide-ménagère, infirmière urgentiste à la retraite depuis quelques années était originaire du même village que le couple et elle venait à pied ou à vélo jusqu’à la petite maison. Lorsqu’elle venait Albert se sentait revivre et il papotait jusqu’à empêcher Marguerite de travailler. Celle-ci avait tout son temps et parfois elle revenait les après midi pour finir le travail qu’elle avait commencé le matin. La vie s’écoula alors un peu plus agréablement pour Albert et par conséquent aussi pour Sophie avec laquelle l’aide-ménagère parlait également chaque fois qu’elle entrait dans sa chambre. Sophie s’était même vu commander Marguerite pour certains travaux notamment concernant le linge de la maison. Elle essayait également de donner un peu de plaisir et de mettre un peu de gaité dans le couple qui en avait bien besoin. Un jour elle rappela à Albert que dans le temps il allait régulièrement à la chasse avec son mari et celui-ci se ferait un plaisir de l’y emmener à nouveau.

Content de ce changement dans la routine Albert ressorti son fusil de chasse auquel il n’avait plus touché depuis plusieurs années. Il le nettoya consciencieusement et y passa une huile spéciale. Mais il ne retrouva plus aucune cartouche. Il se souvint alors qu’il en avait fait cadeau à un voisin lorsqu’il a arrêté d’aller à la chasse. Il y avait renoncé non seulement à cause de Sophie mais aussi parce qu’il ne pouvait plus tuer un animal. La dernière biche qu’il avait tirée

lui a fait mal au coeur lorsqu’il a vu son regard, même morte. Il a eu l’impression qu’elle lui demandait : mais pourquoi ? Il se dit alors qu’il irait avec le mari de Marguerite mais qu’il ne tirerait pas. Il emmènerait son fusil mais sans rien dire il ne le chargerait même pas. Arthur, le mari de Marguerite lui proposa d’y aller un mercredi lorsque cette dernière serait chez Sophie et qu’elle pouvait donc s’en occuper.

Le jour de la chasse arriva et Albert se réjouissait d’aller une demi-journée entière dans la nature. De toute manière, il ‘eut à aucun moment l’occasion de tirer, ce qu’il n’aurait pas pu faire sans cartouche. Une fois rentré chez lui il rangea le fusil mais pas trop loin, si jamais il était à nouveau invité par le mari de Marguerite. Il prit cependant la précaution de le ranger en hauteur afin que personne ne se cogne contre et le fasse tomber.

Les jours passèrent et un après midi Albert était assis dans son fauteuil préféré, à côté de Sophie. Généralement les deux faisaient une petite sieste et c’était pour Albert le meilleur et le seul moment de repos dans la journée. Ce jour-là il ne dormait pas et était pensif, il avait devant lui sur l’armoire le fusil et il le regardait intensément. Il réfléchissait à ce que leur réservait l’avenir et il savait que ce ne serait pas rose car Sophie serait de plus en plus impactée par sa maladie et que lui vieillissait irrémédiablement. Il pensait : mais qu’allons-nous devenir ? Allons-nous nous dégrader de plus en plus ? Et le jour où je ne pourrai plus m’occuper de mon épouse que faire ? Irait-elle en maison de retraite ? Et lui ? Non, il se dit que pour lui c’était hors de question de se laisser entrainer dans un mouroir.

Les jours suivants les réflexions qui le menèrent à penser à une mort choisie au moment choisi, ne le quittaient plus. Qu’allait-il faire ? Les réponses appartiennent à chacun. Nous sommes tous, à un moment ou un autre, amenés à penser à la mort. Dans ce genre d’histoire serions-nous assez courageux pour choisir le moment de notre mort ? Il en est de même lorsque l’on vit seul. Si la maladie nous mène vers des situations de dépendances soit à la famille soit en institution, vaudrait-il mieux choisir la mort que nous désirons ? Malheureusement on ne meurt pas toujours tranquillement au cours de son sommeil. Alors aurions-nous ce courage ?

Chacun dira et fera ce qu’il veut. Chaque cas est différent et chacun est libre de choisir. Alors choisissons. Albert n’a pas choisi, il s’est éteint quelques années plus tard dans son sommeil alors que Sophie venait tout juste d’intégrer une institution spécialisée qui l’accompagnerait vers une mort qu’elle n’aura pas pu choisir.

P. K.

Vivre autrement

Il est six heures. Frédéric saute du lit avec entrain. C’est un nouveau lundi qui commence, prémices d’une nouvelle semaine bien remplie. Comme à son habitude, il se dirige vers la cuisine d’un pas assuré, pour y faire couler son café. Puis il se rend dans son dressing pour récupérer sa tenue du jour, qu’il a préparée avec le plus grand soin la veille au soir. Ce grand ténébreux apprécie sa vie très rythmée de parisien. Pas une seconde d’ennui. Journaliste mordu de mode, son travail le fait voyager aux quatre coins du globe. Tokyo, New York, Berlin, … plus aucune capitale n’a de secret pour lui. Et quand il est en vacances, il en profite pour visiter toujours plus !

Pendant ce temps, à l’autre bout de la France, Clothilde peine à s’extirper de son lit. Pourquoi se faire violence de si bon matin, quand on a son lieu de travail si proche de la maison. Tellement proche, dit-elle tous les jours pour se rassurer, je suis large ! Pourtant, Clothilde a beau être large, elle court tout le temps. C’est sans compter sur ses deux jeunes garnements, qui vont encore dépenser toute leur énergie à la mettre en retard. Pour cette jeune secrétaire de vingt-huit ans, il n’est pas question de se reposer le matin ; il faut préparer les petits et les déposer à l’école avant de filer au bureau. Clothilde se plaît beaucoup dans cette vie à la campagne, car elle ne s’ennuie jamais. Elle possède une grande propriété, une grande maison avec une super cuisine et une bibliothèque gigantesque. Mais elle n’a malheureusement jamais le temps d’en profiter.

Frédéric et Clothilde mènent deux vies très différentes. L’un habite en ville ; l’autre à la campagne. Elle est maman de deux enfants ; il est célibataire de longue date. Il arrive pourtant qu’ils se plaignent. Mais comme dit Frédéric : « tant que je me plains, je suis en pleine forme ! ». Leur routine les pèse de temps à autre. Beaucoup de stress, ce n’est pas toujours si simple.

Mardi matin. Depuis quelques semaines, une forte épidémie se propage dans le pays depuis quelques semaines. Des mesures de confinement sont prises par le gouvernement. La population est obligée de rester chez elle le plus possible pour pouvoir venir à bout d’un virus provoquant de nombreux décès.

Frédéric court au bureau, rassemble ses dossiers, ses stylos et son ordinateur. Dans les bureaux, personne ne parle, tout le monde s’évite. La situation est particulière, totalement inédite. En revenant chez lui, il installe son poste de travail dans une des pièces de son petit appartement non loin de la tour Eiffel. 

De son côté, Clothilde doit rester chez elle. Elle ne peut pas aller travailler, le garage de contrôle technique dans lequel elle a été embauchée il y a six mois est fermé. Aussi, elle va s’occuper de ses enfants. L’idée de ne pas sortir et de rester toute la journée avec ses enfants la terrifie un peu. Chacun va devoir changer son mode de vie, tout le monde va devoir s’adapter.

Une semaine après l’annonce du confinement, Frédéric se sent seul chez lui, il ne parle et voit personne. Le télétravail ne le motive que très peu : sans les collègues ce n’est pas pareil ! Il passe son temps à réfléchir, à broyer du noir, à regarder les informations qui le rendent de plus en plus mal. La connexion internet n’est pas bonne, trop de personnes sont connectées en même temps, il se lasse de regarder l’écran de son ordinateur qui rame.
Pour Clothilde, ce n’est pas plus facile. Les enfants ont de l’énergie à revendre, elle ne suit plus.
Elle ne supporte pas les cris et ne sait comment les occuper. Elle qui ne cuisinait jamais, et qui n’aime pas cela, doit désormais cuisiner tous les jours pour ses enfants. Et bien sûr, la maison étant mise sans dessus dessous par ses petits malins, elle passe son temps à ranger. Tous les soirs, elle est bien plus fatiguée que lorsqu’elle va au travail.

Cela fait maintenant deux semaines que Frédéric et Clothilde sont confinés. L’appartement de Frédéric n’a jamais été aussi propre. Il découvrit également la super vue qu’il a depuis sa fenêtre. Une vue époustouflante sur la tour Eiffel. Il comprend désormais pourquoi son loyer et si élevé ! Pour les courses, il s’est mis au drive. Il passe son temps à vérifier si un créneau se libère pour chercher ses courses, cela l’occupe ! Il continue le télé travail. Au bureau il est bien plus productif mais dans ce contexte particulier il fait ce qu’il peut. Dans le couloir de l’immeuble il a écrit un mot à l’attention de tous les geeks « Jouez la nuit pour que je puisse travailler le jour ! ». Lui qui n’avait plus beaucoup de contacts avec ses parents, dorénavant il les appelle deux fois par jour. Il ne peut plus partir en vacances dans d’autres pays, donc il voyage autrement. Il s’évade devant des documentaires tels que « rendez-vous en terres inconnues » ou « échappées belles ». Finalement, sa vie s’organise autrement. Il n’a jamais eu autant de temps pour lui, il trouve cette façon de vivre très agréable. Il passait à côté de tellement de choses avant !

Clothilde s’organise aussi. Elle a lu la moitié des livres se trouvant dans la bibliothèque. Tous les matins elle aide ses enfants à faire leurs devoirs d’école. Cela lui permet de passer du temps avec eux, ce qu’elle ne faisait jamais avant et surtout, elle s’est rendu compte qu’il était primordial qu’elle se remette à faire des dictées ! La maison n’a jamais été aussi sale, mais elle s’est résolue à la nettoyer après le confinement. Sa priorité était de profiter de ses enfants et de moments pour elle. Elle qui passait son temps à critiquer les professeurs, aujourd’hui elle leur tire son chapeau ! Que d’énervement sur les fractions quand les mômes remettent tout en cause et qu’elle finit par se perdre elle-même ! La propriété n’a jamais été aussi utilisée que depuis l’annonce du confinement. Entre la balançoire, les parties de football et tous les jeux qu’ils inventent pour s’occuper, l’herbe se trouve beaucoup plus abimée qu’auparavant. Et elle, pour ne plus entendre les enfants, passe son temps à tondre la pelouse, à tel point que l’extérieur est comparable aux jardins imaginés par André Le Nôtre.

Au final, le confinement n’est pas si contraignant.

F. M.

Oublier

Oublier les petits tracas du quotidien
Oublier un mot un geste qui t’a fait mal
Oublier d’avoir peur pour demain
Oublier ce monde pas tout à fait normal
Ne pas oublier de tendre la main
A cet étranger dans le besoin
Ne pas oublier un sourire
A un inconnu, le lui offrir
Oublier la tempête et le froid
Oublier le brouillard qui tombe parfois
Oublier les mauvais souvenirs
Oublier quand il n’y a plus rien à dire
Ne pas oublier ceux que tu as vu partir
Qui peut être ne vont jamais revenir
Ne pas oublier de partager un repas avec toi
Ne pas oublier le sens du mot joie
Oublier tout ce que tu veux
Ne pas oublier d’être heureux
Oublier peut être un rendez vous
Ne pas oublier de penser à vous

B. E.

Je vais mourir demain

C’était pourtant une belle journée ensoleillée, le serveur énorme et fainéant n’était pas là.
«Je vais mourir… bientôt», dit la dame à la table à coté.
A qui le disait elle ?
A moi, à lui, a qui voulait l’entendre ?
«J’ai cinquante ans et je suis foutue»
Moi aussi j’aurai bientôt cinquante ans et je suis un peu au creux de la vague, pas de la même vague.
«Je veux qu’on me foute la paix, le psychologue l’a dit, il faut qu’on me foute la paix»
Moi aussi j’aimerai qu’on me foute la paix , juste le temps d’un café, qu’on me laisse regarder les belle filles qui passent, qu’on me laisse écouter la fanfare improvisée par 3 saltimbanques roumains qui font la manche malgré l’interdiction du garçon de café.
«A paris ils m’ont laissé crever de faim, les garçons du FOUQUET’S, ils m’ont balancé des seaux d’eau»
Je n’ai jamais été au FOUQUET’S, je n’ai jamais crevé de faim, je n’ai jamais reçu de seaux d’eau.
Je me demande quelle aurait été ma réaction si elle avait 20 ans de moins et un silhouette de rêve.
«J’ai cinquante ans et je vais mourir bientôt, je veux qu’on me foute la paix»
Elle s’en est allé, son corps traînant toutes le misères du monde.
Elle s’en est allé avec son sac à main d’un autre temps, sa jupe mi longue, ses chaussettes de laine et ses certitudes.
Elle s’en est allé laissant la moitié de sa bière.
Elle s’en est allé me laissant un peu de sa déprime…

B. E.

Printemps

Les jours rallongent peu à peu
le gris laisse place à la couleur
les jours rallongent peu à peu
Dans l’air il y a milles odeurs

La vie reprend ses droits
L’impatience me gagne
Je regarde la chevauchée des chamois
A flan de montagne

Alors il est temps de tout changer
Enfin sortir de sa bulle
Organiser une manifestation de libellules
Pour aider les gilets jaunes fatigués

Le canard qui plonge dans la marre
Tout à coup se marre
En voyant un oeuf couleur rubis
Au fond de son nid
En fin c’est le printemps
Il est temps de faire autrement

B. E.

 Quelle drôle d’année. 

Il marchait dans les rues vides. Elles ne le seraient plus très longtemps car dans 1 heure les élèves allant à l’école se lèveront et se retrouveront dans les rues du village tout comme lui avec leur cortège de bruits, de cris et parfois même de chants. Hugo se rendait à son atelier car il était menuisier depuis de nombreuses années. L’atelier se trouvait non loin de sa maison et tous les matins Hugo profitait de ce moment durant lequel il était seul dans les rues. Il écoutait alors les bruits de ses congénères se réveillant. Il entendait des volets qui s’ouvraient, des robinets qui coulaient ou encore des voix qui s’interpellaient grâce à des fenêtres qui commençaient à s’ouvrir dès les premières heures. 

Nous étions au printemps les oiseaux chantaient et les premières violettes étaient apparues le long des chemins. Hugo reconnaissait le chant des merles, des rougequeues et des mésanges qui animaient les jardins et les rues de sa petite ville. Les premières hirondelles étaient revenues et volaient entre les anciennes étables désespérément vides de bétail mais aussi d’insectes qui entraient dans son régime. Elles étaient de moins en moins nombreuses et Hugo se souvenait lorsqu’elles étaient des nuées entières à arriver au printemps. Elles volaient alors en zigzagant dans le ciel à des altitudes diverses parfois. Un voisin faisant partie des anciens disait que lorsque les hirondelles volaient bas il y aurait de la pluie. Hugo s’était rendu compte à plusieurs reprises que ces anciens semblaient avoir viser juste à raison. 

Cela faisait maintenant plusieurs jours qu’il ne s’était pas rendu sur un chantier. Il fabriquait depuis plusieurs semaines des fenêtres dans son atelier en compagnie de ses patrons et collègues. Ils étaient une petite dizaine et sous leurs casques antibruit ils n’entendaient plus que les bruits sourds de leurs machines qui tournaient à un rendement effréné. Il pensait alors à tous les bruits qu’il avait entendus le matin avant d’arriver à son travail. Ses collègues dont Charles, homme ventripotent et sympathique, se soutenaient tant qu’ils pouvaient. 

Et puis un matin tous ces bruits s’étaient arrêtés. Plus de volets qui s’ouvraient, plus de robinets qui coulaient et surtout plus de voix entendues derrière les fenêtres désespérément fermées. On n’entendait plus que les oiseaux qui n’étaient pas touchés par cette restriction que son gouvernement avait mis en place. La réaction des gouvernants avait été trop longue à se mettre en place face à cet agresseur venu du levant. On appelait cela un virus et les chercheurs lui avaient donné le nom de Covid19. Il était particulièrement virulent et tueur et il fallait donc réutiliser le mot confinement. Juste au moment où le soleil était à son zénith et que commençait l’été. 

Maintenant Hugo avait dû apprendre à vivre confiné chez lui dans sa demeure. Et ce confinement il fallait le passer avec sa famille qui n’était pas loin d’être nombreuse. Non seulement il y avait son épouse Lucie et ses 3 enfants mais Marie, sa mère vivait avec eux depuis quelques temps déjà. Celle-ci aurait aimé se rendre chez sa fille dans la grande ville voisine et avait déjà préparé sa valise. Heureusement derrière la maison il y avait leur petit jardin avec 2 arbres et un petit potager. Hugo était habitué à voir du monde, ses collègues, ses patrons et ses clients. Et il connaissait quasiment tout le monde dans sa petite ville. Il en était originaire et tous ses amis vivaient très près de lui. Mais comment vivre sans le contact 

de tout ce petit monde qui lui permettait de s’accrocher à sa vie d’ouvrier, parfois très difficile selon les circonstances économiques. Il allait parfois chez l’un ou l’autre réparer une fenêtre, raboter une porte ou encore changer une planche dans un appentis. Maintenant il n’avait plus rien de tout cela et il se réfugiait alors dans son jardin. Il y avait aménagé un petit coin avec un banc et de là il pouvait observer les oiseaux qui venaient se baigner dans la soucoupe qu’il avait mise à cet effet. Hugo était vertueux et aimait à se rendre dans la petite église du village afin d’assister à la messe. Ici il pouvait prier la vierge tant qu’il voulait. 

Durant quelques semaines Hugo vivait tranquillement dans sa maison avec sa famille mais également dans son jardin. Lorsqu’il venait se réfugier là, il pensant à l’avenir. Qu’allions-nous trouver comme monde après ce long confinement ? Y aurait-il à nouveau du travail ? La menuiserie avait une bonne réputation et Hugo était presque sûr que son emploi était pour ainsi dire protégé et non vulnérable. Mais qu’en serait-il pour tous les autres ? Retrouveraient-ils leur usine, leur magasin ou leur chantier ? Ses rêveries étaient particulièrement négatives lorsqu’il pensait à tout cela. Il n’y avait que dans les moments où les oiseaux se mettaient à chanter autour de lui qu’il redevenait positif. Il marchait de long en large dans ce petit jardin et ses pas devenaient progressivement bien marqués dans la végétation. Lorsqu’il s’en rendit compte il se dit qu’il devenait animal. Ce genre de marques on les retrouve dans un pré avec des chevaux ou alors dans les coulées des animaux sauvages dans la nature comme les cerfs ou les ours. Alors il se dit qu’après tout il pouvait aller marcher dans la nature. On avait le droit d’une sortie par jour avec un laisser-passer. 

Les semaines passèrent et Hugo devait maintenant commencer à penser à retourner à son travail. Les journées étaient chaudes et ensoleillées et rien de mieux que de retrouver ses collègues et surtout les clients. Mais les tristes mines de ses patrons ne lui dirent rien de bon. En effet un grand nombre de clients n’étaient pas encore sortis de leur confinement et n’avaient pas envie que des ouvriers viennent chez eux avant un laps de temps qui risquait de durer. Il fallait pourtant vendre le stock de portes et fenêtres si la situation devait s’arrêter de vaciller. Très rapidement l’automne arriva avec son climat gris et nuageux. Les gens en général faisaient la même figure que la météo. Certains avaient beau essayer de les rendre joyeux avec des blagues et des bons mots. Mais le second degré ne passe pas vraiment chez beaucoup de personnes. 

Les feuilles commençaient à tomber des arbres, emportées par le vent. Les hirondelles étaient en grande majorité déjà reparties vers un climat plus chaud bien plus au sud. Les premières oies arrivèrent du grand nord et avec elles le froid et la neige. Les traces des promeneurs commençaient à être recouvertes de ce beau manteau blanc. Chaque saison qui passait vous signifiait que vous commenciez à vieillir. De moins en moins de gens étaient atteints du virus et il n’en mourrait plus guère. Lorsque l’on allait dans les grandes surfaces on avait l’impression que tout était déjà oublié. Mais attention au virus qui dort, en fait il ne fait que sommeiller. 

Un matin Hugo se réveilla avec une drôle de sensation dans sa gorge. Il avait envie de tousser et un satané mal de tête lui dit qu’il serait peut-être mieux de rester au lit. Sa vue commençait à vaciller dès qu’il ouvrait les yeux. Lucie alla lui chercher le thermomètre. Le verdict tomba rapidement : 39,2°. Alors Hugo et Lucie eurent peur. 

Serait-il toujours là ? 

P. K.

Nature, réveille-toi

Je vous attends depuis mon balcon
Quand est-ce que les bourgeons fleuriront ?
Un paysage sans vie
Des teintes encore endormies
Il me tarde de vous admirer
De respirer votre odeur parfumée
Quand est-ce que les bourgeons fleuriront ?

N. D.

Je change sans le vouloir

J’ai perdu mon imagination, mes émotions, mon envie de créer. On a enfermé tout ça. Lorsqu’enfin on me donne du temps, j’en perds mes mots. Rien ne peut sortir. Peut-être faut-il s’acharner. Peut-être faut-il s’inspirer. Le monde autour de moi est inaccessible, ma seule raison d’être devient intouchable. Quand est-ce que cela s’arrêtera ? Nul ne sait, combien de temps encore, mon inspiration restera confinée.

N. D.

Doux rêve de liberté

Procrastiner
Même en étant confiné
Ça c’est pour les pas doués
Moi j’ai un planning bien rôdé.
Déjà la veille,
Je règle mon réveil
9h30, la journée commence.
Petit jus, yoga, je me lance.
Après un tour dans la salle de bain,
C’est parti les cours d’italien.
L’après-midi c’est trompette,
Activités créatives, et nouvelles recettes.
Jour après jour
Ce schéma se répète
Jusqu’à ce que ça devienne lourd,
J’ai soudain l’âme d’un poète.

Voilà que le temps est long.
S’en va aussi l’excitation
De ne plus avoir de travail
De manier mon propre gouvernail
Mais j’aimerai sortir, voyager
Mais malheureusement je suis confinée
La triste vérité,
C’est que je reste assise toute la journée

A regarder des images s’animer
Et observer les flics passer.

Une lettre de motivation
Des idées de dessins à foison
Ce sera pour demain
Je me reprendrai en main !
Une journée bien remplie
Le poids de l’ennui amaigri !
Mais demain c’est samedi…
Je reprendrai lundi.

Pendant le confinement,
Faut pas se voiler la face
J’ai la flemme comme avant,
Je n’aurai pas été efficace.

N. D.

Sans titre

si précieux aujourd’hui 
un cadeau infini
nous a été donné 
avez-vous prit le temps de l’apprécier
c’est là que tout démarre
quand on ralenti l’histoire  
qu’on savoure enfin le temps
qu’on reprend son élan 
étonner de se retrouver
son rythme l’épouser
ouvrir cette porte ombragée
celle qu’on ose trop rarement pousser  
son nom l’avez-vous devinez 
oui bien-sûr c’est la créativité
donner vie à des idées insolentes
écouter les rêves qui nous tourmente
des folies qui s’éveillent au creux de soi-même
les écrire pour en faire des poèmes
chanter chanter de nouvelles directions
goûter goûter de nouvelles décisions
changer changer le fil de l’action

S. G.

Le changement

En cette période de trouble anxiogène, aucun terme ne sied mieux pour décrire ce dernier que le changement. «Le changement, c’est maintenant!». Tels étaient les mots énoncés par François Hollande au moment de la campagne présidentielle de 2012. Nul doute que notre ancien président n’aurait pu imaginer le caractère ô combien prophétique que revêtirait son allocution… Pourtant, le changement peut imposer sa présence sans y avoir été invité à travers des aléas pour lesquels nous n’avons pas toujours la mainmise. Car aussi vrai que nous possédons la capacité de le solliciter, le changement peut trouver son chemin vers nous, indépendamment de notre volonté propre. Quelle que soit sa nature, le tourbillonnement inéluctable du changement vient briser le marbre de certitudes que l’on pensait intangibles. Il éveille notre conscience, nous conditionnant à quitter les sentiers balisés si rassurants de notre paisible zone de confort. La façon dont nous percevons ce changement diffère grandement selon notre individualité, ce qui définit notre propre humanité. Porteur de sens pour les uns, inéluctable fatalité pour d’autres, le changement marque une indubitable rupture en nous invitant à réinventer notre perception du quotidien, notre perception de nous-même. Il peut induire un rééquilibrage complet de nos habitudes de vie, entrouvrant de nouvelles portes vers des perspectives jusqu’alors insoupçonnées. Mais encore faut-il pour ce faire disposer de toute l’humilité requise afin de faire nôtre le bouleversement intérieur que ce changement suppose en chacun(e) de nous. Accepter de rompre le voile de nos oeillères et de nos idées préconçues pour ainsi mieux laisser porter notre regard intérieur vers des horizons nouveaux. Un effort intellectuel et émotionnel d’une évidence cependant toute relative. Car déstabilisant, oppressant, le changement peut également induire le déni total d’une réalité pourtant objective que l’on se refuse néanmoins à considérer, à assumer. Par manque de volonté, de courage, par lâcheté parfois. L’incertitude du lendemain peut s’avérer source d’une indicible angoisse nichée au plus profond de notre être. L’abandon de notre précieuse routine, l’effroi de s’égarer sur des chemins obscurs et inconnus, constituent tout autant de raisons propres à révéler ce que l’humain peut posséder de plus primaire, de plus égoïste. Les conséquences du changement peuvent s’avérer transitoires comme définitives. En cela dépend notre capacité à reconsidérer nos acquis, en tirant pleinement profit des enseignements auxquels nous pouvons nous trouver confrontés. Le danger demeure ainsi grand de s’estimer invulnérable face au changement. L’Histoire regorge d’autant de drames humains à la mesure du bon sens et de la responsabilité individuelle n’ayant su les anticiper. Car il est bien connu que l’Homme dispose d’une mémoire courte. Pourtant, il suffirait parfois d’un rien pour que l’héritage collectif de notre expérience ne devienne vecteur d’un monde plus solidaire et plus juste, à défaut d’être plus beau. Le changement est-il pour demain ? Seul l’avenir le dira…

C. D.L.

Une autre planète pour l’homme

Arrêtez la TERRE !!!
Et que les vents se taisent…
Cachez les ARBRES !
Et les fleurs…l’ORAGE arrive.
Mais l’HOMME ?
Il est où l’HOMME ?
Toi LUNE aide-le !
Fais-le descendre sur toi.
Toi aussi tu as des étoiles et toi aussi tu as un CIEL.
Mais toi LUNE, n’as pas de LUNE,

Et c’est ça que les hommes veulent…

L. S.

S.O.S Nature

L’arbre en moi cri énervé : Tiens-moi la racine !!!
Ma branche est casée,
Tu vois, ma feuille est par terre ! Et l’ORAGE vient…

Je suis très inquiet
Il faut que ma racine je tiens
Et la branche je dois attacher
Et que ma feuille je ramasse.
Je suis un arbre et j’ai mal..
Tout le tronc me fait mal
Et mes branches toutes…j’ai mal même à mes feuilles…

L. S.

La dernière feuille

La dernière feuille du peuplier
Refusait de tomber
La pluie, le froid étaient passés par là
Rien à faire elle était toujours là
Elle résistait tant qu’elle pouvait
Et moi je l’admirais
Cette unique feuille pas morte
s’exhibait devant ma porte
Elle qui m’offrait l’ombre en été
La renaissance au printemps
Et les couleurs de l’automne
Mauvais et  bons temps
Dans mon cœur résonnent
Je voudrais partager avec toi
Cette feuille pas morte
Accroche la à ta porte
Elle te rappelle que je pense à toi

Que cette feuille te donne la force de résister

B. & N. E.

Hypothétiques rêves

Oublier à Ober l’odeur de l’origaN
Basilic, baklava, ou brioche pur beurrE.
Ecarter nos envies d’évasion à l’étanG,
Rêves d’une rengaine ou refrain de ramieR,
Hypothétique hardiesse d’un hérisson hilarE.
Accepter cette absence de l’ami plein d’aplomB.
User à l’unisson d’ubuesques ustensileS,
Si simples stimuli pour ce soignant émU.
Bannir de nos balades baratin et blablA,
Errance des ermites ébahis par l’anetH.
Raconter le réel mais ne pas radoteR.
Griffonner sans gommer une gazette galantE,
Eviter les écueils en écrivant winstuB.
Nos rêves seront Noël, nouba pour l’an nouv’O.

E. T.

Paroles de chaise rêveuse.

Quatre est
A pattes
Entre les murs –
Le monde s’adapte à moi
Pour une fois
Il s’assoie
Prend le temps
Contemple.

F. H.

Voyage du canapé, confiné

Pencher la tête
Rompre le silence des fenêtres
Y voir un mur
Se retirer
Disparaitre
Y revenir
Pencher la tête
Se faire muette –
Le ciel
Il a mangé
Toutes les crevettes

F. H.

Avant et après corona Covid-19

Les habitudes, les certitudes, les attitudes,
Les acquis, les avis, les paris, les a priori,
L’éducation, les religions, les illusions,
Tout est remis en question
Par une entité à plusieurs noms,
Dont la mission est l’extermination .

Elle a pris le pouvoir et imposé sa loi,
A une planète marchant de guingois,
Qui n’a pas trouvé d’autre panacée,
Que de nous confiner devant la télé.

Boucliers et masques en papier,
N’arrêteront pas sa folle épopée.
Il ne nous reste plus que nos cerveaux
Pour la mettre définitivement K.O.

Et après, que restera-t-il de nos vies d’Avant ?
Serons-nous capables d’aller de l’avant ?
En changeant nos habitudes et nos certitudes
Pour aller vers une nouvelle attitude ?

Devant le néant et la solitude, nous avons déjà réinventé :
La solidarité, la créativité, la générosité, la fierté,
La combativité, la réactivité, l’humanité, et autres qualités
Avec tout ce trésor, nous pourrons recréer la société d’APRES
Meilleure que celle du PASSE.

En espérant que devantl’ADVERSITE nous serons tous à EGALITE.

Mais attention, ne nous laissons pas rattraper par nos
travers d’AVANT et dévorer par les…tout PUISSANTS.

G. K.

Le changement, c’est maintenant !

Un tout petit virus, tombé des nues,
Comme la foudre, sur nous s’est abattu,
Et comme la poudre, sur nous s’est répandu.
Il est venu au secours de notre planète perdue.

Ce virus invisible et invincible,
Aussi redoutable qu’impitoyable,
En nous prenant pour cible,
A montré de quoi il était capable.

Il nous a confinés, nous donnant une leçon de relativité,
Et nous a demandé de méditer sur notre responsabilité.
Face à une glace, pouvons-nous encore nous regarder en face ?
Et sans perdre la face, pourrons nous regagner notre place ?
La planète, ne demandait pas plus que de conserver… sa glace !

Puis, il a menacé de nous exterminer,
Si nous n’étions pas capables de la réanimer.
Au lieu de vouloir l’aider à respirer,
Il vaudrait mieux réapprendre à l’aimer,
Avant qu’elle passe en coma dépassé.

Respirer, elle y arrive mieux sans nous
Nous dépendons d’elle, mais elle, pas de nous.
Est-elle prête à pardonner de l’avoir étouffée,
Et à oublier tout le mal qu’on lui a fait ?
Puisque le changement, c’est maintenant,

Revenons à l’ESSENTIEL ou… à l’ESSENCE du CIEL.
En lui donnant notre AMOUR en médicament
Sera-t-elle à nouveau à même de nous offrir son MIEL ?

G. K.

A ce nouveau printemps 

La morsure du covid
S’enivre dans les rues vides
Maladie vorace
Qui nous suit à la trace

Nos espoirs affaiblis
Naviguent sur le Styx 
Oh, mon Dieu, par charité 
Berces tes enfants endeuillés 

Ma joie divague au bord d’un gouffre
Mon rire s’évade et mon cœur souffre
Des Hommes qui meurent par milliers
Famille de toute l’humanité 

En chaque être sommeille un artiste
Et mon cœur écorché me dicte d’un souffle triste 
Bats toi de ta plume telle une arme 
Malgré les pleurs, jamais ne désarmés

Que par les mots résiste ma bravoure 
Qu’elle puise des souvenirs, qu’elle offre de l’amour 
Espoir phosphorescent 
Que fleurira ce nouveau printemps 

S. D.

Corona

Dans l’urgence des matins, le chaos des douches et les cris, les minutes si précieuses avalées par le trop, la terreur du retard et LA réunion, le trafic de folie dirigé par des feux toujours rouges, les insultes au klaxon et les téléphones saturés d’angoisse nouée entre coeurs et ventres, tout vrille ! Tout hurle et glapit ! Cette fois, c’est sûr, ils vont me virer !

STOP ! le Corona est là.

Tapi dans l’ombre. Quand il sort c’est le CHOC. Sceptique. Septique. Alors on ferme tout. On fait silence. Dehors surtout. Pour ne pas le déranger. S’il venait à bouger nous lorgnant…

On se meut à peine pour contempler par la fenêtre les rues vides. On seregarde, les uns les autres, en rond, confinés. De vieux amis oubliés téléphonent de l’autre bout de France : comment ça va ? on se reprend comme on s’était quittés 20 ans avant. Ce virus a du bon. On va jouer ensemble. Chanter. Applaudir. Coudre même.

Dans ce dimanche au printemps si rose de fleurs, au soleil triomphant, radieux, puissant, impudique, de vastes lumières bleues trouent les avenues désertes, en un silence assourdissant. Pas de sirène, pas de chant, c’est tout droit, sans obstacle.

Sur le grand boulevard blanc de clarté, du fin fond de sa vallée oubliée, c’est Mamie qui passe, seule, emmenée vers sa demeure dernière. Un feu l’attend tout au bout. Pas celui qui réchauffe. Le feu qui fait cendre.

Le changement,

un slogan politique ?
une chimère ?
une possibilité ?
une réalité ?
un état d’esprit ?
un état de fait ?
un état inspiré ?
un état désespéré ?
un courant ?
un contre-courant ?
une dualité ?
un mouvement perpétuel ?
une mode ?
une transition ?
une remise en question ?
une évolution ?
une inspiration ?
une expiration ?
une réflexion?
une transformation ?
une chrysalide ?
une nécessité ?
une utilité ?
un concours Plume d’O. ?

M. L.

LE CHANGEMENT

Tu es confinée chez toi et tu découvres dans tes lectures d’actualités que la ville d’Oberhausbergen propose un concours d’écriture sur le thème du changement.

Tu es heureuse. Tu vas  ENFIN exposer ton talent de nouvelliste au monde entier ou tout du moins  aux membres de ta famille ; oui  et c’est déjà cela.

Fenêtre ouverte, beau temps oblige, tu es déconcentrée par le bruit de l’aspirateur de la voisine, qui, confinement ou pas confinement, n’a nullement changé ses habitudes de passage d’aspirateur : tous les jours que peuvent compter le calendrier.

Maintenant que l’aspirateur a cessé, ce sont les chants des oiseaux qui prennent le relais. Tu te décides à fermer les fenêtres pour continuer à écrire. Puis là, retentit, le clic-clac de l’horloge…tu es exaspérée. Tous ces bruits du quotidien ont dû se concerter pour raisonner pendant que tu es écris ta nouvelle. Les astres ne sont pas avec toi aujourd’hui.

Ce qui se confirme par l’arrivée de  tes jumelles de 3 ans dans le salon. Elles souhaitent que tu les mettent en pyjama et que tu les mettes au lit pour la nuit…comment dire..il est 14h22…ah le confinement et ses effets.

Et là ta messagerie du téléphone qui s’enclenche. Une amie  te demande le plus naturellement du monde si tu es libre pour  l’accompagner visiter une connaissance commune en Italie…comment dire…le confinement et ses effets.

Dans tout cela tu n’as rien écris sur le changement mais tu te demandes si le changement au final ce n’est pas la succession de ces moments de vie qui constituent ton quotidien, ta vie en somme !

M. N.

LE CHANGEMENT

Qu’est-ce qui a changé depuis le début du confinement ? Ta perception du changement justement…

Celui-ci a disparu après trois semaines de confinement  en devenant  une habitude. Le changement ne serait-il pas insaisissable ? Disparaissant dès qu’il s’effectue ? Tel un magicien après avoir terminé son tour ?

C’est peut-être là où réside sa force ou sa faiblesse ou les deux.

Le changement ne peut exister que si son contraire demeure, une sorte de constance, de routine…mais cela va même plus loin puisque le changement, tel un caméléon, peut devenir son antonyme, ce qui rend la notion de changement complexe. Peu importe au final. La question réside plus dans sa capacité d’adaptation à ce qui est mouvant même quand il s’agit de sa propre personne.

Je change donc je suis où je m’adapte à ce qui change donc je suis ?

La question est lancée, vous avez quatre heures pour rendre copie. Je me suis donc lancée dans un atermoiement philosophique qui va me faire ma soirée, seule, assise sur mon canapé toujours accompagnée du tic tac de cette satanée horloge.

Plus sérieusement ou plus profondément, j’aimerais de toute mon âme, de tout mon cœur, de tout mon être que le confinement planétaire actuel soit la porte d’entrée d’un autre monde, celui du changement ! Oui. Un changement d’état d’esprit, de prise de conscience collective et unanime sur ce que l’homme vit actuellement. De prendre acte des faits implacables, de cette réalité incontestable et d’en tirer le meilleur des partis qui est selon moi de comprendre notre interaction à l’échelle mondiale non du point de vue économique, sanitaire, politique mais spirituel et/ou philosophique. De comprendre que chaque action que l’on mène individuellement à une répercussion sur autrui ce qui pourrait nous amener vers une conscience de notre responsabilité envers nous-même et donc d’autrui, ce qui nous amènerait vers le respect de l’être humain qui amènerait le respect de la notion du vivant qui amènerait le respect de notre hôte la planète bleue ce qui amènerait des comportements civiques, ce qui induirait  des politiques humanistes, ce qui induirait des logiques économiques équitables, ce qui induirait une diminution des inégalités, ce qui induirait LE CHANGEMENT.

M. N.

CHANGEMENT

Changement d’orientation, Changement d’habitation
Changement de maire, Changement de régime alimentaire
Changement de voiture, Changement de coiffure
Changement de boulot, Changement de polo
Changement de main, Changement de parfum
Changement de style, Changement de file

Ils changent quoi, ces changements-là ?
Choisir de changer, C’est pouvoir anticiper.

LE VRAI CHANGEMENT
C’EST CELUI QUE PERSONNE N’ATTEND

C’est tout arrêter, maintenant
C’est s’y faire, à un autrement
C’est ne pas pouvoir prévoir forcément
C’est voir la vie différemment

LE VRAI CHANGEMENT
CELUI QUE PERSONNE N’ATTEND
Nous prend au corps et au coeur
Nous fait voir par ailleurs

On n’a pas le choix, C’est comme ça
Il ne demande pas notre avis, Il en va de nos vies

C’EST CA LE VRAI CHANGEMENT
PERSONNE NE L’ATTEND

Mais cherchons dans ce VRAI CHANGEMENT
CELUI QUE PERSONNE N’ATTEND

Les ptits bonheurs, les ptits plaisirs
Les nouvelles découvertes, les nouveaux désirs
Tout ce pour quoi on n’avait jamais de temps
Se dire « ah oui, tiens » maintenant
Toutes les minimes choses ici et là
L’oeil du vrai changement les voit

C’EST CA LE VRAI CHANGEMENT
CELUI QUE PERSONNE N’ATTEND

LE VRAI CHANGEMENT
Celui qui aura permis
Avec le temps
De se dire « Quand même, c’est beau la vie »
Collectif de surcroît, LE VRAI CHANGEMENT
Ouvre les yeux du monde sur le monde, indéniablement.

Mon changement à moi… me fait :
• me dire « on peut faire sans »
• Ecouter bruits divers et inconscients
• Regarder, et encore regarder des gens
• Laisser faire le temps
• Penser « après tout ça va aussi »
• Adresser des mots à autrui
• Respecter des priorités
• Reconsidérer des priorités
• Admirer la Solidarité
• Rester confinée
malgré…des fois une envie comme tout
De faire plein, plein de bisous !

FINALEMENT UN VRAI CHANGEMENT
C’EST PANIQUE PUIS REJOUISSANT
LE VRAI CHANGEMENT
IL EST PUISSANT.

M. S.

Le confinement

Le confinement oblige, ma plume de confiné,
A un instant, m’échapper de la morosité,
Sans autant passer dans une certaine morbidité,
Quant à chaque grattement de ma plume,
Un peu moins de temps, je passe sur le bitume,
Je sens un peu plus que ma vie se méprend,
Que la vie dans ma main à petit feu se répand,
Pendant qu’au firmament de mon âme,
Je sens qu’un peu plus ma femme,
Me pousse d’un coup sec à revenir à la triste réalité,
Du fait que la vaisselle s’entend à être lavée,
Hélas, ma plume de grâce me regarde,
Et me demande de prendre garde !
Avec dépit et avec beaucoup de désespoir,
J’entends tristement tenter de ne pas la voir,
En sachant en vain que je céderais à ma femme,
Et qu’elle n’aura même pas à me faire mourir de faim,
Ou sans même qu’elle ait besoin de levée la main,
Elle me fit grâce de sa présence, et sa constance,
Pour qu’au fil des mots, je finisse par terminer ma dance,
Sans inconstance ni persistance, d’avant à après
J’entends maintenant l’appel de la vaisselle raisonner,
Le claquement un peu plus leste des couverts s’agiter,
Et ma main une dernière ligne vient de tracer,

L. D.

Lettre à Jean X

Lettre à monsieur Jean X, Mon cher ami, De nature lasse j’entends habituellement si fort les vrombissements des voitures. J’entends même à nuit comptée les salutations des trains qui se croisent et décroisent au fil de leurs chemins. J’entends la vie palpiter à chaque sortie dans la rue. Et pourtant la plus rien. Un trottoir vide. Une voiture mal garée. Un chat qui passe tranquillement face à moi au moment où je veux traverser la rue. Le paysage me dépayse autant qu’il m’illumine quand je sors. La vie a basculé au moment où tout ceci est arrivé. Je sens que quelque chose résonne dans l’air. Que le temps ne passe plus aussi vite qu’avant. Que la vie un instant s’est figée dans un dôme sans fin ou les journées se répètent infatigablement. Ou chaque matin on se lève à huit heures précises comme si on allait au boulot. Puis dans un moment fugace, on se précipite en courant après le temps. Jusqu’au moment où on réalise que le temps est figé. Que la vie pour l’instant continue à tourner dans notre cloitre ou chacun de nous est isolés. Nous ne sommes pas enfermées éternellement, mais nous savons tous que la vie vaut le coup et qu’il ne sert à rien de courir après le temps quand il vient à point. Il suffit de sentir l’atmosphère se dérider entendre simplement le silence d’une rue constamment bruyante en temps normal pour sentir que le temps peut-être déridé et qu’il suffit un instant de profiter de ce temps pour sentir que nous sommes tous égaux face au temps et qu’il suffit juste de savoir réaliser la saveur de l’instant. Sentir les frémissements de ce silence. Sentir qu’on va enfin pouvoir profiter d’un instant sans n’avoir rien à faire et rien à penser. Le monde revit pour un instant dans ce monde implacable ou le silence et la vie tranquille n’ont plus leurs places. Je me perds en paroles écrites et pourtant ma plume continue de palpiter. Je ne sens plus que le silence pesant qui m’accable. Je tiens à te témoigner dans cette lettre que la vie, ici je ne sais pas comment elle va continuer. Mais je sais que pendant un instant les gens ont découvert enfin qu’ils étaient libres. Libres de ne plus entendre les sons des avions, des voitures et des trains qui passent à tout bout de champs. De ne plus courir après ce satané temps qui passe. Mais je dois te laisser maintenant ma vie reprend en sachant qu’une annonce va être surement faites demain concernant notre lendemain. Année xxxx

L. D.

L’exil de l’étranger

À l’aube des dieux, au crépuscule des pieux, brûlent d’étranges feux, s’exaucent d’étranges voeux, au combiné d’Hermès résonnent de mystérieuses voix méconnaissables, au coeur de quatre murs attentifs, éclairées aux travers de fenêtres aux vitres fines arborant une mosaïque de carreaux à lorgnette, pourvues de volets poussifs aux vives jalousies affûtées, filtrant sans discernement des poussières rapportées tout en laissant entrevoir de tristes rayons scintillant de mépris et de méfiances, inondant les rues vides d’Amour et d’Histoire, pavées de mythes rutilants, les rigoles parisiennes creusées par des effluves encrées et surréalistes où baignent les échos et exploits rectifiés des Éros arborant rameaux d’oliviers et nimbes immaculés. Petit promeneur bercé par le murmure des rats, le ricanement des oies, et le vol des corbeaux entends-tu ce sifflet strident perçant cette grouillante tranquillité ? L’assaut est donné, les troupes ont l’ordre de quitter leur tranchées, la guerre fait rage ! Mais laquelle ? Je n’en vois pas ! Celui qui déclare la guerre ne l’a jamais connue ! Je ne vois que des citoyens désabusés faisant preuve de citoyenneté courageusement depuis que Marianne malgré-elle porte en son sein, un sac, un sac lourd de son officieuse citoyenneté passée. Des Hommes et des Femmes mobilisés sous un noir soleil ! La morale existe et persiste sous nos yeux en temps de crise, comme en temps de paix ! Osons dire non à l’Éternel-Retour lorsque cela est nécessaire ! Pour que souffle le doux vent du Changement, sur le chemin de la Justice et de la Vérité, demeurons des Hommes révoltés, nos intimes convictions proches de notre Commune, pour qu’aux douces journées de Juin, nous puissions tous danser sous un soleil prometteur, éclatant d’humilité, de fraternité et de respect ! 

E. B.

Vraiment

Si dans ce champ, je mens,
je serai transformé en coquelicot tremblant.

Si dans ce chant, je mens,
je serai transbahuté dans le vent.

Plus le temps de mentir
Plus le temps de compter
Plus le temps de se leurrer

Mais respecter et danser
Créer et aimer
Vraiment

O. B.

Avant → Après

Je m’enfile un café, faut que je tienne le coup ! → Quelle saveur, j’adore !

Le moineau (préparer exposé n°4) → L’oiseau est beau et libre (ma feuille aussi), je le regarde parler avec mon arbre.

Cadence à outrance, rendement, 50 rdv /semaine, musique du téléphone tilit, tilit… → Je respire, je partage, je vibre.

Travail, travail, boulot, travaille → Je prends le temps, je souris aux patients, avec mes yeux.

Acheter de nouvelles sandales pour l’été → J’aime marcher pieds nus.

Je fais mes courses sous les néons → Je vais au marché et dans mon jardin, merci les plantes, merci les tomates.

Un jour, j’écrirai → J’écris, je t’écris.

Pas le temps pour ça → Je rêve, un peu, beaucoup, à la folie.

Merde, j’ai oublié de la rappeler, tant pis → Comment tu vas ? Tu m’as manqué.

Vacances validées du 15 au 30 juillet à Calenzana → On partira sous le soleil.

Teint gris, haleine de phoque → Tu sens bon, tes yeux brillent.

Ciao, à ce soir, je te claque la bise → Merci d’être là.

No timing pour la G.M… → Qui es-tu vraiment grand-mère ?

Vie en attente, sous cellophane → Je suis à l’air libre, je vis

O. B.

Le changement, c’est

Le changement, c’est quand je suis sûr dans l’incertitude
Le changement, c’est quand je suis rassasié en jeûnant
Le changement, c’est quand je ressens tout avec un rien
Le changement, c’est quand je suis posé dans mon mouvement
Et heureux de respirer tout simplement.

O. B.

Hymne au commencement 

Au commencement, comme à l’aurore du monde, 
Jaillit la vie nouvelle en humeur vagabonde, 
Le printemps surgit, nous entraînant dans sa ronde 
Dansant la nouveauté en son oeuvre féconde. 

Et voici la brise de l’aube en sa tendresse, 
Qui toutes les fleurs éveille en une caresse, 
Qui chacun d’entre nous invite à l’allégresse, 
Que tout recommence et tout revive sans cesse ! 

Ecoute le chant et reçois cette musique, 
Du premier matin aux sonorités uniques. 
Ce jour tout commence en printanière romance, 
Du temps et des saisons, revoilà la danse. 

Couleurs et odeurs se mêlent à l’infini, 
Lumière aux subtils parfums envoutant la vie. 
Rien n’empêchera le mûrissement du fruit 
Car voici la victoire du jour sur la nuit. 

Toi qui cherches toujours le sens profond des choses, 
Vois la force présente en un bouton de rose. 
Observe-le, rien n’empêchera qu’il éclose. 
Tout est prêt pour qu’il se métamorphose. 

Tu regardes le monde en son balbutiement, 
Et tu vois naître un monde en ton confinement. 
Miracles de la vie et vrais questionnements, 
Et si la Terre vivait son commencement ? 

A. R.

Le temps d’une pause 

Un jour fut décidé que tout serait figé, 
Et le rythme fou de la vie s’est arrêté. 
Et le monde dans son infernale cadence 
A dû brusquement changer les pas de sa danse. 

Car la nature blessée s’était révoltée. 
Dans ta quiétude, tu la vois renouvelée. 
Et te voici face à l’essence de ce monde, 
Que de questions enfouies qui ton âme inondent! 

En ce printemps la vie surgit après l’hiver, 
Recommencement de l’immuable mystère 
Qui de la nuit fait surgir un monde nouveau. 
Ouvre les yeux de ton coeur : cela est si beau! 

Ce miracle, tu as pris le temps de le voir, 
Car ce matin t’est offert le temps de t’asseoir, 
Car ce matin tu as dû arrêter ta course, 
Et tu découvres la paix en sa fraîche source. 

Et nul ne savait avant comme il est urgent 
De sentir l’utilité de prendre son temps. 
Le temps nécessaire pour qu’une tulipe éclose 
Et le temps qu’il faut pour toute métamorphose. 

Le temps de connaître qui est à tes côtés, 
S’arrêter pour lui parler et pour l’écouter. 
Car voici qu’on a tant de choses à se dire, 
Voici qu’il nous est donné de nous découvrir. 

Tu sortiras autre de ton confinement, 
Du monde, tu auras un autre entendement. 
Tu découvriras qu’avant d’avoir, il faut être, 
Que le silence a tant de choses à transmettre. 

A. R.

Ma pré retraite

Ce texte s’adresse aux personnes confinées.

Est-ce que vous avez déjà pris le temps ? Plutôt que d’être pris par le temps ? Si vous n’avez rien appris en quatre semaines sur vous ou votre environnement proche, c’est que vous n’avez pas pris le temps. Pour ma part, j’ai appris à prendre le temps d’écouter le chant des oiseaux et ce, chaque matin. Je ne pensais pas qu’il y avait autant d’oiseaux dans ma vieille cité. Déjà avant, j’appréciais cette mélodie mais je pensais qu’on ne l’entendait qu’en forêt ou sur YouTube… Je ne sais pas si avant il y en avait autant ou si je les entends mieux parce que je n’entends plus les voitures. Une chose est sure, maintenant, je prends le temps de les écouter, ce que je ne faisais pas avant. J’ai découvert un arbre en face de chez moi. Pour tout vous dire, il se trouve devant ma fenêtre. J’ai honte de ne pas l’avoir vue avant. Autour de cette arbre, il y un magnifique espace vert. En prenant le temps, il me permet d’observer de belles animations. J’ai remarqué que la vie ne s’arrête pas de vivre en fonction des êtres humains, au contraire, la vie reprend ses droits. Ces choses n’avaient aucune valeur pour moi avant d’avoir pris le temps de les apprécier. Vous savez, c’est comme si j’étais tellement obnubilée par l’extérieur que j’en avais oublié ce qui pouvait se trouver à l’intérieur. Le temps et les priorités, deux axes. De combien de temps vous disposez ? Et quelles sont vos priorités ? Remettre ça en question nécessite de faire un pas en arrière. En fait, prendre le temps de monter dans sa bulle et prendre du recul, voir la vie de l’extérieur, d’un autre angle. Être moins dans le faire mais plus dans une réflexion de ce qu’on a fait, ce qu’on fait et ce qu’on pense faire. Ce temps chez soi est une obligation pour son bien mais aussi pour celui des autres. Être confiné ce n’est pas simple pour tout le monde. On est pas toujours bien chez soi, on n’a pas tous un balcon ou un jardin pour prendre l’air. On ne s’entend pas toujours bien avec sa famille ou les personnes avec qui nous sommes confinés. En plus, nous ne sommes pas tous égaux face à ce confinement, je pense en particulier aux personnes qui vivent à plusieurs dans un logement bien trop petit, aux personnes victimes de violences, aux personnes âgées qui sont seules et il y en a tant d’autres que je n’ai pas cité. Cette prise de recul n’est pas simple pour tout le monde, mais je vous jure qu’en prenant le temps de le faire vous aurez fait la majorité du travail. Apprenons à nous saisir des choses simples et à les apprécier. Profitez-en pour vous recentrer sur vous même parce qu’on a très peu de temps pour ça et faites-le comme si c’était votre première rencontre avec vous-même. J’ai une très grande pensée aux personnes qui travaillent, aux personnes qui souffrent et aux personnes qui ont perdu un proche mais aussi aux personnes pour qui ce confinement est difficile. Je suis profondément persuadée que les personnes que nous détestons voir se promener dehors sont le résultat des fractures de notre société et c’est seulement tous ensemble dans une dynamique de solidarité et d’entraide que nous réussirons à guérir ses fractures. Restons unis. Une dernière chose, à part rester chez vous, personne n’attend rien de vous. La meilleure des compagnies est la vôtre, et vous avez encore le temps de la saisir.

Bon courage.

S. B.

CONFINEMENT !!!

Le lundi 16 mars je reprends comme après chaque week-end le travail à SCHAEFFLER FRANCE Haguenau. Comme mon boulot de vaguemestre veut que je passe dans beaucoup de bureaux pour déposer ou emmener du courrier, je remarque l’après-midi qu’une place occupée le matin est libre (affichée comme n’étant pas à approcher) ? C’est alors que j’ai compris l’avertissement du DANGER ! Le lendemain, mon médecin traitant m’a mise en arrêt avec la remarque « Personne à risque » à cause de mes antécédents. Depuis le 17 mars, je suis donc confinée chez moi, puisque je n’ai même pas le droit de me promener ou de faire les courses. Cette drôle d’épreuve est très nouvelle, mais je suis persuadée qu’elle rabat toutes les cartes et que la mesure du confinement est essentielle et nécessaire (que les gens qui se promènent ou font du sport en éventuellement contaminant ou se contaminant soi-même pensent un peu à ceux alités toute l’année ou ne pouvant même pas se lever !!! Je constate que NOUS OCCIDENTAUX ne mesurons pas la chance que nous avons de VIVRE ici !!!

D. P.

Oser changer 

Confinée, je perds mon boulot 
On ne m’a pas laissé le choix : 
Le travail ou la vie ? 
J’ai choisi de rester en vie 
A mes risques et périls 
J’ai perdu mon droit d’asile 
Perdu mes papiers 
Que me reste-t-il ? 
Des amitiés qui ne tiennent qu’à un fil 
Une sérénité presque stérile 
La préfecture pour adversité 
Qu’adviendra-t-il 
A la sortie de ce cauchemar ? 
L’administration sera-t-elle plus clémente ? 
M’accordera-t-elle le droit 
De disposer de mon choix d’exil ? 
Continuerai-je à me battre 
Pour pouvoir résider dans ce pays des mille droits ? 
Je n’ose pas me réveiller 
De peur de ne plus être roi 
De mon destin longtemps si droit 

M. A.

oH Tant

En emporte le vent…
Forcés de s’arrêter, contraints de t’apprivoiser
Et depuis, cette drôle de sensation que tu nous guettes constamment
Que vois-tu, au juste, à travers le cadran de nos vies ?

Libre et à la fois pesant
Tu nous livres une bataille sans fin
Proche et lointain parfois, tu es là, bien présent
Mais à quoi ressembles-tu ?

Au sein de quelques espaces, quelques instants,
Entre ces lignes qu’écrivent mes mains
Tu files et te défiles, tel un maître omniprésent
Par quoi te laisses-tu porter ?

À travers toi, le manque parfois l’on ressent
Trop rapide ou trop lent, tu rythmes notre existence
Lorsque tu t’arrêtes ; dans nos mémoires l’on t’entend
Au fait, quel guide incarnes-tu ?

À quoi bon vouloir compter le passé, nul n’en pourra autant
Complexe et élégant, tu bouleverses la perception du monde
Mais la cadence est dictée, léger est le présent
Le futur quelque peu, suspendu, demeure insaisissable
Sous quelles mesures vis-tu ?

Le Temps, universel et éternel.

M. V.

Courage !
Plus jamais ça 

Et nous voilà tous confinés
Dans nos maisons, dans nos quartiers
Nos places, nos rues sont désertées
O Terre nourricière, que nous est-il arrivé ! 

Pas de secret pour nous !
Ils nous le servent à toutes les sauces !
Ce virus couronné, Ce Coronavirus !
Trône en vedette à la télé ! 

Quand viendra l’heure du dénouement ?
De ce virus hors pair
Qui a coûté la vie à nos semblables
Nous, les humains si vulnérables 

Nous savons aujourd’hui
Que nos vies sont fragiles
Il suffit d’un simple coronavirus
Pour faire basculer le monde ! 

Nous saurons que la seule manière
D’en venir à bout, et de rester dignes
C’est de bien respecter les consignes
Pour que nous puissions en sortir vivants 

Nous ne sommes pas encore vainqueurs
De ce puissant fléau peu ordinaire
Mais sachez une chose vraiment
C’est que la solidarité s’est installée 

Merci à tous les infirmiers, en première ligne
Merci à tout le corps médical,
Les routiers qui acheminent nos vivres
Tous les travailleurs de l’ombre 

Qui oeuvrent dans les coulisses 
Tous ceux qui prennent des risques pour nous
Nous les remercions du fond du coeur
Idem pour vous les chercheurs
Vos vies valent de l’or,
Mais sans vous, point de vaccins

Cette pandémie nous est tombée dessus
Un matin de Printemps
Nous espérons en sortir vivants
Et retrouver le goût de vivre 

Retrouver également nos familles,
Nos Parents, nos amis
Nos enfants, sur le chemin de l’école
Et se dire un jour, que nous aurons gagné la partie
En ne semant pas la haine, mais l’AMOUR ! 

Version manuscrite ici

Nota Bene :
Je suis l’auteure de ce texte, somme toute « poétique » Même s’il n’est pas vraiment constitué Par des rimes, mais qu’importe. 
Je veux juste que nous tout le monde s’en sorte vivant ! 
Alors respectez les consignes à la lettre et mettez votre masque et vos gants, quand vous sortez de votre lieu confiné. 

Y. F.-S.

Notre poème

Aujourd’hui alors que mon dos se bloquait, 
Je réalisais que je vieillissais, 
Soudain je me suis mise a imaginer,
Mon dentier au bord de l’évier oublié, 
Et tout ce qu’avec moi tu devras encaisser.

Aujourd’hui quand ton dos s’est coincé, 
Je me suis vue dans quelques années,
Comme une femme aimante, a nettoyer, 
Ta seconde dentition jusqu’à la faire briller,
Pour que tu puisses à nouveau mâcher. 

Et si j’en arrivais à oublier, 
Où et comment uriner ? 

Gentiment un plan je te ferai, 
Pour que tu puisses le faire en toute légalité.

Quand arrivera le moment sacré,
De choisir un déambulateur pour marcher,
Dis moi qu’on va le customiser !
Faudrait pas se laisser aller !

Ensemble on ira le chercher, 
Dans un garage on pourra l’bricoler, 
Afin d’pouvoir le motoriser, 
Et je te dirai, en avant mémé !! 

Waouh ! Tu me fais rêver, mais j’ai intérêt 
A avoir un postiche bien arrimé ! 
Et une gaine bien remontée.

Ma vieille, depuis le temps qu’tu m’connais, 
Tu sais bien que j’aime te faire vibrer, 
Mais fais gaffe quand même aux excès ! 

A nos âges avancés,
Avec nos seins ras des pieds,
Et notre presbytie avancée 
On aura que faire des excès.
Faudra faire gaffe de ne pas les écraser, 
Quand dans les rues on va débouler, 
Bigoudis au vent, bas de contention montés, 
En criant c’est nous les super-mémés !

On pourra même se payer le luxe de radoter
Contre ces jeunes si effrontés 
Après tout NOUS  on aura passé 
Notre vie à travailler,
Et plus encore à s’aimer. 

Et si certains voudront bien nous écouter, 
On leur racontera les tempêtes traversées, 
Toutes les épreuves affrontées, 
On pourra se venter de s’être aimées, 
À en toucher des doigts l’éternité.  

M. & M.

CHANGEMENT

Je suis tranquillement, avec des amis, à profiter du soleil. D’un moment rien qu’à nous et nos enfants. Quand ma belle-soeur nous appelle ; tu as entendu le discours du président ?

Non, on n’a pas voulu écouter ; on a voulu profiter de l’instant présent. Et puis qu’est-ce qui va changer franchement ?

Tout, en fin de compte, tout !

Les écoles sont fermées jusqu’à nouvel ordre. Puis, notre nounou, qui a 70 ans doit se mettre en arrêt de travail car confinement total l’a concernant.

Comment réagir ? Ma première réponse a été la révolte et la colère. Je ne supporte pas de resté à la maison et je suis quelqu’un de dépressive donc ce confinement m’a premièrement angoissée.

Puis, j’ai étudier mes livres de développement personnel et ça m’aide énormément.

Enfin, je me suis mise à écrire sur tout ; ma vie personnelle et des idées de romans.

Maintenant ; je combat mes démons (la déprime) avec le sport et surtout le yoga. Je suis fière de moi car j’arrive à restée maître de moi-même.

Mon mari est boulanger, ses patrons ont dû réduire leur personnel de 50 %. Moi je suis caissière dans une grande surface mais j’ai dû me mettre en arrêt car j’ai deux enfants à élever ; 1 an et 4 ans.

Plus d’école et plus de nounous.

On avait réussi à trouver une vitesse de croisière dans notre vie. Mon mari doit monter chef dans son entreprise et moi je suit une formation pour monter les échelons. D’un coup, tout s’arrête.

Je redeviens mère au foyer. Ce métier est très beau mais il n’est pas fait pour moi. Je suis quelqu’un qui doit voir du monde, qui a une vie sociale assez remplie. Mes enfants ont envie de voir leurs copains ; surtout mon fils de 4 ans.

Il faut vivre au jour le jour pour pouvoir avancer. Mon avenir professionnel est totalement assombrit et ma vie familiale deviendra mon seul ancrage dans cette tempête.

Mon mari va travailler mais dans des conditions de stress. Ses patrons sont gentils mais ils sont devenus très distants et froids vu les circonstances et le chiffre d’affaire qui baisse.

On en profite pour aller se promener. J’en profite pour écrire, pour faire mon sport, pour redevenir proche de mes enfants mais le temps est long. Vais-je remettre mon fils à l’école alors que ce virus tourne toujours ? Comment le déconfinement progressif va-t-il se passer ?

Ce virus tue de plus en plus. Les personnes vulnérables sont les plus touchées malheureusement. Nous sommes dans l’inconnu total mais certaines personnes deviennent plus humaines suite à ça, il y a de l’entraide. Ce confinement a été brutal et total mais c’est pour notre bien. On va tous en ressortir grandit.

Les choses, les personnes, l’environnement change. Les temps sont durs et long mais le bout du tunnel arrive à grand pas. Je ne pourrais certainement pas reprendre mon travail car ma nounou sera toujours en arrêt vu son âge mais je m’adapterai. La santé passe avant tout ainsi que le bonheur de ma famille.

Pour conclure, la vie nous inflige des changements brutaux parfois mais c’est pour mieux nous armer contre l’adversité et devenir plus fort ; que ce soit mentalement ou physiquement. On doit aider notre prochain et les soutenir comme nous pouvons. Certaines épreuves sont plus durs pour certaines personnes et sont vécues plus facilement pour d’autres mais on va tous en sortir grandit.

C. H.

LAS VEGAS

Par une belle nuit d’été une femme est sur le point de donner naissance à son premier enfant. Après plusieurs années d’attente et d’essais infructueux elle va enfin devenir mère. Son mari est à ses côtés. Quelques heures plus tard né David. Leur fils. Les parents sont comblés. A bientôt 40 ans leur rêve s’est enfin réalisé.

Ils habitent dans une belle maison en campagne. Ils ont tous deux des métiers très prenants donc ils sont rarement présents chez eux. David grandit seul avec différentes nounous qui démissionnent toutes au bout de quelques mois.

En effet pour combler leur absences les parents offrent toujours pleins de cadeaux à leur fils unique et comblent l’ensemble de ses caprices. Par conséquent il est devenu très capricieux.

Leur fils a été scolarisé dans les meilleurs écoles privées du pays. Contrairement à son caractère à la maison ; David est en grand travailleur et est très assidu en classe. Il aime beaucoup l’école adore apprendre de nouvelles choses faire des recherches aller visité des musées… C’est un élève solitaire.

Avec le temps David est devenu un adolescent égoïste qui ne pense qu’à lui et à rien d’autre. Il s’est mis au sport à la musculation. Il a un physique de fils à papa blond yeux bleus et physique athlétique. Il plaît beaucoup aux filles et le sait donc il en profite un maximum. Mais aucune fille ne lui plaît réellement. Niveau des études il excelle. Son niveau de concentration et ses aptitudes en classe durant les devoirs ou les différents exposés étonnent ses professeurs.

Durant son temps libre David s’adonne à ses deux passions qui sont l’informatique et le poker.

Une fois son Baccalauréat obtenu avec mention très bien évidemment David décide de s’offrir une année sabbatique avant de poursuivre ses études. Il pars s’installer durant un an à Las Vegas.

Las Vegas la ville de tous les excès la ville du jeu par excellence. Dès son arrivée il trouve un emploi en tant que croupier dans un casino et habite dans le logement attenant au casino (réservé au personnel). Il travaille de nuit sa vie est totalement décalée mais cela lui plaît bien. Il dors la journée et vit la nuit et passe ses après-midis dans le casino voisin à jouer au poker. Il se perfectionne dans son jeu Las Vegas est le meilleur endroit pour devenir un champion un as du poker. Il s’inscrit à tous les concours organisés son patron lui laisse du temps libre de temps en temps. Il a une vie de rêve.

Au début il collectionne les conquêtes féminines. Puis il se concentre sur le jeu et son métier. Il reste solitaire. C’est le meilleur dans tous les domaines et il veut le prouver. Un soir une fille viens jouer à sa table de black-jack qu’il anime. Il l’a trouve très jolie une belle brune élancée avec de jolies yeux verts. A la fin de sa partie il lui glisse un bout de papier dans la main avant qu’elle parte c’est son numéro de téléphone. A elle de décidée si elle veut le revoir ou non il ne doute pas de son charme. Le lendemain soir la fille reviens lui sourit et lui donne un bout de papier avant de repartir. A la fin de son service il découvre le mot « Je te donne rendez-vous au pied des jets d’eaux qui illuminent la ville ce soir après ton service. Je t’attends ». Il décide d’y aller. Son charme a encore opéré.

Arrivé sur les lieux il l’a cherche un moment car il y a beaucoup de monde il fini par l’a trouvée. Elle est vêtue d’une très belle robe rouge pailletée qui l’a met très bien en valeur. Il est sous le charme jamais une fille ne lui avait fait cet effet-là. Ils finissent la soirée dans l’appartement de David. Leur relation dure jusqu’à la fin de son séjour. Six mois de relation passionnée. Le jour de son départ ils s’embrassent pour la dernière fois à l’aéroport mais ne se promettent rien. Leur histoire a été parfaite chacun reprend sa vie de son côté.

David doit reprendre ses études. Il part habité à Paris où il entre dans la meilleure école d’informatique de la ville. Ses parents lui ont acheté un appartement tout équipé situé près de son université. Ces études durent cinq ans. Cinq années où il apprend énormément et deviens de plus en plus sûr de lui. Les autres étudiants ne l’apprécient pas ils le trouvent beaucoup trop arrogant. Il deviendra milliardaire c’est son but ultime. Il n’écoute pas l’avis de ses camarades ou de ses professeurs. Son avenir est tout tracé il réussira quoi que cela lui coûte. Le jeune homme est prêt à faire tous les sacrifices pour voir son rêve se réaliser. Il a toujours était très ambitieux. C’est un trait de caractère qu’il a hérité de ses parents qui sont de grands travailleurs.

Il faut qu’il trouve un moyen de gagner de l’argent tout en combinant ses deux passions le poker et l’informatique. Je souhaite devenir auto-entrepreneur pense-t-il chaque soir en s’endormant. Un matin il a une révélation il va créer son propre jeu en ligne de Poker. Les casinos c’est très bien mais à Paris il n’y en a pas. Donc il décide de lancer sa boîte une fois son diplôme en poche. En attendant il travaille tous les soirs sur son ordinateur pour peaufiné son projet. Grâce à toutes ces connaissances et aux moyens que ses parents lui envoient financièrement il réussit à ouvrir les portes de son jeu en ligne le lendemain de sa remise des diplômes. Bien sûr il a obtenu son diplôme en étant premier de la classe.

Ses débuts en tant qu’entrepreneur sont discrets. Il cherche un moyen de se lancer un moyen lui permettant de se faire connaître du plus grand nombre. Le salon de la technologie va ouvrir ses portes prochainement à Paris la chance de sa vie. Il faut s’inscrire sur internet avec une vidéo explicative de son projet. David met son plus beau costume fait une vidéo démontrant le potentiel de son site internet et l’envoie au jury. Quelques jours plus tard en ouvrant sa boîte mail David à reçu une réponse positive. La chance de sa vie. Il est très excité et un peu anxieux. Il va éblouir le jury il en est certain. La salon ouvre dans un mois le temps pour David de terminer totalement son projet et de créer un exposé professionnel et très bien construit.

Un mois plus tard le salon ouvre ses portes. Une chance inespérée de se faire connaître car les journalistes du monde de l’informatique vont être présents et l’écouter. Il doit les convaincre. Je vais y arriver se dit-il. Il monte sur l’estrade et explique tout. Il est très dynamique très bien habillé. C’est le meilleur son projet ne peut que fonctionner. Ils sont les premiers à voir cela c’est un grand privilège. Les journalistes lui posent plusieurs questions David a toutes les réponses.

A la fin de son exposé une journaliste viens l’interviewer. Il est heureux son rêve se réalise vraiment. Il fini l’entretien en lui donnant son numéro personnel qu’elle refuse. Le lendemain il lit son article très élogieux sur son projet mais elle ne dit que des défauts le concernant « son créateur est un être trop sûr de loin arrogant au possible et sûr de son charme. »

Les gens peuvent penser ce qu’ils veulent il en a l’habitude. Le principal c’est que son projet se fasse connaître et c’est le cas.

La carrière de David est lancée. Il gagne très vite de bons clients très riches. Il organise des concours en ligne. Son portefeuille est florissant. Ses parents sont très fiers de lui.

Deux ans plus tard le patron décide de retourner vivre définitivement à Las Vegas. La ville du jeu là où il se sent réellement chez lui. Là où tout a commencer.

Il s’achète une grande maison avec piscine située dans le beau quartier de la ville et décide de retourner voir son ancien patron. Il souhaite faire de lui son associé. Celui-ci accepte. Ensemble ils vont pouvoir augmenter leur chiffre d’affaires et créer une symbiose parfaite entre le casino et le jeu en ligne. Ils fêtent leur collaboration au bar du casino. Là une femme entre et appelle David. Il se retourne c’est son ex-copine celle avec qui il est resté durant six mois. Quel plaisir de l’a revoir.

Les amoureux sont rapidement inséparables. Elle s’installe chez lui. Quelques mois plus tard ils se marient devant une foule de personnes triées sur le volet et plusieurs personnalités. Les journalistes sont présents. Le mariage est majestueux l’argent coule à flot.

Sa femme est rapidement enceinte et décide d’arrêtée son métier de strip-teaseuse. Elle deviens mère au foyer. Durant les trois premières années de leur mariage ils ont deux beaux enfants.

Ils se voient très peu il est beaucoup trop accaparé par son travail.

En effet David emploie plusieurs personnes maintenant. Son entreprise s’est agrandit. Il s’est installé dans le plus bel immeuble situé en plein coeur de la ville à proximité du casino et de sa maison. C’est un patron très exigeant et sans coeur mais aussi un grand travailleur. Son caractère s’est durci avec les années.

Les années passent et sa femme s’ennuie de plus en plus. Ils ont embauché deux nounous pour leurs enfants donc elle peut aller voir ses amies mais elle souhaiterais travailler. Son couple n’est pas sa priorité ses enfants non plus. David emploie plusieurs personnes pour s’occuper de sa famille. Ils ont une gouvernante à domicile ainsi que plusieurs employés de maison. Il reproduit malgré lui le schéma de ses parents mais sans l’amour.

Un soir sa femme laisse ses enfants aux deux nounous et décide de lui faire surprise en arrivant sans prévenir dans son bureau. Arrivée sur place elle le trouve dans une position équivoque avec sa secrétaire. Elle crie et part en courant. « Il me prive de ma liberté et me trompe. Je le quitte » pense-t-elle. Effectivement dès le lendemain la procédure de divorce est lancée. David avait tout prévu avec son avocat sa femme a signée un contrat de mariage stipulant que sa société est entièrement à lui. Elle ne touche rien de sa fortune mais il perd la garde totale de ses deux enfants.

David se retrouve de nouveau seul. Il se consacre à son travail et retrouve son ancienne vie insouciante.

Sa première année de célibat lui va bien il l’a vit très bien. Son entreprise prospère il créé de nouveaux sites de nouveaux jeux en lignes. Sa collaboration avec le casino lui permet de toucher beaucoup plus de clients et permet à son entreprise de grandir.

Un jour une femme extrêmement belle se présente à son bureau.

– Bonjour je souhaiterais postulée pour le poste de comptable que vous recherchez.

– Bonjour mademoiselle veuillez me donner votre CV et vous présentez je vous prie.

L’entretien d’embauche dure vingt minutes puis Astrid repart.

David est sous le charme. Il reste rêveur dans son fauteuil face à la fenêtre. Il a une vue superbe sur les fontaines qui s’illuminent chaque soir.

Une semaine plus tard Astrid intègre officiellement la société. David l’a courtise mais elle refuse

– Je préfère restée professionnelle Monsieur désolée. Je me consacre à mon travail. David est choqué jamais une femme ne l’avais rejeté. Mais il décide de resté sur le plan professionnel avec cette jolie demoiselle comme elle le demande. C’est une très bonne comptable.

Quelques jours plus tard David reçoit un message d’un homme cagoulé sur son ordinateur professionnel c’est un pirate informatique. Il a réussi à intégré son dossier informatique durant la nuit et lui vole l’ensemble de ses données. Que faire ? David essaie de le contrer mais les heures passent et le pirate continue son exploration. Le patron se sent impuissant. Il s’effondre dans son fauteuil. Son assurance est mise à mal son invincibilité est bafouée. Il doit trouver une solution.

Il décide de faire une réunion extraordinaire avec l’ensemble de ses employés

– Chers employés comme vous le savez nous sommes en train de nous faire pirater notre système. J’ai essayé pat tous les moyens de les arrêter mais ils sont plusieurs et beaucoup trop forts. Quelqu’un aurait-il une idée ?

– Oui Monsieur j’ai un ami qui est propriétaire d’une grande entreprise informatique de la ville. Il accepte de nous aider j’attends juste votre permission.

-Vous l’avez. Allez au travail. Arrêtons ces pirates !

David retourne dans son bureau. Son employé reviens rapidement avec Carl son ami informaticien :

– Bonjour Monsieur. Je suis venu vous aider et mettre mes compétences pour sauver votre entreprise. Pourriez-vous me donner accès à l’ensemble de vos fichiers surtout à votre ordinateur personnel pour que je puisse analysé le travail des pirates ?

– Oui prenez mon ordinateur. Vous avez carte blanche Monsieur. Ne vous souciez pas de l’argent le budget est illimité donc ne comptez pas vos heures je peux vous les payer.

Carl se met aussitôt au travail. Les pirates sont trop nombreux et leur chef est très puissant. Il va devoir être patient mais il pense pouvoir sauver presque la totalité des fichiers. Il reste jusque tard dans la nuit dans le bureau du patron. Puis il rentre chez lui et reviendra le lendemain matin très tôt.

Le lendemain les pirates ont bloqués l’ensemble des démarches effectuées par Carl la veille. Il a toute la journée pour les attaquer de nouveau. Les employés de la société sont aussi présents pour aider. Au bout de plusieurs heures intenses Carl a réussi à exterminer l’ensemble des pirates des virus présents dans les ordinateurs. Il lui reste juste à formater l’ordinateur et tout devrait rentrer dans l’ordre. Il lance le processus qui agira toute la nuit il reviendra le lendemain matin vérifié que son plan a fonctionné. Effectivement le lendemain les ordinateurs sont de nouveaux opérationnels. Carl a sauvé l’entreprise de David !

-Merci beaucoup de votre travail de votre implication Carl. Sans vous nous serions tous au chômage. Tenez voici un chèque pour vous dédommager.

-Merci. Non vous ne devriez pas me payer autant les pirates ont réussi à effacé plusieurs de vos fichiers. Il faut entièrement les recréer.

David a du travail qui l’attend. Il demande à ses employés de travailler beaucoup plus que d’habitude il faut relancer l’entreprise. Puis il s’enferme dans son bureau et en ressortira seulement très tard le soir. Il n’a personne qui l’attend à la maison. Il est seul donc ce travail en plus le réjouie. Le principal c’est que sa société soit sauvée. Les heures de travail en plus ne lui font pas peur au contraire David a toujours aimé les défis. Être dans son bureau l’apaise c’est sa seconde maison.

Une semaine plus tard l’entreprise est de nouveau florissante. Quand le téléphone de David sonne :

-Nous détenons votre comptable. Vous avez jouer au malin en nous contrant sur le net mais maintenant on veut 800 000 euros et les dossiers de votre société ou on l’a tue.

Il raccroche. David garde le combiné contre son oreille il est abasourdi choqué. Que faire ? Je vais attendre leur second coup de téléphone pour savoir où est-ce qu’on se rejoindra et j’aviserai à ce moment-là pense-t-il anxieusement. En attendant je vais aller à la banque personnellement me procurer les 800 000 euros demandés. Je vais retiré la somme en totalité il est hors de question qu’Astrid souffre par ma faute.

De retour dans son bureau avec le sac rempli de billets cachés dans son coffre fort personnel il attend. Sa journée passe lentement. David regarde constamment le téléphone mais celui-ci reste désespérément silencieux … Que font les ravisseurs ? Comment va Astrid ?

Astrid est ligotée sur un matelas à même le sol dans une maison délabrée loin de toute civilisation. Il y a quelques heures elle se rendait tranquillement au travail à pied comme tous les matins quand soudain un camion s’arrête à sa hauteur un homme en sors. Il lui met un mouchoir sur le nez et … trou noir.

Quand elle s’est réveillée elle était dans cette chambre. Elle a faim elle a soif. Que me veulent-ils ? J’aime les gens je fais partie d’une association. Je ne me connais aucuns ennemis donc pourquoi moi ?

Elle viens d’entendre le coup de téléphone. A qui ? Une demande de rançon ? « Votre comptable » non pas mon patron cet homme ne donnerai même pas 1 centime à un sans abri … Cet homme n’a aucun coeur aucune âme … C’est lui qui doit me sauver la vie ? Je vais mourir c’est sûr. Sur ces pensées Astrid s’endort.

Quelques heures plus tard elle se réveille et voit une assiette et un verre d’eau à ses pieds. Ses ravisseurs (deux hommes) ne sont pas méchants. Il l’a traite bien avec un peu de brusquerie mais dans l’ensemble ils sont respectueux. Elle a un pot pour ses besoins et ses chaînes sont un peu lâches pour qu’elle puisse se lever et se dégourdir les jambes un minimum. Le lendemain matin elle a mal partout dormir à même le sol n’est pas agréable et le matelas est dur. Elle commence à déprimée ma vie est entre les mains d’un monstre d’une autre nature que mes ravisseurs mais c’est un monstre tout de même.

Puis elle entend de nouveau un appel téléphonique :

– Venez dans une heure au sous-sol du magasin désinfecté avec l’argent et les documents. Venez seul.

Et voilà rendez-vous pris. Il me reste une heure à vivre. Quel cauchemar !!! 45 minutes plus tard elle est ballonnée et a les yeux bandés pour aller au rendez-vous. Elle a très peur pleurs en silence à l’arrière de la voiture.

David n’a pas dormi de la nuit. Arrivé au bureau il ne laisse rien paraître aucuns de ses employés ne doit voir ses fêlures. C’est un homme intouchable il doit le rester à leurs yeux. Il a retrouvé sa dignité et sa force de vivre. Son caractère ne s’est pas amélioré au contraire. C’est devenu un vrai tyran avec ses employés. Il les rabaisse constamment. Sa peur de perdre Astrid le rend encore plus inhumain.

Ce matin il a rendez-vous avec Carl pour qu’il lui installe un programme anti-hackers dans tous ses ordinateurs. L’informaticien arrive ils s’installent dans le bureau du chef. Le rendez-vous se passe bien les deux hommes en profitent pour discuter et sympathisé. Jusqu’au moment où le téléphone sonne ce sont les ravisseurs. David se renferme sur lui-même.

– Une mauvaise nouvelle ? Lui demande gentiment Carl.

– Non c’est personnel finissons ce rendez-vous j’ai besoin d’être seul.

Carl sent bien que son interlocuteur est perturbé mais il décide de ne pas insister. En se disant au revoir David est fermé comme une huître. Il décide de se rendre au rendez-vous sans tarder. Il souhaite être en avance il ne connaît pas les lieux et veut se familiarisé avec.

Les minutes passent lentement pour Astrid elle sent que sa fin est proche. Elle se sent faible sa joie de vivre est partie. Ses ravisseurs l’emmènent dans la voiture menottes aux poignets et yeux bandés. Elle est allongée sur le siège arrière avec une couverture qui l’a recouvre totalement.

Rendu au point de rendez-vous les trois individus sortent. David aussi. Il tiens dans sa main le gros sac de sport contenant les billets de banque mais il garde dans sa poche la clé USB contenant les fichiers de sa société. Il veut bien se séparer de quelques dollars (il est tellement riche) mais sa société c’est sa vie hors de question qu’ils tombent dessus qu’ils lui enlèvent cela.

Astrid est agréablement surprise de voir son patron présent au rendez-vous avec un gros sac. Il a accepté de payer ! Les ravisseurs se rapprochent de son patron elle sent une arme pointée contre son dos.

– Veuillez déposé le sac à terre. Mon ami viendra le chercher.

– D’accord mais libérez d’abord Astrid. Elle est innocente.

– Je veux d’abord vérifié le contenu du sac. J’espère que vous ne jouez pas au malin ou la fille souffrira. David décide de poser le sac.

Le ravisseur le prend et l’ouvre. Il a le sourire mais très vite il découvre que la clé USB ne s’y trouve pas.

– Où sont les dossiers ? Donnez-moi l’ensemble des documents demandés et on l’a libère !

– Non vous avez l’argent c’est suffisant. La société m’appartient …

Le ravisseur sors son arme et tire sur David. Puis ils repartent dans leur voiture et s’en vont avec l’argent et leur otage.

David est touché à l’épaule. Il s’est écroulé. Il n’a rien pu faire il se sent tellement impuissant. En rentrant il se rend à l’hôpital pour se faire soigner.

Là-bas le médecin de garde lui demande comment il s’est fait cette blessure?

– Des voyous m’ont braqués dans la rue. Je n’ai rien pu faire. Je ne veux pas porter plainte soignez-moi et je rentrerai me reposer chez moi.

C’est ce que fait le médecin. Puis David rentre il n’a pas le moral. Astrid est en danger maintenant et par sa faute ! Les médicaments prescrits le font dormir.

Le lendemain il se rend tout de même au travail Carl doit revenir finalisé leur projet.

– Bonjour. Que t’est-il arrivé ? Tu es blessé ?

– Bonjour oui je me suis blessé à l’épaule. Je vais m’en remettre ne t’en fais pas. Mettons-nous au travail.

Les deux hommes finalisent de mettre en sécurité l’ensemble des ordinateurs de la société de David. Une heure plus tard tout est fini. C’est à ce moment-là que les ravisseurs rappellent David

– Tu as voulu jouer au plus malin avec nous. On a fini de jouer soit tu nous donnes les données de ta société soit ta jolie comptable meurt à petit feu. Réfléchis bien et vite.

Ils raccrochent. David tombe dans son fauteuil. Carl lui demande si tout va bien.

– Oui ça va. C’est juste une mauvaise nouvelle. David réfléchit mais il ne peut rien faire donc il décide de faire confiance à Carl. En fait non je ne vais pas bien. Astrid ma comptable a été kidnappée les ravisseurs veulent les dossiers de ma société ou elle meurt …

Carl est choqué. Il décide de s’asseoir pour réfléchir calmement.

– D’accord je peux t’aider. Appelons la police ils sauront quoi faire.

– Non surtout pas la police. Hier je leur ai donné 800 000 dollars mais la clé USB je l’avais gardé sur moi. Ils s’en sont rendu compte ils m’ont tiré dessus et sont repartis.

– Waouh d’accord d’accord. Réfléchissons ensemble alors. On va attendre de savoir quand et où ils veulent te revoir. On avisera à ce moment-là. Je retourne travailler appel-moi une fois qu’ils t’ont communiquer ces informations.

Sur ces paroles Carl repars. David le regarde partir cet homme qu’il connaît depuis peu est devenu un allié. Au premier abord Carl est comme David propre sur lui très bien habillé et toujours coiffé. Mais il a toujours le sourire aux lèvres et est très avenant avec tout le monde. Malgré sa richesse il a su garder son coeur ouvert aux autres. Je me suis montré froid envers lui alors qu’il a sauvé mon entreprise ma vie. Maintenant il continue de m’aider alors que je ne le mérite pas mais sa présence m’apaise. J’ai confiance en lui sans savoir pourquoi. Sur ces pensées David se retourne et reste seul assis dans son grand fauteuil en cuir face à la fenêtre. Il a besoin de rester calme de se concentrer.

De son côté Astrid est ligotée à même le sol dorénavant. Les ravisseurs lui ont enlevé le matelas. Son patron a mal agit elle a peur. Que vont-ils lui faire ? Pour ne pas devenir folle elle pense à son passé. Son patron est venu au rendez-vous il a peut-être un coeur finalement ?

Astrid repense à son mariage.

Il y a cinq ans elle était à l’apogée de sa carrière de mannequin. Avec son physique élancée svelte son jolie visage et ses yeux bleus Astrid faisais fureur dans le monde du mannequinat.

Un jour son agent l’invite à dîner. Elle accepte volontiers. Ils travaillent ensemble depuis bientôt un an leur relation a toujours été très professionnelle mais cet homme l’a toujours attirée. Il a un charisme fou. Grâce à lui elle a pu voyager dans plusieurs pays elle est devenue l’égérie de plusieurs grandes marques.

Pour l’occasion elle a mis sa plus belle robe. Ils vont dîner dans un grand restaurant face à la mer. La soirée est idyllique Astrid se croit dans un rêve. En l’a raccompagnant chez elle son agent l’a regarde dans les yeux et l’embrasse tendrement. Elle rentre chez elle seule avec un grand sourire dessiné sur ses lèvres.

Quelques mois plus tard ils se marient. La demande en mariage à eu lieu lors d’un voyage. Il lui a fait la surprise de l’emmener en promenade en calèche puis le soir venu devant le coucher de soleil il s’est mis à genoux et lui a demandé sa main. Astrid a acceptée avec des larmes de joies qui coulaient sur ses joues.

Puis Astrid se consacre entièrement à sa carrière. Le couple qu’ils forment est très unis les clients sont de plus en plus nombreux à vouloir qu’Astrid représente leur marque de vêtement. Elle tourne des publicités également. Sa vie est un vrai conte de fée. Tout cela grâce à sa beauté son professionnalisme mais surtout grâce à son époux.

Un jour en revenant plus tôt d’un voyage professionnel elle décide d’aller voir son mari directement dans son bureau. Il est absent. Où est-il ? Elle ne le sait pas. Sa secrétaire est absente aussi donc Astrid décide de rentrer chez elle.

En rentrant elle trouve la maison silencieuse son mari n’est pas rentré. Elle décide de se faire à manger puis elle ira dormir son voyage l’a épuisée. Le lendemain elle se réveille seule dans le lit son époux a découché. Où peut-il bien être ? Le soir-même il rentre tout joyeux

– Où étais-tu ? Je t’ai attendue toute la journée.

– Ha ma chérie quelle surprise ! Tu devais rentré seulement ce soir. J’ai eu un voyage professionnel avec de futurs clients. Tu m’as beaucoup manqué. Sur ces mots ils s’embrassent. Astrid est toujours en colère mais il lui a tellement manqué …

Les jours passent et leur bonheur de s’être retrouvé font oublier à la jeune femme ses questions concernant l’absence douteuse de son époux et sa réponse évasive. Astrid se sent apaisée et heureuse. Cela durera deux belles années de bonheur absolus.

Puis un soir Astrid se promène tranquillement dans la rue lorsqu’elle croise une femme enceinte elle l’a trouve belle. Son désir de maternité commence à se faire sentir. Puis la femme appelle son compagnon celui-ci arrive.

C’est mon mari l’homme que j’aime le plus au monde ! s’aperçoit Astrid. Elle décide de les surprendre. De passer à côté d’eux pour qu’il puisse l’a voir. Son mari blêmit en l’a reconnaissant. Mais ils continuent tous leur chemin.

Le soir à la maison Astrid attend en faisant les cents pas. Elle est furieuse et exige des explications. Quand il rentre à peine la porte franchi qu’Astrid lui demande des explications

– Alors comme ça tu va être papa. Félicitations !!! Depuis quand ? Le bébé devrait bientôt arrivé vu le ventre de ta maîtresse !! Tu m’as trahi !! Allez parle explique-toi !!

– Ma chérie je vais tout t’expliquer. Cette femme m’a piégée. Oui elle porte mon enfant qui naîtra dans deux mois. Je suis désolé de t’avoir blessée pardonne-moi. Il est en pleurs.

– Non va-t-en je ne veux plus te voir ! Va l’a retrouvée ! Ne t’inquiète pas je vais vous laisser vivre votre amour au grand jour soyez heureux !! Elle est anéantie son divorce est vite prononcé mais son coeur est à jamais meurtri.

Ses barrières se sont un peu ouverte en voyant David au rendez-vous. Il était beau en héros. Mais il a préféré sa société à sa vie à elle … Les hommes sont tous les mêmes pense-t-elle en s’endormant. Puis le ravisseur l’a réveille brusquement il veut envoyer une vidéo à David l’a montrant fatiguée et pleines de bleus il l’a frappe durant la vidéo. Astrid crie de douleurs. Puis elle s’effondre inconsciente et meurtrie de douleurs.

David de son côté attend des nouvelles des kidnappeurs. Il est inquiet pour Astrid mais il tiens énormément à sa société il est tiraillé entre ces deux choix. La femme qu’il commence à aimer ou sa société. Comment arrivera-t-il a sauver les deux ?

Il reçoit un mail d’un destinataire inconnu « Vous ne voulez pas coopéré Astrid en a payée le prix » jointe par une vidéo.

Il regarde la vidéo horreur ! Pauvre Astrid elle souffre par ma faute ! Se dit-il en se prenant la tête entre les mains. David décide d’appeler Carl. Celui-ci arrive peu de temps après

– Je vais analysé la vidéo et essayé de trouver son destinataire. Fais-moi confiance nous allons l’a retrouvée et l’a sauvée.

David a confiance en son nouvel ami. Son téléphone se met à sonner

– Rendez-vous dans une heure là où vous avez rencontrez votre ex-femme. Venez seul avec les dossiers et vous avez intérêt de nous les donner cette fois-ci !

Rendez-vous pris. David en parle à Carl et décide de mettre un plan en action.

Carl se cachera sur le siège arrière au sol. Il restera cacher tout le long de l’entrevue et sortira seulement si David a besoin d’aide. Pour cela David lui donne son pistolet.

– Ce pistolet appartenait à mon associé. Il me l’a donné suite à un braquage qui a eu lieu dans son casino.

Il y a deux ans en effet David avait un rendez-vous d’affaire avec son associé quand des individus armés et cagoulés ont débarqués dans le casino.

Ils voulaient la caisse avoir accès au coffre. La patron du casino a coopéré il ne voulait pas qu’il y est de morts ou de blessés. Il a accepté de donné la recette du jour mais les braqueurs sont devenus violents. David est resté dans son coin durant toute la durée du braquage son associé les a sauvé en appuyant sur l’alarme du casino puis en tirant sur un braqueur avec son arme cachée dans son bureau. Depuis ce jour David est devenu méfiant. Il ne s’est jamais servi de son arme cette fois-ci il deviendra courageux et veut sauver sa belle comptable.

– Tiens prend cette arme. J’espère que nous n’aurons pas à nous en servir mais au cas où je vais en prendre une autre avec moi.

De son côté Astrid pleure de plus en plus. Elle dors très mal elle ressent de fortes douleurs dans les côtes. Pour se divertir elle repense à son arrivée dans cette belle ville : Suite à son divorce Astrid a eu la chance de compter sur sa meilleure amie de toujours. Celle-ci l’a aidée à remonter la pente doucement.

Elle a décidée d’arrêtée sa carrière de mannequinat durant quelques mois le temps de commencer une formation de comptable. En effet les chiffres l’ont toujours intéressée. Le mannequinat lui plaît mais suite à son aventure amoureuse désastreuse elle ressent le besoin d’exercer un métier beaucoup plus intellectuel.

Ces années d’études lui ont fait beaucoup de bien. Moralement son esprit était occupé et elle a fait de belles rencontres. Ses professeurs étaient très gentils avec elle. Au bout de trois ans elle a obtenue son diplôme.

Pour fêter son diplôme son amie lui a offert un voyage d’un mois à Las Vegas là elles ont beaucoup rient. Se sont beaucoup diverties. Puis Astrid est tombée sur une annonce « recherche comptable pour mon agence située en plein coeur de Las Vegas ». Astrid y a vu une occasion à ne pas louper. Elle a décidée de postulée. Et voilà elle a obtenu un travail puis a trouvée un appartement situé à dix minutes de son travail. Une nouvelle aventure débute. Astrid était heureuse et excitée.

Tout se passait très bien malgré son patron irritable et très exigeant. Elle est heureuse de son nouveau plan de carrière. C’est une femme épanouie mais meurtrie en amour qui a commencer une nouvelle vie.

A son réveil Astrid est perdue. Ses ravisseurs sont devenus violents et agressifs elle mange et boit peu. Elle se sent nauséeuse et n’a plus de forces. Elle reste allongée constamment. Quel est son avenir ? Comment va-t-elle s’en sortir ? Vivante ou morte ? La jeune femme déprime de plus en plus. Puis elle entend le coup de téléphone et sait que sa fin est proche. Une heure seulement. Son patron va-t-il réussir à l’a sauvée cette fois-ci ?

David et Carl de leurs côtés restent ensemble jusqu’au rendez-vous et peaufinent chaque détails

– Il faut qu’on soit discrets et organisés dit David d’un ton autoritaire. Je veux sauver Astrid à tout prix quoi que ça me coûte. Ma société ne doit pas non plus tomber entre leurs mains. J’ai préparé de faux dossiers et une seconde clé USB contenant de faux dossiers également.

– Tu as raison. Il faut mettre toutes les chances de notre côté. On va sauver Astrid je te le promet.

Sur ces bonnes paroles les deux nouveaux amis décident de se rendre au point de rendez-vous.

– Où se situe le rendez-vous ? Et comment les ravisseurs connaissent ton ex-femme ? Demande Carl.

– On se rend dans un bâtiment abandonné c’est une ancienne boîte de strip-tease. Mon ex-femme y a travaillée avant notre mariage. C’est là où je l’ai rencontrée. Comment savent-ils cela ? Je n’en ai aucune idée leurs voix sont transformées au téléphone. Et ils agissent masqués.

Les deux hommes arrivent en premier au point de rendez-vous. Ils attendent en silence Carl reste bien cachés sous la couverture a l’arrière et ne bouge pas. Peut-être que les ravisseurs les surveillent ? Il faut être très prudent.

Soudain une voiture arrive lentement. C’est celle des kidnappeurs David l’a reconnaît. Il sors de sa voiture il porte dans sa main la clé USB et les faux dossiers et il a mis son arme dans son pantalon au niveau de la ceinture. Sa veste l’a cache.

Les ravisseurs sortent de la voiture avec leur otage. Elle a les mains et les yeux bandés. Un des deux ravisseur pointe son arme contre son front et attend en arrière.

– Approchez et posez les documents immédiatement ! Ordonne le ravisseur.

– D’accord je coopère mais j’exige que vous lâchiez Astrid. Laissez-la avancer et enlevez-lui le bandeau !

Le premier ravisseur donne son accord. Le second lâche Astrid et lui enlève son bandeau. Elle s’avance à la hauteur du premier kidnappeur.

– Voilà la femme est à côté de moi. Posez les dossiers maintenant !! Ou je tire !!

David coopère et dépose tout. L’homme viens prendre les dossiers et regarde à l’intérieur.

– Tout à l’air clean. Vous devez apprécier cette jeune femme pour sacrifié ainsi votre société pour ces beaux yeux. Malheureusement pour vous ce n’est pas mon cas.

Sur ces paroles le ravisseur tire sur Astrid mais celle-ci a vu le geste et s’est accroupi de justesse. Elle tombe sur le sol inconsciente.

David sors son arme et tire. Il n’est pas question que cette femme meurt. Sauf que David est seul face à deux hommes il décide de se cacher derrière sa voiture. Carl profite de la cohue pour sortir discrètement. A eux-deux ils tirent sur leurs assaillant.

Les coups de feu pleuvent les deux amis réussissent à toucher un des deux hommes. Reste le chef. Il s’est caché.

– On doit le retrouver mais on ne doit pas l’abattre. La police va le juger pour son crime et je veux connaître son identité chuchote David.

Ils s’avancent doucement chacun d’un côté de la voiture. Soudain un coup de feu retentit Carl est touché à l’épaule. David a pu apercevoir son adversaire. Il tire dans sa direction et entend un cri.

– Je l’ai touché. Il avance doucement vers le cri. Toujours arme au poing. Arrivé sur place il trouve son adversaire à terre du sang coule de sa jambe. Dans sa chute il a lâché son arme David le prend. Puis il soulève la cagoule du ravisseur.

– Toi ! Le frère de mon ex-femme ! Comment as-tu pu me faire ça !

– Tu as abandonné ma soeur tu l’as fait souffrir. Elle est partie en dépression par ta faute ! Ma soeur s’occupe de vos enfants mais elle est meurtrie j’ai dû l’a soutenir. Et toi tu vis normalement. Je devais arrêté ça tu dois souffrir autant qu’elle !

David menotte son ex beau-frère. Il va le livrer à la police. Son collègue ravisseur a aussi reçu une balle dans le ventre. Les pompiers vont bientôt arrivé. En attendant David va voir Astrid. Astrid se réveille doucement. En ouvrant les yeux elle aperçoit David

– Que se passe-t-il ? Où suis-je ?

– Vous êtes à l’hôpital mais tout va bien. Vous êtes blessée au niveau du bras. Vous vous êtes évanouie.

– Et les ravisseurs ? Votre société ?

– Les ravisseurs sont aussi à l’hôpital. Ils sont plus grièvement blessés mais vont s’en sortir. La police les a interrogé ils vont passé au tribunal dès leur sortie de l’hôpital. Ma société est sauvée. Je leur avais donné de faux documents puis la fusillade a mis fin à votre kidnapping.

– Merci David. Vous avez risqué votre vie pour me sauver.

Sur ces mots David décide de resté dans la chambre d’Astrid jusqu’au soir. Le lendemain il viens l’a cherchée pour l’a ramenée chez elle. Astrid est heureuse de constater que son patron est humain. Il a un coeur qui bat sous cette armure. Pour David aussi c’est une surprise. Il ne se connaissait pas sentimental. Le fait d’être à deux doigts de perdre sa société deux fois et que sa comptable la femme pour qui il a eu un coup de coeur lui a permis de réfléchir de se remettre en question.

Il repense à son passé :
J’ai toujours été très sûr de moi. Tout m’a toujours réussi dans la vie. J’ai des parents géniaux et aimants. Ma société est un succès je suis devenu millionnaire comme je le souhaitais depuis ma plus tendre jeunesse. Tout s’est parfaitement bien déroulé sauf mon mariage. En amour je n’ai jamais été doué. J’ai toujours pensé qu’à moi à mon propre bonheur et à ma société. Le reste a toujours été secondaire.

Le jour de mes 40 ans je me suis posé des questions. Oui je suis riche oui je suis beau garçon et les filles m’apprécient mais mes enfants me manquent et je ressens un vide. Je passe mes journées seul dans mon bureau mes employés ne m’apprécient pas (à juste titre). Puis des hackers ont tenté de fermer ma société. Ensuite Astrid s’est fait enlevée pour la même raison. Carl m’a aidé sans rien demandé en retour. Astrid a failli payée de sa vie mon arrogance et ma soif de réussites.

Oui ces évènements m’ont changé dans le bon sens. Je me considère toujours comme le meilleur mais dorénavant je peux compter sur un ami et réciproquement. Et je suis devenu un patron plus humain moins colérique.

Un an est passé depuis ces évènements désastreux.

Un mariage va bientôt se déroulé celui de David et Astrid. Ils vont s’unir devant leurs proches les plus intimes. Carl est le témoin de David et Astrid a sa meilleure amie comme témoin.

Pour le plus grand bonheur de David ses deux enfants sont venus assisté au mariage de leur papa. Suite à tous ces évènements il a décidé de les contacter. Ils ont bien grandit maintenant et sont devenus de beaux adolescents. Les débuts ont été difficiles mais maintenant (grâce à la douceur d’Astrid) leurs relations va beaucoup mieux. David en est très heureux.

Astrid arrive devant l’autel vêtue d’une belle robe toute en dentelle. Elle est heureuse. David a sût se montrer patient avec elle. Il est devenu plus gentil avec tout le monde elle le trouve plus humain. Tellement beau aussi. Une beauté masculine adulte et très sexy.

Elle se considère chanceuse. Un homme telle que lui a réussi à changer à conquérir son coeur. Il lui a fallu traverser les remparts qu’elle s’était forgée mais avec de la patience de l’écoute et des attentions. David a réussi son pari conquérir la plus belle femme du monde à ses yeux.

Ils se disent oui devant une assemblée en larmes. Les parents de David sont très heureux et agréablement surpris. Leur belle-fille est belle et intelligente. Leur fils s’est adouci. Et leurs petits enfants sont présents. La vie offre de belles surprises parfois et selon les rencontres les difficultés chaque personne peut devenir meilleure. Ils espèrent devenir bientôt grands-parents pour la troisième fois.

C. H.